‹ Le pin sylvestre et sa culture en SologneChapitre 3 sur 16 · AVANT- PROPOS D · texte numérisé non relu

AVANT- PROPOS D

C'est dans rAllemagiie du Sud quo prirent naissance les stations d'expérience et d'essai. L'idée première remonte à 1862 ou 1863. Ce n'était dès le début que des postes météorologiques, mais dans la plus large acception du mot. On s'y préoccupait surtout des conditions de situation, d'exposition, de climat, favorables à telle ou telle plante; on y joignait des recherches au point de vue de l'influence des forêts sur la température générale de la contrée. — Rapidement on comprit tout ce que promettaient ces institutions, le cadre des observations et des études s'élargit; une assemblée générale de forestiers tenue à Vienne en 1868 décida une organisation unique et définitive et .la rédaction d'un programme commun. Une commission fut nommée; elle se composait de lleyer, Wessely, Jiideich, Ebermayer, Baur, tous noms chers aux forêts. Au mois de novembre de la même année le vœu du congrès était réalisé. Successivement des stations furent alors fondées ou réorganisées en Saxe et dans le grand-duché de Bade en 1870, en Prusse et en Wurtemberg en 1872; en Autriche en 1873, en Bavière en 1873, Brunswick en 1876. Cette création est encore à établir en France.

Aujourd'hui ces stations comprennent dans un vaste ensemble d'études tout ce qui de près ou de loin touche à la production ligneuse. Influence de la situation et du milieu, méthodes de culture, exploitation et utilisation des produits; conditions qui au point de vue physique ou physiologique influent sur la plante, etc. Elles forment ainsi par l'ensemble et la diversité des travaux un des modes d'enseignement leç plus sûrs et les plus précieux.

Les Sociétés ou associations forestières datent de 1835. C'est à elles surtout qu'est due la vive et savante impulsion donnée à la sylviculture. Elles embrassent de près ou de loin tout ce qui intéresse les forêts. Ce sont elles qui de 1838 à 1840 posaient en principe la nécessité d^e la création des stations d'expérience et d'essai et donnaient la première direction aux recherches. Ce sont elles qui, plus récemment encore, en présence de l'insuffisance des écoles spéciales, ont abouti à ce grand et

scientifique mouvement qui assigne à renseignement forestier la place la plus élevée dans les académies nationales. — A un point de vue moins général, certaines de ces associations, la Société forestière de Silésie, par exemple, ont entrepris depuis de nombreuses années une série d'expériences et de travaux poursuivis avec méthode et persévérance, et rendent ainsi aux administrations locales, aussi bien qu'aux particuliers, les plus signalés services.

On compte en .Allemagne seize Sociétés forestières, huit en Autriche-Hongrie. La Suisse, la Russie, ont des associations analogues. En raison de leurs nombreux adhérents, elles se subdivisent en outre généralement en comités spécialement chargés de l'étude des questions locales. Ces Sociétés, de même que les stations d'expérience, ont presque toutes un organe périodique chargé de la publication de leurs recherches.

Analyser même sommairement ces travaux si divers serait présenter l'histoire complète de la science forestière à notre époque; l'ignorance de la langue dans laquelle ils sont écrits interdit à beaucoup de sylviculteurs français cet ordre d'études et bien des faits intéressant la science demeurent ainsi pour nous dans l'oubli. — A défaut d'un système d'observations directes, une publication de cette nature serait œuvre essentiellement nécessaire.

Dans cet ordre d'idées, en présence du désastre qui frappe la Sologne, et de l'incertitude qui, pesant si lourdement sur la direction de ses reboisements, menace de^faire sombrer toute tentative de reconstitution, il nous a paru utile de résumer les observations et les expériences si complètes et si précises recueillies sur la culture du Pin sylvestre. Nous nous sommes surtout inspiré des travaux de Burckhardt, dans son remarquable traité « Sœen und Pflanzen », de l'expérience et des conseils d'un de nos amis, tout dévoué aux forêts : M. de Seckendorff, directeur de la station de Vienne, et dont les études sur le Pin noir, cette essence nationale de l'Autriche, sont universellement connues et appréciées. Nous avons aussi largement demandé aux stations de Hohenheim et de Neustadt— Eberswalde. —Puis-

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