Feuilles d'automne, xxxv : « Soleils couchants
sur les tas de nuées rouges qui ressemblaient à des braises, ils ressemblaient à des fumées !. »
Il n'a pas seulement le don du dessin et de la couleur, mais aussi celui de la composition. Il groupe, en peintre, les différents éléments de son tableau.
Adieu, la goëlette
Dont la vague reflète
Le flamboyant squelette,
Noir dans les feux sanglants ? !
Et ce tableau complet est quelquefois évoqué avec toute sa perspective, et ses divers plans diversement colorés :
« Le vent tordait cette immense pourpre de la bataille où les navires apparaissaient et disparaissaient comme des spectres. Au premier plan, le squelette noir de la corvette se détachait sur ce fond rouge ?. »
C’est ici le lieu de rappeler que Victor Hugo n'a pas été seulement un écrivain, mais un dessinateur, et un dessinateur très original #. Tous ses dessins, sans doute, n’ont pas la même valeur, mais un assez grand nombre dénotent une science profonde du clair-obscur, une grande aptitude à saisir les lignes essentielles d'un paysage, le don de la composition, de l'animation et de la vie. Ils ne donneraient d’ailleurs du talent pittoresque de Hugo qu'une idée fort incomplète, puisque la couleur y fait défaut et qu’ils se réduisent à des oppositions de blanc et de noir.
Le peintre est en même temps un sculpteur. S’il est capable de ne retenir de l’objet que ses couleurs et ses lignes, et de projeter sur un plan l'apparence sensible que la réalité lui présente, il peut aussi, quand bon lui semble, concentrer