le Poète bat aux champs », 1. 2. Ibid
poète aux petites choses — paulo minora canamus — et, par une conséquence nécessaire, dans l'emploi d'un vocabulaire plus familier : locutions d'usage courant (fermé pour réparalions, par exemple,) ou désignation d'objets vulgaires, battoir, chambre à coucher, termes communs, blanchisseuse, rosière, bamboche, lorchons, etc. Mais tous les objets vulgaires qu'il nous présente sont par lui transfigurés.
Elle accrochait des loques blanches,
Je ne sais quels haillons charmants
Qui me jetaient parmi les branches De profonds éblouissements.
Ces nippes de l’aube dorée Semblaient, sous l’aulne et le bouleau Les blancs cygnes de Cythérée Battant de l’aile au bord de l’eau !.
Ce chiffon charmant soudain Aux rayons du jour ressemble Et ce ruban sacré semble Avoir fleuri dans l’Eden ?.
S'il ne les transfigure pas toujours en les assimilant en quelque sorte à des objets plus relevés, il leur prête du moins des couleurs séduisantes, et soit qu'il les poëtise, soit qu il leur donne une allure comique, il les peint toujours autrement que ne le ferait un adepte du naturalisme. Quelque exacte que soit sa peinture, elle n’est jamais objective. On y sent toujours la sympathie du peintre pour son modèle. De là vient, par exemple, la nuance d'ironie, d’humour, de fantaisie amusée qui anime certaines descriptions en apparence purement réalistes :
Un antre traversé de poutres Avec des clous pour accrocher,
Des peaux saignantes et des outres, Telle était la chambre à coucher.