CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES II
sions-nous ainsi rendre dans le présent quelques services aux sylviculteurs et contribuer pour Tavenir à convaincre de la nécessité de ces études pratiques indispensables toute nation jalouse de sa prospérité forestière.
I, . Considératioas s^nérales.
Le Pin sylvestre est une des essences les plus répandues. — Il est peu d'arbres qui couvrent en Europe d'aussi vastes surfaces. On le trouve en massifs considérables dans la France, l'Allemagne, la Russie, la Suède, la Norwège et dans toute la région du nord et de Test de l'Europe. Il redoute peu le froid; il est par contre sensible à la chaleur. Dans le centre et dans l'ouest de la France, où sa station se confond avec celle du Pin maritime, il est déjà moins estimé pour la qualité du l)ois d'œuvre qu'il produit, tandis que le Pin des pays du Nord est considéré comme supérieur même à l'épicéa.
Le Pin vient pour ainsi dire partout et réussit dans toute nature de terrain. C'est surtout l'arbre des vastes plaines à base siliceuse où un sol meuble et profond entretient une fraîcheur modérée. Le puissant pivot qu'il développe dans ce milieu ne sert pas seulement à le fixer; par son aide il puise, dans les couches perméables, les matériaux nutritifs qui lui sont nécessaires. C'est au surplus une essence facile à contenter ; aussi le voit-on très-fréquemment cultivé dans des contrées où il était étranger et dans lesquelles on l'a artificiellement introduit et le sylviculteur l'adapte-t-il tout spécialement aux terrains naturellement pauvres ou aux forêts ruinées qu'il s'agit de reconstituer. Dans ces conditions, il rend de très-grands services, car en même temps qu'il est peu exigeant, il améliore rapidement le fonds : soit indirectement en le purgeant des mauvaises herbes et le débarrassant des plantes parasites, soit directement ^ar l'abondant détritus qu'il lui cède. Il prépare ainsi l'introduction de nouvelles essences plus délicates ou plus difficiles. C'est sur le Pin que repose surtout la mise en
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valeur do régions depuis longtemps ruinées, et sur lesquelles il permet aujourd'hui de créer un rendement considérable.
La croissance du Pin sylvestre est en général très-rapide, ce cpii en fait un des plus précieux de nos arbres forestiers; elle se poursuit jusqu'à 40 ou 50 ans. A partir de cet âge elle décroît; et, vers la 100* année, cesse généralement d'être apparente. En bon sol, ou même dans des terrains de fertilité moyenne, il produit ainsi une grande proportion de bois d'œuvre et de travail et rend d'immenses services au petit propriétaire qui, sans engager un capital considérable, peut le cultiver comme essence de courte durée. Sa culture ainsi entendue est d'autant plus rémunératrice qu'elle permet de produire, suivant les exigences de la consommation et les besoins locaux, des bois de tout âge et de toutes dimensions.
Dans les terrains pauvres ou épuisés, cette latitude si favorable au sylviculteur se trouve considérablement restreinte; la production en volume atteint rapidement son maximum et les signes de dépérissement se font bientôt remarquer. La croissance s'arrête, la couronne s'affaisse, les perches sèchent faute d'une nourriture convenable ou sont attaquées par les insectes toujours redoutables aux peuplements mal venants, le massif se desserre, des vides se produisent, et il devient nécessaire de penser bientôt à l'exploitation aussi bien dans l'intérêt du revenu le plus élevé que dans celui de la conservation du sol qui, loin de s'améliorer, s'appauvrirait de nouveau et se laisserait envahir par les parasites qu'un massif complet avait fait disparaître. Le repeuplement naturel pourra dans ce cas avantageusement succéder à l'exploitation.
Au point de vue général de la culture, le Pin est surtout une essence à lumière, il craint tout particulièrement l'ombre et le couvert ; il se prête mal aux coupes sombres, dans la régénération par voie naturelle, et, dès le plus jeune âge, un état trop serré est tout à fait contraire à son développement. Il lui faut de l'air et de l'espace pour développer sans entraves de fortes et puissantes racines. Un peuplement trop serré est comme la croissance dans un état bien inférieur à un peu-