‹ Le pirateChapitre 7 sur 15 · DEUXIEME CUTTER · texte numérisé non relu

DEUXIEME CUTTER

Lecteur, avez -vous jamais été à Portsmouth? Si vous y avez été , vous avez dû être enchanté de la vue dont on jouit de la batterie d'où Ton tire les saluts. Si vous n'y avez pas encore été, vous ferez bien d'y aller aussitôt que vous le pourrez. De cette batterie, vous voyez le port,

et beaucoup d'objets en grande partie semblables à ceux que j'ai décrits en parlant de Plymouth. Quoique la scène soit différente, vous y verrez de même des arsenaux, des chantiers, et une portion semblable de notre admirable marine. Vous verrez Gosport de l'autre côté du port; et Sally-Port tout près de vous. A votre gauche est Southsea Beach; devant vous, Spithead, avec ses vaisseaux de guerre, et Motherbank, rempli d'une foule de bâtiments marchands Là est le Buoy, où le Royal-George fit naufrage, et où il est encore enseveli sous les eaux , ses cabines habitées par les poissons, qui y entrent et qui en sortent par les fenêtres et les écoutilles. Ce n'est pas tout, vous pouvez voir l'ile de Wight; Ryde, avec sa longue jetée en bois, et Cowes, qui est le rendez-vous des yachts. Dans le fait, il y a beaucoup de choses à voir à Portsmoulh aussi bien qu'à Plymouth. Mais l'objet sur lequel je désire attirer particulièrement votre attention en ce moment, c'est un navire attaché à la bouée , précisément en face de la batterie aux saints. C'est un cutter, et vous pouvez voir qu'il est au service des douanes , par le nombre de petites barques sus-

pendues tout à l'entour. On dirait un vaisseau prêt à mettre à la voile avec une cargaison de barques. Il y en a en outre trois sur le pont; une à la poupe, les deux autres de chaque côté. Vous remarquerez qu'il est peint en noir, et toutes ses barques sont peintes en blanc. Ce n'est pas un navire élégant comme le yacht dont nous avons parlé dans le chapitre précédent, et le tillac en est beaucoup plus encombré. Il n'a pas de cuisses de venaison suspendues à sa poupe, mais je crois y voir un gigot de mouton, et quelques choux attachés ensemble par leurs racines. Les cutters des douanes ne sont pas des yachts; on ne vous y servira ni Champagne ni soupe à la tortue ; mais cependant vous pouvez y trouver un bon morceau de viande fraîche, un verre de grog, et un accueil cordial.

Montons à bord. — Vous voyez que les canons sont en fer, que les affûts sont peints en noir, et que tous les bois dans l'intérieur sont peints en rouge. Ce n'est pas une couleur trèsagréable à l'œil, mais elle dure plus long-temps que toute autre, et l'administration des douanes n'est pas très-libérale à cet égard. D'une autre

part, les lieutenants de marine qui ont le commandement de ces bâtiments, n'ont pas assez d'argent à dépenser pour l'employer en décorations. Vous voyez que l'équipage en est nombreux, et composé de beaux hommes. Tous portent une chemise de flanelle rouge et des pantalons bleus. Quelques uns d'entre eux n'ont pas ôté leur espèce de jupon de toile, ou de prélat goudronné, qui leur est fort utile, attendu qu'ils sont dans les barques nuit et jour, et par tous les temps.

Maintenant, nous descendrons dans la cabine. Nous y trouverons le lieutenant qui commande le cutter, un aide de maître et un midshipmann; chacun d'eux a son verre devant lui, et ils sont à boire du grog au gin, — excellent gin, par parenthèse, tiré du petit quartaut qui est sous la table, et qu'ils ont oublié de remettre au bureau des douanes , lors de la dernière saisie qu'ils ont faite. — 11 est nécessaire que nous les présentions à nos lecteurs.

L'aîné de ces trois personnages, ayant des cheveux et des favoris qui commencent à grisonner, le visage rond et pâle, et le nez un peu rouge, ce qu'il attribue au vent, car ce vieil

officier, par la nature de sa profession , y est souvent exposé, et l'on sait que le vent rend le nez rouge, se nomme le lieutenant Appleboy. Il a servi sur toutes les espèces de navires employés dans la marine, et il a rempli pendant vingt ans les fonctions de premier lieutenant. 11 est maintenant sur la liste des promotions à faire; — c'est-à-dire, quand il aura saisi un certain nombre de tonneaux de gin et d'eaude-vie , il en sera récompensé par le rang de capitaine. C'est dommage que ce qu'il en prend à l'intérieur ne compte pas, car il en boit régulièrement le matin, à midi et le soir. Il tient en main, en ce moment, son quatorzième verre de la journée, car il a grand soin de les compter, attendu qu'il n'excède jamais le nombre qu'il s'est prescrit, et qui est de dixsept. Alors, comme il le dit, sa cargaison est complète.

L'aide de maître se nomme Tomkins. Il a servi trois fois ses six ans , et il a survécu à son ambition; ce qui est heureux pour lui, car il n'a guère de chances d'avancement. Il préfère un petit navire à un grand, parce qu'il n'est pas obligé de donner autant d'attention

à sa mise; et il attend son brevet de lieutenant qnand il aura une promotion de charité. Il aime le pain tendre, car toutes ses dents se sont absentées sans permission. Il préfère le porter à toute autre boisson, mais il boit fort bien son verre de grog, soit qu'il ait pour base ie rhum, l'eau-de-vie , ou l'autre liqueur spiritueuse dont nous venons de parler.

M. Smith est le jeune midshipinan portant une jaquette dont les coudes sont troués. Il y a deux mois qu'il a dessein de la faire raccommoder; mais il est trop indolent pour ouvrir sa caisse et en chercher une autre parmi son linge mal en ordre. Sa paresse l'a fait congédier de la moitié des navires sur lesquels il a servi ; mais il est né paresseux, et par conséquent ce n'est pas sa faute. Un cutter des douanes est ce qui lui convient, car il est à l'ancre la moitié du temps, et le service sur une barque ne déplaît pas à M. Smith, attendu qu'il est toujours assis sur les écoutes de poupe, ce qui n'a lien de fatigant. Son grand plaisir est d'avoir à ramper ventre à terre pour arriver à un dépôt caché de tonneaux de contrebande, parce que cela lui épargne la peine de remuer les

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jambes. 11 aime îe grog, mais il trouve pénible d'avoir souvent à porter son verre à sa bouche, de sorte qu'il le regarde et le laisse long-temps sur la table avant de se décider à le vider. 11 parle peu, parce qu'il est trop nonchalant pour parler. Il a servi plus de huit ans. — Quant à subir son examen, c'est ce qui ne lui a jamais passé par la tête.

Tels étaient les trois individus assis dans la cabine du cutter des douanes, et buvant ensemble du grog.

— Voyons, dit le lieutenant; c'était, je crois, en 9«> ou ç4; — avant que vous fussiez entré dans le service, Tornkins.

— Cela peut être, monsieur. Il y a si longtemps que j'y suis entré, que j'oublie les dates; mais ce que je sais, c'est que ma tante est morte trois jours après.

— En ce cas, la question est de savoir quand est morte votre tante.

— Oh ! elle est morte environ un an après mon oncle.

— Et quand votre oncle est-il mort?

— Je veux être pendu si je m'en souviens.

— Nous voyez donc, Tornkins, que vous

n'avez pas de point de départ. Quoi qu'il en soit, je crois que vous ne pouviez être au service à cette époque. Nous ne tenions pas alors tout-à-fait autant qu'aujourd'hui à la propreté des uniformes.

— Et je crois que le service n'en allait que mieux. A présent, dans vos grands vaisseaux, il faut que le maître descende à fond de cale ou dans la soute aux liqueurs, qu'il remue vingt tonneaux vides , qu'il en mette d'autres en perce, qu'il en lève quelques-uns, qu'il examine s'il n'y en a aucun qui fuit ; et après qu'il a fait tout cela, on s'attend à le voir paraître sur le gaillard d'arrière aussi proprement vêtu que s'il sortait du carton à bonnets d'une belle dame.

— Eh hien ! eh bien! nous ne manquons pas d'eau autour de nous, quant à ce qui concerne la purification extérieure; et à l'égard de la limaille de fer, on l'a bientôt brossée. Cependant, comme vous le dites, on exige peut-être trop à cet égard. Du moins, sur cinq des vaisseaux à bord desquels j'ai servi comme premier lieutenant , le capitaine me faisait toujours la guerre parce (pie les midshipmen

n'avaient pas une tenue convenable, comme si j'eusse été leur femme de chambre. — Je voudrais bien savoir ce que le capitaine Prigg aurait dit s'il vous avait vu sur son gaillard d'arrière, fait comme vous voilà, monsieur Smith.

— Il m'aurait dit de quitter son bord; j'y suis accoutumé, répondit Smith avec insouciance.

— Avec votre jaquette percée aux coudes , continua M. Appleboy.

Smith tourna ses coudes, les regarda l'un après l'autre, et après une opération si fatigante, il garda le silence.

— Eh bien ! où en étais-je? reprit le lieutenant. Ah !je vous disais que c'était eu 93 ou 94 que cela est arrivé. — Tomkins, remplissez votre verre, et passez-moi le sucre. — Un moment! où en sommes-nous? — Ah! ce verre est le n° i5, ajouta-t-il après avoir compté des lignes blanches tracées sur la table à son côté, et prenant un morceau de craie il en ajouta un autre : — Je ne trouve pas ce quartaul aussi bon que le dernier. On y a trop épargné le genièvre. Au surplus j'espère que nous aurons plus de

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bonheur cette fois-ci. — Vous savez sûrement que nous mettons à la voile demain , Tornkins ?

— Je m'en suis douté en voyant arriver à bord le gigot de mouton.

— Oui , je suis régulier en tout , — régulier comme une horloge. — Vingt ans de service comme premier lieutenant donnent un peu de méthode. J'aime la régularité par-dessus tout, et tout le monde n'en peut pas dire autant. Par exemple, l'amiral du port n'a jamais manqué de m'inviter à dîner, toutes les fois que j'ai jeté l'ancre dans ce port, et il ne l'a pas fait celleci. Je comptais si bien sur cette invitation que je ne m'attendais pas à recevoir l'ordre de mettre à la voile, et il en résulte qu'il ne me reste que deux chemises blanches.

— Cela est bien singulier, dit Tomkins, d'autant plus qu'il y a eu ici pendant tout ce temps de grands personnages, et qu'il a donné tous les jours de grands dîners.

— Et. cependant j'ai fait trois saisies, sans parler des trente-sept tonneaux que j'ai ramassés à terre.

— C'est moi qui les ai ramassés, dit Smith.

— C'est la même chose, jeune homme. Quand vous aurez été un peu plus long-temps dans le service de la marine , vous saurez que c'est l'officier commandant qui a le mérite de tout ce qui se fait. Mais vous n'êtes encore qu'un blanc-bec. — Ainsi donc, pour en revenir à ce que je vous disais, le vaisseau à bord duquel je servais en qj et 94, faisait partie de la flotte du canal. — Tomkins, passez-moi l'eau chaude, s'il vous plaît. — Du diable! elle est froide. — Smith, faites-moi le plaisir de sonner. — Jem, apportez-moi de l'eau chaude.

— Monsieur, répondit Jem , qui arriva la tête et les pieds nus en touchant une mèche de cheveux qui lui tombait sur le front, le cuisinier a fait chavirer la bouilloire; mais il l'a remplie et la remise sur le feu.

— A fait chavirer la bouilloire! —Fort bien, en vérité! — Je lui parlerai demain matin. — Monsieur Tomkins, ayez la bonté de mettre sur votre rapport que le cuisinier a fait chavirer la bouilloire, de peur que je ne l'oublie. — Et dites-moi, Jem, y a-t-il long-temps qu'il l'a remise sur le feu?

— A l'instant 011 vous sonniez, monsieur

— Fort bien ! — Je lui parlerai demain.

— Ayez soin d'apporter l'eau dès qu'elle sera bien chaude, Jem. ■ — Et dites-moi, avant de vous en aller, ce drôle est-il ivre?

— Oh! non, monsieur, pas plus que vous.

— C'est étonnant! quel penchant les matelots ont pour les liqueurs fortes! J'ai été quarante ans et plus dans le service de la marine, et j'ai toujours remarqué la même chose. Si l'on m'avait donné une guinée chaque fois que j'ai vu un de ces drôles boire sept verres de grog de suite, je n'appellerais pas le roi mon cousin. — Mais puisque nous n'avons pas d'eau chaude , Tomkins , contentons - nous d'eau froide : il ne faut pas mettre en panne. — Mais de par le ciel, qui l'aurait cru? — J'en suis au n° 16. — 11 faut que je compte encore une fois.

— Oui, c'est bien le n°T(>, c'est un fait, il n'y a pas de méprise, et je n'ai plus qu'un verre à boire après celui-ci. — C'est-à-dire, si j'ai bien compté, car je puis avoir vu double.

— Oui , dit Smith ; un monosyllabe pouvant se prononcer sans fatigue.

— N'importe, laissez-moi continuer mon histoire. — C'était en 93 ou 94 que je me trou-

vais sur la flotte du canal, nous étions alors sur le travers de Torbay.

— Voici l'eau cbaude, monsieur, cria Jem, mettant la bouilloire sur la table.

— Fort bien, mon enfant. — A propos, a-t-on apporté à bord Ja jarre de beurre?

— Oui, monsieur, mais elle est cassée par le milieu. J'ai fait tenir les pièces en place, en les entourant avec du fil à caret.

— Mais qui Ta cassée, monsieur?

— Le contre-maître dit que ce n'est pas lui.

— Mais encore une fois qui l'a cassée?

— Le contre-maître dit qu'il l'a remise à Bill Jones , et Bill dit que ce n'est pas lui.

— Qui donc l'a cassée?

— Bill me l'a remise, et je suis bien sûr que ce n'est pas moi.

— Mais me direz-vous enfin qui l'a cassée?

— Je crois que c'est Bill, monsieur, parce que je sais qu'il aime le beurre, et il en manque beaucoup dans la jarre.

— Fort bien ! — Je vous parlerai à tous demain matin. — Monsieur Tomkins, je vous prie de dire un mot de la jarre de beurre dans votre rapport, car elle pourrait sortir de ma mémoire. A voir Bill Jones, on croirait que le

beurre ne fondrait pas dans sa bouche. — Sutlit î n'en parlons plus quant à présent. — Je vous disais donc que c'était en 90 ou 94 que j'étais sur la flotte du canal. Nous étions par le travers de Torbay, et nous venions de prendre deux ris à nos voiles de misaine. — Un instant ; avant de continuer mon histoire, je prendra mon dernier verre. — Si c'est mon dernier toutefois. Voyons; il faut que je compte de nou veau. — Oui , oui , il y en a seize bien comptés — Eh bien ! puisque c'est le dernier, j'y mettrai double ration de gin du moins. — • Jem, apportez la bouilloire, et ayez soin de ne pas jeter l'eau bouillante dans mes souliers, comme vous l'avez fait l'autre soir. — Assez, assez ! — Allons, Tomkins, remplissez votre verre; et vous aussi, monsieur Smith. Finissons-en tous ensemble, après quoi, vous écouterez mon histoire; je vous réponds qu'elle est très-curieuse; c'est un fait que je ne croirais pas, si je n'en avais été témoin. — Eh bien! qu'est-ce que cela? Mille diables! quel chien de grog! qu'en dites-vous, monsieur Tomkins?

M. Tomkins, à l'exemple du lieutenant, avait beaucoup bu , et avait mis double ration de gin dans son &toa. ïl le coûta , et dit en faisant

une grimace : — Il a un singulier goût, mais je ne saurais dire ce que c'est. — Goûtez-îe donc, Smith?

Le midshipman prit son verre et en but quelques gouttes.

— C'est de l'eau de mer, dit-il.

— De l'eau de mer ! s'écria M. Appleboy en goûtant de nouveau avec précaution, Oui, de par le ciel ! c'est de l'eau salée.

— Salée comme la femme de Job, par tout ce qu'il y a d'infâme, s'écria M. Tomkins.

— De l'eau salée ! répéta Jem consterné , et craignant de sentir sur ses épaules des coups d'une lanière faite de peau d'anguille d'eau douce.

— Oui, monsieur, de l'eau salée, s'écria le lieutenant en lui jetant son grog à la tête. Fort bien, monsieur, fort bien!

— Ce n'est pas moi, monsieur, dit le mousse en secouant l'eau salée qui lui sortait des yeux.

— Mais ne m'avez-vous pas dit que le cuisinier n'était pas ivre, monsieur ?

— Il n'avait pas l'air de l'être trop, monsieur.

— Suffît, monsieur, suffit. M. Tomkins, de

peur que je ne l'oublie, vous aurez la bonté de mettre dans votre rapport la bouilloire d'eau de mer. Le misérable ! j'en suis fâcbé , messieurs, mais il n'y a plus moyen d'avoir du grog ce soir. Mais patience; attendez jusqu'à demain. Si je ne leur fais pas boire de l'eau salée dans leur grog, je consens à avoir été premier lieutenant pendant vingt ans pour rien. C'est tout ce que j'ai à dire. Bonsoir, messieurs; et vous, M. Smith, ajouta-t-il d'un ton sévère, songez à veiller au navire. M'entendez-vous, monsieur?

— Oui, monsieur; mais ce n'esl pas mon quart. J'ai fait celui de huit heures.

— Eh bien ! monsieur, vous ferez aussi celui de minuit. — M. Tomkins, vous aurez celui de quatre heures ; je vous prie de me faire avertir dès que le jour paraîtra. — De l'eau de mer, par tout ce qu'il y a de plus salé dans le monde ! Mais nous tirerons cela au clair demain matin. — Jem , mon lit est-il fait?

— Oui, monsieur.

— M. Appleboy alla se coucher; M. Tomkins en fit aiUant, et M. Smith les imita quelques instants après; car il n'avait pas envie de faire

deux quarts de suite parce que le cuisinier était ivre et avait mis de l'eau de mer dans la bouilloire.

Quant à ce qui s'était passé en g5 ou 94, je voudrais de tout mon cœur pouvoir en faire part à mes lecteurs; mais je crains que cette histoire très -curieuse ne soit pas destinée à passer à la postérité.

Le lendemain matin, M. Tomkins, suivant son usage, ne fit aucun rapport à l'officier commandant. M. Appleboy avait complètement oublié le cuisinier, la jarre de beurre et l'eau de mer, et par conséquent son courroux était apaisé. Au point du jour il monta sur le pont, n'ayant guère eu que le temps de cuver la moitié de ses seize verres de grog, mais ayant perdu le goût salé du dix-septième, il frotta ses yeux gris, afin de mieux distinguer les objets à travers la lueur grisâtre du matin. Une brise fraîche agitait ses cheveux grisonnants, et rafraîchissait son nez rubicond, Il fit lever l'ancre, déploya ses voiles, et le cutter des Douanes, qui se nommait Y Actif , se dirigea vers le cap des Aiguilles.

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