‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 47 sur 138 · Les Rayons et les Ombres, vu · texte numérisé non relu

Les Rayons et les Ombres, vu

2. Ibid., xix : & Ce qui se passait aux Feuillantines vers 1813 ».

sensible l'élément spirituel de l’art. Cette tendance se développera de plus en plus dans l'œuvre de Hugo : elle entrera aussi en lutte avec -une tendance antagoniste qui l'incline de plus en plus vers le réalisme. Nous aurons l’occasion de l'étudier dans un autre ouvrage où nous la verrons opérer progressivement la désagrégation et la dissolution de l’élément pittoresque !. Ici, où nous nous en tenons au pittoresque réalisé dans la pureté de son type, nous ne devons nous en occuper que dans la mesure où elle renforce l’élément pittoresque sans l’altérer ni l’amoindrir. Or dans les Rayons et les Ombres elle le pénètre de toutes parts. Le poème Regard jeté dans une mansarde? nous en fournit un exemple éclatant.

La description de l'église est déjà très poétique :

L'église est vaste et haute. À ses clochers superbes

L'ogive en fleur suspend ses trèfles et ses gerbes ;

Le portail resplendit de sa rose pourvu ;

Le soir fait fourmiller sous la voussure énorme,

Anges, vierges, le ciel, l’enfer sombre et difforme, Tout un monde effrayant comme un rêve entrevu.

Mais le sentiment poétique est plus vifencore dans la description de la mansarde qu'habite la jeune fille :

Frais réduit ! à travers une claire feuillée

Sa fenêtre petite et comme émerveillée S'épanouit auprès du gothique portail,

Sa verte jalousie à trois clous accrochée, .

Par un bout s’attachant, par l’autre rattachée, S'ouvre coquettement comme un grand éventail.

Au dehors, un beau lys qu’un prestige environne, Emplit de sa racine et de sa fleur couronne

— Tout près de la gouttière où dort un chat sournois — Un vase à forme étrange en porcelaine bleue

Où brille avec des paons ouvrant leur large queue,

Ce beau pays d’azur que rêvent les Chinois.

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