‹ Le pin maritime et l'évolution économique des Landes de GascogneChapitre 5 sur 21 · NEO · texte numérisé non relu

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maux lâchés dans les dunes broutèrent les herbes ct piétinèrent le sol; les sables redevenus libres furent soumis à l’action du vent d'ouest, qui est le vent dominant de la côte; et voilà comment d’après Reclus, naquit le danger des dunes.

A chaque tempête les crêtes des monticules audessus desquelles la poussière tourbillonnait comme une brume, s’avançaient incessamment vers l’Est; les talus de sable croulant gagnaient sur les plaines de l'intérieur et dans leur marche recouvraient landes et marais, villages et cultures (1).

C’est ainsi qu'ont disparu les bourgades de Lilian, de Lelos, de Sart, de Contis et d’Auchise, dont on ignore même jusqu'à l’ancien emplacement. Le village. de Lège a fui deux fois devant les sables, de 4 kilomètres en 1480 et de 3 kilomètres en 1660. Le bourg de Mimizan, qui fut un des plus importants des Landes, a dû reculer également; lorsqu'on se décida enfin à fixer les dunes du voisinage par des plantations de pins il n’y avait plus de temps à perdre £{ nous nous permettons de citer celte image saisissante empruntée encore à Reclus: « les deux ‘ailes avancées » d’un croissant de sable se recourbaient autour des » maisons; on eut dit une énorme gueule prête à » les dévorer ».

A la fin du siècle dernier, les dunes de la côte,

poussées par le vent de la mer s’avançaient par

(1) Reclus. Géographie universelle.

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