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LE TRAVESTISSEMENT

— Eh bien, Corbett, dit Pickersgill, nous voici en sûreté à présent : je voudrais seulement que ma spéculation eût été du double. Mais je ne veux pas me laisser entièrement absorber par les affaires; il faut que j'y ajoute un peu d'amusement. — Je vois là des vêlements qui

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ne vous iront pas mal, Corbett, et il me semble que ceux du jeune gaillard qui jouait le rôle d'orateur m'iront à ravir. Faisons notre toilette, et ensuite nous songerons à déjeûner.

Pickersgili quitta ses vêtements pour prendre ceux de M. Hautaine, et Corbett prit ceux de M, Ossulton. Le capitaine contrebandier appela alors l'intendant, qui n'osa désobéir, et qui monta sur le pont en tremblant.

— Intendant, dit Pickersgili, emportez ces habits sous le pont; et souvenez-vous que c'est moi qui commande à présent ce yacht. Tant que je serai à bord, songez à me traiter avec le même respect que vous aviez pour lord Beauprey. Bien plus, toutes les fois que vous aurez à me parler, vous m'appellerez milord ou lord Beauprey. Vous nous préparerez le dîner et le déjeuner, et vous remplirez tous vos devoirs précisément comme si Sa Seigneurie était à bord. Veillez à ce que la table soit bien servie, car je veux que ces dames soient traitées aussi somptueusement que par le passé. Vous aurez soin de faire connaître mes intentions au cuisinier. — Vous m'avez entendu , il ne vous reste qu'à m'obéir; sinon, songez que j'ai mon équi-

page sur ce bord, et que je n'ai besoin que de lever un doigt pour vous faire jeter à la mer. — M'avez-vous parfaitement compris?

— Oui, — monsieur, répondit l'intendant en balbutiant.

— Monsieur! — Que signifie cela? Avez-vous déjà oublié ce que je viens de vous dire? Ne vous souvenez-vous pas comment je veux que vous me nommiez?

— Pardon, milord.

— Fort bien. — A présent dites-moi a qui appartenaient les vêtements que monsieur vient de mettre?

— A M. Ossulton, monsieur, — milord, veux-je dire.

— Très-bien. Souvenez-vous donc aussi que vous devrez toujours à l'avenir appeler monsieur M Ossulton.

— Oui, milord.

Et l'intendant retourna dans sa cabine, où il eut besoin de deux verres d'eau-de-vie pour ne pas perdre connaissance.

— Qui sont-ils? que sont-ils, M. Muddox? lui demanda la femme de chambre de miss Ossulton, ayant les yeux rouges d'avoir pleuré.

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— Des pirates, — des hommes de sang, — des gens sans remords et sans pitié.

— Oh! s'écria la femme de chambre, qu'al- 5ons-nous devenir, nous autres pauvres femmes, sans protection ni défense! Et elle courut dans la cabine des. dames pour leur annoncer cette nouvelle consolante.

Les trois dames n'y étaient pas dans une situation à faire envie. Miss Ossulton, sœur de lord Beauprey, était assise un flacon de sels sous le nez, et agitée d'un tremblement nerveux, causé par la crainte et l'orgueil blessé. Mistriss Lascelles pleurait, mais avec un air de douceur et de résignation. Miss Ceci lia Ossulton était plongée dans de tristes réflexions, occasionnées par l'inquiétude qu'elle avait sur le sort de son père.

— Oh! miss Ossulton! — oh ! miss Cécilia! — oh! mistriss Lascelles! s'écria la femme de chambre en entrant, j'ai tout appris. — Ce sont des pirates, — des hommes tout couverts de sang, — des hommes capables de tout!

— Merci du ciel! dit miss Ossulton, j'espère qu'ils ne seront pas assez insolents pour —

— Oh! madame, il n'y a rien dont ils ne

soient capables. — Peu s'en est fallu tout à l'heure qu'ils n'aient jeté l'intendant à la mer. Ils ont forcé tous les coffres, ils ont choisi les plus beaux habits de ces messieurs et les ont mis. — Le capitaine de la bande a dit à l'intendant qu'il devait l'appeler lord Beauprey, et que s'il s'avisait de le nommer autrement, il lui couperait la gorge d'une oreille à l'autre.

— Il a dit aussi qu'il voulait avoir un bon diner, et que si le cuisinier y manquait, il lui couperait la main, et la lui ferait manger sans sel ni poivre.

Miss Ossulton poussa un grand cri, et tomba en syncope. Mistriss Lascelles et Cécilia lui donnèrent des secours; mais celle-ci n'avait pas oublié les manières civiles et le ton de po- Jitesse de Pickersgill quand elle lui avait parlé sur le pont. Elle ne put croire ce que la femme de chambre venait de dire, mais elle était dans une grande inquiétude, surtout par rapport à son père. Dès qu'elle vit que sa tante se trouvait mieux, elle mit son chapeau qui était sur le sofa.

— Où allez-vous, ma chère? lui demanda mistriss Lascelles.

— Sur le pont, répondit Cécilia; je veux parler à ces hommes.

— Juste ciel , ma nièce ! aller sur le pont ! N'avez- vous pas entendu ce que Phœbé vient de nous dire?

— Pardonnez-moi, ma tante, mais... mais je ne puis supporter plus long-temps cette incertitude.

— Arrêtez-la! s'écria miss Ossulton; arrêtezla! — Elle sera assassinée. Elle sera Il faut

qu'elle ait perdu l'esprit.

Personne ne chercha à arrêter Cécilia, et elle monta sur le pont. En y arrivant, elle trouva Pickersgill et Corbett se promenant sur le gaillard d'arrière. Un homme de l'équipage était au gouvernail ; les autres étaient rassemblés sur la proue et paraissaient être des hommes aussi tranquilles que ceux qui composaient l'équipage du yacht. Dès qu'elle parut, Pickersgill ôta son chapeau et s'avança vers elle en la saluant.

— Je ne sais à qui j'ai l'honneur de parler, jeune dame, lui dit-il; mais je suis flatté de cette marque de confiance. Je vois que vous pensez, — et je puis vous assurer que vous ne

vous trompez pas, — que vous n'êtes pas tombée entre les mains de gens dépourvus de tout honneur.

Cécilia regarda Pickersgill avec plus de surprise que de crainte Les vêtements de M. Hautaine lui allaient à merveille. C'était un bel homme, bien fait, et n'ayant dans tout son extérieur rien qui sentît l'écumeur de mers, à moins que, comme le corsaire de lord Byron, il ne fût moitié doux, moitié sauvage. Elle ne put s'empêcher de penser qu'elle avait vu à Almack et dans \es cercles à la mode, bien des gens qui, à en juger par les apparences, n'auraient pas eu autant de droit à se trouver en bonne compagnie.

— Je me suis hasardée à venir sur le pont, monsieur, dit Cécilia d'une voix un peu tremblante, pour vous demander, comme une faveur, de m'apprendre quelles peuvent être vos intentions à l'égard de ce navire, et des dames qui s'y trouvent.

— Et je vous suis très-obligé de l'avoir fait. Je vous assure que je vous dirai très-franchement quelles sont mes intentions, autant du moins qu'elles sont arrêtées. — Mais vous trem-

bîez, — permettez-moi de vous prier de vous asseoir. Pour écarter de votre esprit tout sujet d'alarme, je vous dirai en peu de mots qu'en ce qui concerne ce bâtiment, mon dessein est de le rendre à son propriétaire légitime avec tout ce qu'il contient, aussi religieusement que si c'était un bien d'église. Quant à vous et aux autres dames qui sont à bord, je vous donne ma parole d'honneur que vous n'avez rien à craindre; que vous serez traitées avec le plus grand respect, que personne ne passera jamais la porte de votre cabine, et que dans peu de jours vous serez rendues à vos amis. Je vous promets tout cela sur toutes mes espérances de salut; cependant je dois y metire quelques conditions, mais j'espère qu'elles ne vous paraîtront pas trop sévères.

— Mais, monsieur, répondit Cécilia qui avait senti presque toutes ses craintes se dissiper en voyant Pickersgill debout, près d'elle, avec l'air le phis respectueux, vous êtes, je présume, le capitaine du bâtiment contrebandier sur lequel vous étiez il n'y a pas deux heures; répondez, je vous prie, à une autre question : —Qu'est devenu lord Beauprey? il est mon père.

— Je l'ai laissé dans sa barque. On n'a pas touché à un cheveu de sa tête; mais je lui ai ôté ses rames.

— En ce cas il périra infailliblement, dit Cécilia en portant son mouchoir à ses yeux.

— Non, madame. D'après sa conduite envers nous, j'ai dû lui ôler les moyens de contribuer à capturer notre bâtiment; mais je lui ai laissé la possibilité de gagner la côte en lui donnant deux petites rames, et il est probablement déjà à terre. Tout le monde n'aurait peut-être pas agi envers lui avec la même générosité.

— Je l'avais conjuré de n'en rien faire, dit Cécilia; je lui avais dit que cela n'était pas juste, et qu'il n'avait aucune querelle avec les contrebandiers.

— Je vous en remercie. — Et maintenant, miss... pardon, mais je ne puis me rappeler en ce moment le nom de famille de Sa Seigneurie.

— Ossulton, monsieur, répondit Cécilia en regardant Pickersgill avec surprise.

— Eh bien, miss Ossulton , avec votre permission , je vous prendrai maintenant pour confidente. Excusez-moi si je me sers d'une expression qui peut vous paraître trop l'ami-

lière ; je le fais parce que je désire ne vous laisser aucun motif de crainte. Cependant je ne puis vous permettre de faire connaître à personne mes intentions; mais je sens que je puis me fier à vous , car vous avez du courage, et le courage est ordinairement accompagné de fidélité. — Aurez-vous la bonté de me promettre de me garder le secret?

Cécilia hésita un instant. L'idée de devenir la confidente d'un contrebandier lui répugnait. Cependant il pouvait lui être important de connaître ses intentions, même à condition de ne pas les révéler, car, si le cas l'exigeait, elle pourrait du moins chercher à les modifier. Il ne pouvait en résulter aucun inconvénient ni pour elle ni pour les autres, et elle pouvait y trouver quelque avantage. La conduite que Pickersgill avait tenue jusqu'alors lui avait inspiré de la confiance; et quoiqu'il ne se fit pas scrupule de contrevenir aux lois, il paraissait respecter les convenances de la société. Cécilia était courageuse, et elle lui répondit en ces termes :

— Pourvu que vous ne me demandiez pas de garder le secret sur des choses qui pourraient

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nuire à quelqu'un, ou me compromettre dans la situation où je me trouve, je vous le promets. — Je ne voudrais pas faire mal à une mouche, à moins que ce ne fût pour me défendre, miss Ossulton; et votre conduite, pendant le peu de temps que je vous ai vue, m'a inspiré trop de respect pour que je voulusse vous compromettre. Permettez-moi donc de vous parler à cœur ouvert, et vous conviendrez probablement que tout autre, à ma place, en eût fait autant, et irait peut-être beaucoup plus loin. — Votre père, sans en avoir aucun droit légal, est venu m'attaquer sur mon bord, a voulu me faire prisonnier, pour me faire ensuite jeter en prison , condamner à une forte amende , et peut-être bannir du pays. — Je n'entrerai pas dans la défense de la contrebande ; je sais que des peines sont attachées à l'infraction de certaines lois, et j'ai bien voulu m'y exposer. Mais lord Beauprey n'était pas chargé d'assurer l'exécution de ces lois; il n'était pas autorisé par le gouvernement à m'attaquer; il agissait de son autorité privée; et si je l'avais jeté à la mer, lui et tous ceux qui l'accompagnaient, j'aurais été excusable, parce que c'était de leur part un

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acte de piraterie. — Or, comme votre père a jugé à propos de faire de son yacht un cutter des douanes, il ne peut trouver mauvais que j'use de représailles en en faisant un bâtiment contrebandier. J'ai fait habiller comme les hommes de mon équipage les quatre messieurs que j'ai trouvés sur le pont de cet yacht, et je les ai envoyés sur mon cutter à Cherbourg, où ils débarqueront en sûreté; et j'ai revêtu leurs habits, ainsi que le seul individu de mon équipage qui pût prendre part avec moi à cette plaisanterie. J'ai maintenant un double but : le premier, de débarquer à terre ma cargaison que j'ai fait placer à bord de ce yacht, et qui est d'un assez grand prix; le second, de rn'amuser un jour ou deux aux dépens de votre père et de ses amis , et c'est la seule vengeance que je veuille tirer du mal qu'ils ont voulu me faire. Je ne toucherai à rien de ce qui appartient à Sa Seigneurie , à l'exception de ses provisions et de son vin ; — vous pouvez en être certaine, mais il me manquerait un grand plaisir si ces dames ne se mettaient pas à table avec nous, comme elles le faisaient avec votre père et ses amis.

— Vous pouvez difficilement vous y attendre, monsieur, dit Cécilia.

— Pardonnez-moi, miss Ossulton; car non seulement ce sera à ce prix que je leur rendrai plus tôt la liberté, mais ce sera aussi le seul moyen qu'elles auront d'avoir à dîner. Faites attention que les fautes des pères retombent sur leurs enfants. — Je vous ai dit ce que j'ai dessein de faire et ce que je désire. Je vous prie d'y réfléchir, et de décider si ce ne sera pas un avantage pour toutes les parties que vous consentiez à ma demande. Je vous permets de dire aux autres dames que, quelle que puisse être leur conduite, elles sont aussi à l'abri de tout mauvais traitement et de toute incivilité que si elles étaient dans Grosvenor square , — car c'est là, je crois, que demeure Sa Seigneurie; — mais si, après tous les égards que j'ai pour elles, elles montrent assez peu de reconnaissance pour refuser de m'honorer de leur compagnie à table, je ne me rends pas garant du dîner qu'elles feront.

— Je dois donc comprendre que vous avez le projet d'employer la faim pour nous inspirer un esprit de soumission?

— Pas tout-à-fait, miss Ossulton, mais il n'entrera que du pain et de l'eau dans votre cabine, et vous serez détenues sur ce navire jusqu'à ce que vous ayez consenti à ma demande. — Songez que la durée de votre détention augmentera les inquiétudes de votre père.

— Vous connaissez l'art de persuader, monsieur, dit Cécilia. En ce qui me concerne, je me flatte que je serai toujours prête à sacrifier tout sentiment de fierté pour épargner à mon père un seul instant d'inquiétude. Avec votre permission, je vais descendre dans la cabine pour dissiper les craintes de mes compagnes. Elles sont toutes deux plus âgées que moi , et l'on ne doit pas supposer qu'une jeune fille comme moi puisse avoir beaucoup d'influence sur elles , surtout quand il n'est pas permis de leur faire connaître les motifs qui pourraient les porter à consentir à ce que vous exigez. Si vous vouliez me rendre ma promesse , ou du moins me permettre de faire part de tout ce que vous m'avez dit à la seule dame mariée qui soit ici , j'aurais plus d'espoir de réussir; mais je dois vous dire avec franchise que

je ne l'essaierai que parce que je désire vivement d'être le plus tôt possible réunie à mon père.

— Et d'être délivrée de ma compagnie, dit Pickersgill avec un sourire ironique. Soit, mais j'aurai ma petite vengeance. Vous pourrez me détester, vous me délesterez très-probablement; mais, dans tous les cas, vous n'aurez pas une accusation bien formidable à porter contre moi. Avant que vous vous retiriez, miss Ossulton, je vous accorde la permission d'ajouter au nombre de mes confidentes la dame mariée dont vous venez de parler; et yous me permettrez de vous présenter mon ami M. Ossulton.

En parlant ainsi, il étendit la main vers Corbett, qui ôta son chapeau et salua Cécilia avec respect.

— Et puisque j'ai pris le commandement de ce yacth à la place de Sa Seigneurie, continua Pickersgill, il est absolument nécessaire que je prenne aussi son nom. Je suis donc lord Beauprey tant que je serai à bord , et je ne puis permettre qu'on m'appelle autrement. — Soyez bien sûre, miss Ossulton, que je veillerai à votre sûreté, et que j'irai au-devant de tous vos désirs, avec un soin tout paternel.

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Si Cécilia avait osé se livrer à son premier mouvement, elle aurait ri de tout son cœur. L'assurance que Pickersgill venait de lui donner avec un ton de gravité évidemment empruntée, avait quelque chose de trop burlesque. Mais ce fut précisément ce qui acheva de la rassurer, et elle descendit dans la cabine, le cœur chargé d'un poids bien moins pesant que lorsqu'elle en était sortie.

Miss Ossulton et mistriss Lascelles y étaient restées pendant tout ce temps, et l'absence prolongée de Cécilia leur avait causé beaucoup d'inquiétude. Elles ne savaient qu'en penser, et elles n'osaient aller sur le pont. Mistriss Lascelles prit enfin la résolution d'y monter à tout risque, mais miss Ossulton et Phœbé poussèrent de tels cris, et la conjurèrent avec tant d'ardeur de ne pas les quitter, qu'elle y renonça malgré elle. Quand Cécilia rentra dans la cabine , sa physionomie rassura mistriss Lascelles, mais non sa tante, qui courut à elle, pleurant et sanglotant, et qui s'écria en la serrant dans ses bras :

— Que vous ont-ils fait, ma pauvre enfant;, que vous ont-ils fait?

— Rien du tout, ma tante, répondit Cécilia.

Le capitaine m'a parlé très-poliment, et il m'a dit qu'il aurait pour nous tout le respect et tous les égards possibles, pourvu que nous obéissions à ses ordres, sinon...

— Sinon... Que fera-t-il , s'écria miss Ossulton en serrant fortement le bras de sa nièce ?

— Il nous retiendra prisonnières, et nous aurons à nous passer de dîner.

— Que le ciel nous prenne en pitié ! s'écria miss Ossulton ; et se laissant tomber sur le sofa , elle se couvrit les yeux de son mouchoir.

Cécilia s'approcha de mistriss Lascelles,et lui fit part à voix basse de tout ce qui s'était passé dans son entrevue avec Pickersgill. Mistriss Lascelles fut convaincue, comme son amie, qu'elles ne couraient aucun danger. Tout en causant de cette aventure, elles commencèrent enfin à en rire, car elles trouvaient quelque chose de plaisant dans la métamorphose de leurs quatre amis en contrebandiers. Cécilia ne fut pas très-fâchée de ne pouvoir faire la même confidence à sa tante, elle désirait que sa frayeur durât assez long-temps pour lui ôter à l'avenir toute idée de l'accompagner à bord du yacht.

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