Odes, V, vu : & le Cauchemar
Avec une recherche un peu naïve de la couleur, l’image demeure vague, diffuse. Le poète n’est pas encore sûr de lui. Il hésite et tâtonne.
Très colorées et très imagées, les Ballades, quoique marquant un progrès sur les Odes, restent au fond peu pittoresques. Visiblement, ici encore, le poète fait l'essai de son talent de peintre, mais il est encore loin d’avoir acquis la maîtrise et l'habileté technique qu'il aura plus tard. « Le faisan doré par l’âtre qui pétille... la stature — du brigand dontun sabre a chargéla ceinture !.. L'ombre joyeuse danse autour du noir foyer » ?, demeurent des vers isolés au milieu de compositions encore vagues. À peine peut-on relever de temps en temps une esquisse assez complète :
.… Son cheval caparaçonné
Qui sous son poids hennit, s'arrête, Et marche en secouant la tête,
De plumes rouges couronné 5.
Voici l'heure où les morts dansent d'un pied débile. La lune au pâle front les regarde immobile ;
Et le hideux vampire, Ô comble de frayeur, Soulevant d’un bras fort une pierre inutile
Traîne en sa tombe ouverte un tremblant fossoyeur “.
Une chose doit cependant nous frapper dans les Ballades, c'est la tendance à faire de l’ensemble d'un poème une vision pittoresque. Le voyageur isolé qui s'éloigne, accom-