CONCLUSIONS RELATIVES AU FEMUR
Le fémur de Trinil présente dans sa forme, ses dimensions et ses diverses particularités, des caractères franchement humains.
Il est assez grêle, svelte et peu incurvé; son angle d’obliquité diaphysaire l’éloigne des fémurs d’anthropoïdes; l’association de ces caractères doit faire admettre comme probable le sexe féminin.
Les excroissances sous-trocbantériennes et la saillie de la surface poplitée sont dues à la même cause ostéogénique, qu’il s’agisse d’un cas tératologique comme celui que j’ai décrit et figuré, ou d’un cas pathologique.
Le fémur de Trinil est un fémur humain, probablement féminin et certainement anormal.
Dents. — C’est la troisième molaire supérieure droite qui a été découverte la première et qui est figurée en grandeur naturelle dans le premier mémoire de M. Dubois; plus tard, il a trouvé une deuxième molaire supérieure gauche.
La troisième a molaire une surface triturante concave, les cuspides sont aplaties mais sont peu usées ; elle présente non-seulement le caractère humain, mais elle s’éloigne de toutes les dents d’anthropoïdes que j’ai examinées ; chez ceux-ci les cuspides sont plus saillantes; les gibbons ont les cuspides les plus acuminées. C’est également l’avis de M. Manouvrier qui, dans sa première discussion, dit que l’aspect de la surface triturante seul rappelle plutôt l’espèce humaine; dans son dernier travail il répète ; “ que la forme de la surface triturante ne permet guère de l’atti-ibuer à l’iine des espèces connues d’anthropoïdes
C’est le volume de cette molaire et la divergence de ses racines qui ont fait dire à M. Dubois et à d’autres auteurs, que ce n’est pas une dent humaine.
• Quand M. Dubois a fait sa communication à la Société de géologie de Bruxelles, il m’a donné les dimensions exactes des deux dents de Trinil, en me disant que jamais on n’avait relevé des mesures aussi grandes sur des dents humaines.
Je me bornai à dire que la forme était absolument humaine et que je me rappelais qu’un des crânes de Spy avait d’énormes inolaires. En rentrant chez moi je ne parvins pas à retrouver le beau mémoire de notre savant collègue, M. le professeur Julien Fraipont, et je lui écrivis immédiatement qu’il eût l’obligeance de m’en envoyer un nouvel exemplaire; dans la lettre qui accompagnait l’envoi, M. Fraipont dit que, de concert avec M. Dubois, il a repris les
mesures dentaires de Spy tout à fait de la même manière que lui.
Voici les mesures corrigées de Spy n" 2, en comparaison avec celles de Java ;
SPY no 2.
1). TRANSV. MAX.