Ibid., vi : Q la Fiancée du timbalier
4 Ibid., u : «le Sylphe ». La couleur de cette strophe qui fait penser aux ballades allemandes se retrouve, un peu atténuée, dans quelques vers des Orientales, xxur : « Fantôme », où le poète nous montre un spectre menant une jeune fille morte
à la danse fatale Au chœur aérien dans l'ombre voltigeant.
Et sur l'horizon gris la lune est large et pâle,
Et l'ardent ciel des nuits teint d’un reflet d’opale Le nuage aux franges d'argent.
pagné de son chien inquiet et hâtant dans la nuit son cheval résigné, forme déjà dans ses grandes lignes un tableau. On en pourrait dire autant de la Ronde du Sabbat (datée de 1825) qui a inspiré à Louis Boulanger la célèbre lithographie de 1828, où plus d’un détail indiqué par le poète se trouve scrupuleusement reproduit.
Mais ce qui fait le véritable intérêt des Odes et Ballades, c'est que nous y trouvons le germe de presque tous les genres de pittoresque propres à Hugo, ou du moins les tendances qui devaient donner naissance à ceux-ci. C'est d’abord le coloris brillant et le procédé successif des Orientales:
.. le hussard rapide Parant de gerbes d’or sa poitrine intrépide, Et le panache blanc des agiles lanciers, Et le dragon mêlant sur son casque gépide Le poil taché du tigre aux crins noirs du coursier !.
Nous retrouvons la même couleur éclatante dans les visions de l'Orient : la Fée et la Péri :
… le dôme d’étain du minaret des Maures ; La pagode de nacre au toit rose et changeant ; La tour de porcelaine aux clochettes dorées
Et dans les jonques azurées Le palanquin de pourpre aux longs rideaux d'argent ?.
Pluie d'été nous offre des exemples d'observation exacte comme nous en trouverons dans toute l'œuvre de Hugo, mais surtout dans la période qui s’étend des Feuilles d'automne aux Rayons et Ombres inclus.
On voit.
.… les monts, de la brume enfuie
Sortir, et ruisselants de pluie Les toits d’ardoise étinceler 3.