‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 115 sur 138 · TT · texte numérisé non relu

TT

Je l'avais saisi par la bride;

Je tirais, les poings dans les nœuds, Ayant dans les sourcils la ride

De cet effort vertigineux.

Mais elle ne doit pas nous faire illusion. La tendance au sublime reparaît presque aussitôt dans le portrait de Pégase : L'alérion aux bonds sublimes Qui se cabre, immense, indompté,

Plein du hennissement des cimes, Dans la bleue immortalité.

La tendance lyrique se manifeste dans toute sa force en ce tableau plein de fougue et d’élan :

Tout génie élevant sa coupe, Dressant sa torche au fond des cieux, Superbe, a passé sur la croupe

De ce monstre mystérieux !.

Le mouvement emporte l'image. La beauté de la peinture, d'ailleurs très grande, n'exclut pas l'élan lyrique, mais au contraire l'utilise. L’emphase de l'attitude y est frappante. Elle reparaitra dans le geste auguste du semeur :

Sa haute silhouette noire Domine les profonds labours ?.

Hugo n’a donc point renoncé au sublime. Mais ce sublime est un sublime poétique, précisément parce qu'ici c'est la tendance lyrique qui domine.

De cette prédominance du poétique, naît un fantastique entièrement nouveau. Il ne réside pas dans le dessin comme au temps des Voix intérieures, ni dans des oppositions de blanc et de noir ou dans la vie étrange des choses, comme dans Les Quatre Vents de l'Esprit. 11 est essentiellement poétique. Considérez, par exemple, le pittoresque fantastique

Page 1