I, vi, 2 : «Fuite en Sologne
Deux poèmes: Saisons des Semailles, le Soir et la Méridienne du lion doivent encore être cités. L'intention de peindre y est visible : le poète se propose évidemment de faire un tableau, et ilen ordonne les éléments avec un art infini. Mais ce n’est plus seulement par la couleur et le dessin que le poète nous représente les objets de sa vision. Il fait la psychologie de son sujet. Il peint par l'âme tout autant que par la forme extérieure de son modèle.’ Déjà, dans /a Légende des siècles, ilnous avait montré Adam et Eve
Adorant ce grand ciel que la lumière embrase, Heureux d'être, joyeux d’aimer, ivres de voir ‘.
Il nous dit aussi du semeur :
On sent à quel point 1l doit croire À la fuite utile des jours ?.
Il en va de même dans la Méridienne du lion. Une seule strophe est purement plastique.
Son souffle soulève son ventre, Son œil de brume est submergé.
Il dort sur le pavé de l’antre, Formidablement allongé.
Dans la première, le poète nous représente bien l'attitude, mais c’est en nous faisant pénétrer dans l’âme du lion :
Le lion dort seul sous sa voûte.
Il dort de ce puissant sommeil
De la sieste, auquel s’ajoute Comme un poids sombre, le soleil #.
La spiritualisation est plus nette encore dans le délicieux poème de l’Oubli où s'évanouit l'élément plastique dans le rayonnement de l’âme.