‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 44 sur 138 · Les Voix intérieures, v : « Dieu est toujours là · texte numérisé non relu

Les Voix intérieures, v : « Dieu est toujours là

2. Les Rayons et les Ombres, xvir : Spectacle rassurant ». 3. Ibid., xxxvi.

Mille petits rameaux noirs tordus et mélés,

Et se posaient partout, l’un par l’autre voilés,

Sur l'horizon, perdu dans les vapeurs informes Comme un grand troupeau roux de hérissons énormes.

La nature tient une grande place dans les Rayons et les Ombres. Hugo continue de l’observer, et la plupart des traits pittoresques qu'on relève dans ce recueil sont empruntés aux paysages et aux spectacles qui frappent quotidiennement nos yeux. € Le brouillard d’or qui monte des hameaux...— le lac d'azur semé de molles iles ! ».

Le groupe heureux qui joue au seuil de ta maison ; Un mendiant assis à côté d’une gerbe ;

Un oiseau ‘qui regarde une mouche dans l'herbe ; Les vieux livres du quai, feuilletés par le vent 2...

Et sur les coteaux verts dont s’emplit l'horizon Les immenses troupeaux aux fécondes haleines Que l’aboiement des chiens chasse à travers la plaine ®.

Son regard se plaît à suivre « les femmes sous l’église à pas lents disparues » #, « le scarabée ami des feuilles, le lézard — courant au clair de lune au fond d’un vieux puisard », à contempler « la faïence à fleur bleue où vit la plante grasse... — les marronniers, la verte allée aux boutons d’or, — la statue où sans bruit se meut l'ombre des branches », les fleurs qui « de l’ébénier chargeant le front superbe, — au bord des étangs clairs se mêlant au bouleau, — tremblent en grappes d'or dans les moires de l’eau... et le ciel scintillant derrière les ramées — et les toits répandant de charmantes fumées » 5.

Le pittoresque des Rayons et des Ombres, malgré son ori-

1. Les Rayons et Les Ombres, vu : &« Le monde et le siècle ».

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