Odes, IV, x1 : & le Chant du Cirque
2. Ibid., V, xvin : & Aux ruines de Montfort l’Amaury ». 3. Ibid., V, xix : le Voyage ».
Mais dans l’ensemble, le pittoresque reste lâche et diffus. L'art de grouper les différents objets de manière à suggérer au lecteur un tableau complet, où les détails sont tout à la fois concordants entre eux et subordonnés à l’ensemble, fait manifestement défaut. Nous sommes d'autant plus autorisés à voir dans ce manque de concentration et d'unité un effet de l’inexpérience, que l'évolution ultérieure du poète nous montrera un progrès presque continu vers la concentration et l'unité, et que très souvent le détail pittoresque lui-même présente le même manque de cohérence et de précision que l'ensemble, malgré l'effort visible du poète vers le pittoresque et la couleur. En effet, si l’on trouve dans les Odes et surtout dans les Ballades des vers qui font image !, il arrive aussi souvent que le tableau est comme délayé ou que l'image générale reste confuse.
Soudain à leurs regards une lueur rampante En bleuâtres sillons sur la hauteur serpente ?.
Rampante et serpente font double emploi ; le mot sillon est peu heureux, et se superpose maladroiïtement à lueur ; à leurs regards est explétif. Le poète est mieux inspiré lorsqu'il écrit :
Et de bleuîtres feux se croisent sur les eaux
Il disait déjà dans les Odes :
Tantôt d’une eau dormante, il lève son front bleu ; Tantôt son rire éclate en rouges étincelles ?.