‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 10 sur 138 · Voix intérieures, xxvun : « Pensar, dudar · texte numérisé non relu

Voix intérieures, xxvun : « Pensar, dudar

Dieu, ne Cles Noix) 152:

3. Ces transpositions d'art sont nombreuses, et quelques-unes d’entre elles doivent être relevées pour donner une idée dela variété et de la souplesse de talent de l'artiste. Elles soulèvent d’ailleurs un difficile problème dont la solution exigerait une étude spéciale, celle de l'influence exercée sur Victor Hugo par les artistes contemporains, et celle que lui-même put exercer sur eux. Du point de vue où nous sommes placés, nous devons nous borner à constater des analogies : comme elles n’altèrent en rien les caractères généraux du pittoresque que nous nous proposons de mettre en lumière, la question de leur origine reste en dehors de notre étude.

bleaux qu'il place ainsi sous nos yeux appellent la comparaison avec des œuvres de peintres.

Les dessins de Victor Hugo sont plus romantiques que réalistes, bien qu'on y trouve souvent une observation très attentive du réel. Les plus expressifs d’entre eux rappellent Rembrandt ou Goya ; Rembrandt par leurs oppositions d'ombre et de lumière, par leur intense poésie, par la puissance de rêve concentrée en eux ; Goya, par la fougue extraordinaire du trait, et le caractère saisissant de l’ensemble !. Mais le crayon et la palette du poète sont plus riches que ceux de l'artiste, et ses poésies, par la composition, le dessin, la couleur, évoquent non seulement Goya ou Rembrandt, mais les artistes les plus divers.

Il a quelquefois la vision d un paysagiste anglais, Wilson, par exemple :

Qu'une tour en ruine au flanc de la montagne Pende, et jette son ombre au flot d'un lac d’azur ?.

Mais plus souvent, il donne à ses vues de la nature la fraîcheur et la poésie d'un Corot :

Vieux saules, vous prendrez de tristes attitudes, Et vous vous mirerez vaguement aux lavoirs à.

Là, des saules pensifs qui pleurent sur la rive, Et comme une baigneuse indolente et naïve, Laissent tremper dans l’eau le bout de leurs cheveux #.

Il esquisse, avec une réminiscence de Virgile, un classique paysage d'Italie, à la manière d'Hubert Robert :

1. Buste féminin, dessin à l'encre, et John Brown (Musée Victor Hugo, reproduits dans le livre d'Arsène Alexandre, la Maison de Victor Hugo, p- 198 et 209), rappellent très nettement les compositions les plus fougueuses de Goya. Pour la science du clair-obscur, on peut citer Matin (1847), Jersey (1854), p. 40 et 159 de l'ouvrage précité.

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