‹ Le pin sylvestre et sa culture en SologneChapitre 2 sur 16 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

mais très-peu de forestiers dans le sens vraiment large et utile du mol.

La statistique nous apprend qu'il y a sur notre territoire 967,000 hectares de forêts de l'État, 1,860,000 hectares de forêts communales, 6,368,000 hectares de forêts particulières. En chiffres ronds, 9 millions d'hectares ; plus, une surface à peu près égale de terrains incultes généralement, restes d'anciens cantons boisés depuis longtemps ruinés. — Les forêts de l'État sont les seules (fui produisent réellement, bien que cependant encore la proportion de taillis y soit de beaucoup trop considérable, ce qui dénote toujours une culture mal comprise. C'est aussi, au point de vue de l'avenir, une- cause imminente de danger; pour la grande majorité de nos essences, le régime du taillis peut être considéré comme la dernière étape d'un massif boisé. Les forêts communales donnent peu. — Le rendement des forêts particulières est, dans son ensemble, considéré comme absolument insuffisant. — Enfin, la reconstitution des terrains incultes semble être aujourd'hui un problème insoluble; il faudrait, pour obtenir des résultats; un personnel qui n'existe pas et un enseignement pratique qui fait complètement défaut. — C'est une grave atteinte à la richesse publique»

Les pays allemands, qui, au point de vue de la production, se trouvent plus directement en concurrence avec nous, ont de nombreuses écoles disséminées, suivant les besouis, sur toute la surface du territoire. Zurich, Munich, Vienne, Hohen^ heim, Aschafienburg, Tharand, Neustadt-Eberswalde, sont le centre d'autant de zones auxquelles correspond directement l'enseignement propre au climat, au sol, à l'essence, aussi bien qu'aux exigences et aux nécessités locales. — Dans la région du Sud, avec des communications faciles, un commerce assuré, un niveau intellectuel élevé, et une population dense, on ne saurait sans inconvénient négliger les méthodes perfectionnées réclamées en vue d'une production intensive. On peut encore, sans grands dommages, dans les pays du Nord, conserver le système presque généralement condamné des écoles spéciales, des cantonnements étendus, qui ne supposent

que les règles les plus élémentaires de la culture primitive Dans ces écoles, les élèves sont nombreux, bien loin d*étr^ admis exclusivement d*après les nécessités du service d*cin« seule catégorie de forêts. L'examen des registres d'inscription donne pour chaque année une moyenne de 70 à 80 étudiante à Vienne, Neustadt-Eberswald , Aschaffenburg, de SO pour Tharand, etc. 11 en résulte une grande nécessité de travail, une vive émulation, et des cadi-es précieux pour donner à la culture de la masse boisée, quelle que soit son origine, une impulsion salutaire. — Ce corps de forestiers s'appuie enfin sur un personnel inférieur soigneusement discipliné, bien préparé, el dont l'organisation première remonte à 1750 ; alors qu'en Fra nre un service analogue faisant complètement défaut, les agent> sont en quelque sorte réduits au rôle d'officiers sans troupes. Dans toute société organisée, le bois est une des plus utiles et des plus indispensables des matières premières. Si le rendement des forêt? éparses sur son territoire est insuffisant pour satisfaire à ses besoins, un peuple est d'autant plus tributaire de ses voisins qu'il est plus riche et plus industrieux; il est par suite d'autant plus intéressé à augmenter, par une culture intensive, le volume du matériel ligneux. Suivant un vieux proverbe, « une forêt peut toujours gagner en hauteurce qu'elle perd en étendue » ; mais quelqu'instruit et quelqu'intelligent que soit un corps forestier, il est insuffisant à cette tâche s'il ne fait « un » avec la nation ; si par l'enseignement écrit, par la parole^ par tous les moyens il ne propage son idée dans les masses et ne place ainsi les forêts sous la sauvegarde du savoir commun. — De cette notion si élevée de propagande ualionalo sont sorties deux grandes institutions. — Les Stations d'expérience et d'essai, vastes laboratoires embrassant dans leur étude tout ce qui touche à la vie de la plante, aux conditions les plus favorables à sa production, à son utilisation, à son emploi. — Les Sociétés forestières, corps organisé, perpétuel, succession de générations, s'in&truisant dans un but commun, s' identifiant aux mêmes recherches des lois naturelles, se pénétrant des mêmes nécessités, des mêmes besoins.

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