Ibid., xx : «la Légende de la nonne
grande composition achevée. Le détail fini est isolé, perdu et comme noyé dans un ensemble imparfait. Il faut arriver aux Orientales pour que le talent du peintre s'affirme dans sa
plénitude.
$ 2. — Période des réalisations : « les Orientales ».
Victor Hugo nous apprend lui-même que l'idée des Orientales Jui est venue en contemplant le coucher du soleil !, à une époque où il se livrait chaque soir à ce divertissement, et étudiait comme un peintre les effets de la lumière ?. M. Léopold Mabilleau en conclut, avec assez de vraisemblance, que la sensation d’éblouissant éclat laissée par cette poésie artificielle « est due sans doute à l’échauffement réel des yeux et de l'esprit qu'il s’est complu à chercher dans la contemplation de la plus violente lumière *». A l'appui de sa thèse, il peut noter qu'avec l'hiver et novembre, le beau rêve d'Asieavorte, comme le dit Victor Hugo lui-même !, et que le poète souhaite vainement voir surgir
Quelque ville mauresque éclatante, inouïe,
Qui comme la fusée en gerbe épanouie, Déchire le brouillard avec ses flèches d'or *.
Cette hypothèse de M. Mabilleau me semble d'autant plus acceptable que l’intense lumière des Orientales, exception faite pour les Soleilscouchants qui sont de même date 6, ne se retrouve plus dans les recueils ultérieurs. L'intensité de la lumière a pour corrélatifs l'éclat et la variété de la couleur. Jamais Victor Hugo n’a recherché avec