‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 46 sur 138 · Les Rayons et les Ombres, x1iv : Q Sagesse · texte numérisé non relu

Les Rayons et les Ombres, x1iv : Q Sagesse

Au milieu des vapeurs par les vents remuées, Allumer au couchant un brasier de nuées ?

Pourquoi rougjir la vigne et jeter aux vieux murs, Le rayon qui revient gonfler les raisins mûrs ?

À quoi bon incliner sur ses axes mobiles : Ce globe monstrueux avec toutes ses villes,

Et ses monts et ses mers qui flottent alentour,

À quoi bon, ô Seigneur, l’incliner tour à tour, Pour que l'ombre l'éteigne ou que le jour le dore, Tantôt vers la nuit sombre et tantôt vers l'aurore !.

Ainsi le pittoresque de Victor Hugo est tout imprégné de panthéisme. Le sentiment de l’unité du monde transparaît dans la vision quele poète a des choses L’intuition à laquelle il est amené par la contemplation de la nature réagit sur cette contemplation même Nous verrons par la suite sa vision se transformer à mesure que son intuition de la nature et des forces naturelles deviendra plus profonde.Pourle moment, nous ne devons retenir de ce panthéisme implicite que la communion plus intime et le contact plus étroit de son âme avec la nature.

Son esprit ainsi tourné vers le réel délaisse le fantastique, et lorsque par hasard il l’aborde, il va le chercher dans l’œuvre des peintres où il peut l'observer comme un objet réel.

Les tritons que Coypel groupe autour d’une conque,

Les faunes que Watteau dans les bois fourvoya,

Les sorciers de Rembrandt, les gnômes de Goya,

Les diables variés, vrais cauchemars de moine,

Dont Callot en riant taquine saint Antoine,

Sont laids, mais sont charmants; difformes, mais remplis

D'un feu qui de leur face anime tous les plis Et parfois dans leurs yeux jette un éclair rapide ?.…

Déjà, dans les deux derniers vers qui sont admirables, se manifeste une tendance à faire prédominer sur l'apparence

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