SEMIS
vent mangée par les oiseaux ou noyée par une pluie d*orage ou une série d'abondantes averses.
En matière culturale il y a liep de tenir compte, pour un acte si simple au point de vue naturel, d*une série variée et nombreuse de faits sur le mérite desquels le sylviculteur isolé ne pourra s^éclairer qu'au prix de longues recherches'ou d'expériences coûteuses. Les pertes successives qui depuis des années s'accumulent dans les différentes tentatives de reconstitution de la Sologne sont pour nous un exemple frappant. C'est pour les prévenir qu'existent partout, sauf en France, les stations d'expériences et d'essai sur les travaux desquelles nous avons donné dans une précédente notice un rapide aperçu. C'est à leurs recherches que nous devons la solution de ce problème d'une importance capitale pour tout sylviculteur.]
M. le professeur Baur, directeur de la station forestière de Hohenheim, fait semer dans une terre franche, de compacité moyenne, ni trop meuble ni trop résistante, des graines de Pin que l'on enterre à une profondeur minimum de 5 millimètres, s'accroissant progressivement par fraction de 5 millimètres, jusqu'à 50 millimètres, et il constate d'abord que les graines enterrées,
A cinq millimètres ont germé en 20 journ dix — — 25 —
quinze — — 27 —
vingt — -^ 29 —
Qu'après 31 jours, on ne trouve que très peu de germes provenant des graines enterrées à 25 et 30 millimètres; que les graines de 35 à 50 millimètres n'ont pas germé. Continuant pendant une série de plusieurs années consécutives ces expériences, dont nous ne donnons ici qu'un résumé succinct, il reconnaît, au cours de la même saison, que si les graines semées à une profondeur de 10 à 15 millimètres ont levé assez régu. lièrement, les plants sont néanmoins quelque peu grôles; surfout ceux provenant des graines les moins recouvertes. Que les I plants provenant de graines recouvertes à 15 millimètres sont très-vigoureux, et forment ^n peuplement très-complet. Les planches sur lesquelles les graines avaient été recouvertes de
20 millimètres demeurent clairiérées. Les plants recouverts de 25 millimètres sont très-elairiérés et peu vigoureux; les germes des graines enterrées à 30 millimètres ont seulement soulevé la croûte superficielle du sol, mais n'ont pu éclore. Aucune graine enterrée à 35 et 50 millimètres n'a produit.
Comme résultat définitif enfin, après plusieurs années, les plants provenant de graines enterrées de 5 à 15 millimètres sont également bien venants; un recouvrement supérieur à 15 millimètres a donné des résultats moins favorables; les semis recouverts à 20 et 25 millimètres sont très-clairs, et i 30 millimètres et au dessous aucun plant n'a survécu. — Le recouvrement compris entre 10 et 15 millimètres semble à tous égards le plus favorable à la germination comme moyenne, abstraction faite de la nature plus ou moins consistante du sol. Le repeuplement naturel doit en principe s'effectuer par les forces de la nature ; il sera bon cependant, quelque temps avant la dissémination de la graine, ce qui se prévoit facilement, de débarrasser le sol de toutes les herbes, plantes parasites et autres, ou bien encore de procéder à l'arrachage des souches provenant des exploitations antérieures, ce qui équivaut à une demi-culture. Il est souvent avantageux encore de donner une préparation sommaire à la herse ou de faire parcourir des troupeaux de porcs qui fouillent le sol en tout sens; et, dans les terrains meubles et légers, des moutons dont le piétinement suffit pour enterrer la graine au fur et à mesure de la dissémination.
Pour le semis par planches et sur bandes, un simple ràtelage suffira. — Lorsqu'on opère sur des. espaces étendus, oiî se sert utilement d'une herse légère à dents de bois et à l'arrière de laquelle sont disposés en éventail quelques faisceaux d'épines. Sur certains sols très-meubles, il suffira de faire parcourir les troupeaux.
Onpeutsemerdescônesdans leur entier, des graines ailées, et des graines désailées.
Le semis de cônes est de nos jours assez rare, c'est presque une prodigalité. — La graine de Pin sylvestre est chère et très-
SEMIS t29
cherchée, on la prépare facilement et dans de bonnes condions ; enfin, grâce à la multiplicité des communications elle expédie au loin par grandes quantités — ; toutes circonstances ès-peu propres à la généralisation de ce procédé. Toutefois la raine ainsi semée lève plus facilement et plus régulièrement ; lie donne des plants plus robustes que ceux qu'on obtient vec les produits des sècheries ; on peut donc quelquefois y voir recours dans les années où la semence est abondante et i on Tobtient sur place. — Ce mode de semis n'exige aucune )réparation spéciale du sol, mais il est soumis aux considéra- Aons suivantes inhérentes à la nécessité défavoriser Téchappernent de Tamande hors du cône auquel elle est adhérente.
Le terrain doit être sufiisamment sec ; dans les sols frais et humides, les écailles ne s'entr'ouvrent pas ou ne s'entr 'ouvrent qu^'incomplétement. — Pour ce même motif la récolte ne doit se faire que le plus tard possible, à maturité complète ; puis vers la fin d'avril, ou dans les premiers jours de mai, aussitôt que l'on s'aperçoit que les cônes commencent à s'ouvrir par la pointe, on sème par un temps bien sec et un beau soleil. Un temps humide ou pluvieux exercerait une influence défavorable en maintenant les graines sous les écailles resserrées et le peuplement pourrait être incomplet ou clairière en partie. Il faut 12 à 15 hectolitres de cônes par hectare.
Le semis des graines ailées ou désailées s'effectue très-simplement sur le sol préalablement cultivé et bien ameubli. — La graine est répandue aussi régulièrement que possible soit à la main soit à l'aide du semoir généralement employé pour les cultures ordinaires et doit être légèrement recouverte. Il faut semer quelque peu plus serré les graines non désailées. Le recouvrement est plus difficile et, la graine étant plus apparente, les dégâts des oiseaux et autres destructeurs sont bien plus à redouter.
De tous les procédés d'ensemencement le semis à la herse sans culture préalable est de beaucoup le plus simple et le plus économique. Les plantes parasites^ gazons, bruyères et autres qui couvrent le sol sont au préalable enlevés. Il est sou-
^* Lh F.> dTLTEftTBZ
tent poféiMfc dtt les aUlûer comme VàM-tta^ qiiel*]iiefoîs aussi on lei briife sur place et b eeodre erjostitue os excellent ameodemenl. On laii ensoile pmser à dîTerws reprise», et eo • djIKretiis sens, tme forte liene à dents de fer; on sème M oo rec//uvre suivant les proches ordinaires. S*il n'est possible de parcourir le sol seulement par place, la sorface est soperfidellement ameoUie à Taide d*nn fort rfttean manoeoTré à bras.
Quelquefois même aussi, si la parcelle à ensemencer n*est courerte que de feuilles, d*une légère couche de mousse, ou d'un faible gazon, la graine est répandue directement sur le sol nu et il n*est procédé au hersage qu'après le semis. Ce mode de collure réussit quelquefois ; souvent même, dès le début, il donne les plus belles espérances; mais il ne les justifie pas toujours, et la croissance ultérieure des plants laisse souTeiit beaucoup à désirer. Sur un terrain sec et lorsque Tannée est chaude, la graine lève irrégulièrement, quelquefois même ne lète pas du tout et est entièrement perdue; ou bien encore, les jeunes plants ne rencontrant pas dès le début des conditions d*existence fàvonbles ont beaucoup i soafirir de la maladie particulière au Pin sylvestre et désignée sous le nom d'extoliation. Les feuilles des jeunes tiges prennent une couleur rougeâtre, elles tombent et, dans les sols difficiles surtout, la perte d*un grand nombre de jeunes Pins en est la conséquence.
Les influences qui agissent sur la germination sont tellement multiples quUIest difficile de préciser la quantité de graines à employer par hectare ; ce serait une faute de vouloir s*en tenir à un chifl're fixe et invariable. A défaut de tout autre r.^nseignement, etseulement pourpoint de départ, 6 à 8 kilogr. semblent être une moyéhne dans laquelle il est prudent de se tenir; toutefois^ les sylviculteurs les plus experts et les plus uutorisés sont souvent en désaccord. Un semis, pour éti-e fait convenablement et réunir toutes les chances de réussite, est subordonne non -seulement à la qualité des graines, mais encore ù toutes les inUueuoes locales de sol, de climat, de situation