Actes et paroles, 4 vol
2. Il est possible que dans le sujet du « Dernier jour d’un condamné » Victor Hugo n’ait d'abord vu que la matière d’une œuvre d'art. Mais ce qui importe ici, c'est la manière dont il l’a traité, et qui lui donne en fait une portée sociale. Hugo n'a eu qu'une préface à écrire pour mettre ce caractère en relief.
3. Textes : Odes, I, 1 : & le Poète dans les Révolutions ». II, m1 : «la Bande noire », ete. Chants du Crépuscule, 1 : (A la colonne ». Les Rayons el les Ombres, 1 : « Au roi Louis-Philippe » ; xn : € À Laure, duchesse d'A.» Les Contemplations, II, xm : « la Chouette », etc., etc.
de sentiments et de pensées qui tendent tous à l'action, et non sur des émotions ou des passions purement intérieures. C'est pour cette raison même quil devait être porté vivement vers le théâtre, sans pouvoir s'élever beaucoup au-dessus du mélodrame. Son théâtre est tout en action et en discours, non en études d'’âmes. Il vaut par le lyrisme et par l’action, non par la psychologie. Et pour la même raison, il est un grand poète épique, l'épopée ne réclamant que des caractères généraux et des événements animés. Le meilleur de ses drames, les Burgraves, est un fragment épique.
Sa sensibilité active est par là même tournée vers le dehors, le monde extérieur étant le signalet le stimulant de notre action en même temps que la matière sur laquelle elle s'exerce. De là vient la place que tient l'imagination dans son tempérament poétique; de là son luxe d'images et de métaphores, emprunts au monde extérieur. Il a pu, dans la préface de la première édition des Odes, celle de 1822, rèver d'une poésie d’intimités, la poésie étant «ce qu'il y a d'intime dans tout ». En fait, il s’est trouvé rapidement entraîné vers la poésie pittoresque, avec les Ballades et les Orientales.
La sensibilité de Hugo le portait donc vers une poésie imagée et colorée. Mais une poésie imagée et colorée n'est pas nécessairement une poésie pittoresque. L'œuvre même de Victor Hugo l’atteste, où la part du pittoresque, au sens restreint que nous donnons à ce mot, demeure beaucoup plus restreinte que celle de l'image et de la couleur. D'où vient donc que l’image et la couleur ont évolué volontiers elles-mêmes dans le sens de la peinture ?
En premier lieu, il était doué d'une vue particulièrement perçante !. Sa vision étendue, claire, précise, lui permettant de saisir à la fois l'ensemble et le détail, le prédisposait à