‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 41 sur 138 · Les Voix intérieures, 1v : QA l'arc de triomphe · texte numérisé non relu

Les Voix intérieures, 1v : QA l'arc de triomphe

La peinture est plus sobre ; la vision plus concentrée ; les objets sur lesquels le poète nous force à diriger nos regards sont moins nombreux ; le tableau est ramené à des proportions normales, la recherche de l'effet colossal est complètement délaissée. Seules subsistent partiellement la fantaisie et la couleur brillante des Orientales. Encore n'est-ce là qu’une dernière survivance. À part ce retour furtif au romantisme, c'est l’art classique qui domine. Le ton virgilien de certains poèmes serait déjà, par lui-même, un indice de l'orientation du poète ; la perfection avec laquelle il réussit à évoquer la Grèce antique en est un autre non moins probant. Sa sensibilité à l’art grec déjà visible dans les Chants du Crépuscule, où il nous montre une paysanne à l’œil fier,

Assise sur son char d'homérique origine Comme l'antique Isis des bas-reliefs d'Egine !,

apparaît mieux encore dans la peinture d'Athènes et de son Parthénon rêvant à l'artiste .… Qui versa de sa main

Quelque chose de beau comme un sourire humain Sur le profil des Propylées ?.

Ces vers témoignent en même temps d’une attention spéciale à l'élément spirituel de l’art, dégagé désormais de la forme sensible. Cette spiritualisation poétique du pittoresque, ici fugitive, s'affirmera plus nettement dans Les Rayons et les Ombres.

b) Les Rayons et les Ombres.

Pour grandes que soient les qualités du pittoresque des Voix intérieures, celui des Rayons et des Ombres les surpasse encore. L'art de Victor Hugo y est si parfait que dé-

Page 1