‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 51 sur 138 · Cité par L. Mabilleau, p · texte numérisé non relu

Cité par L. Mabilleau, p

contours palpables et tangibles les contours colorés des choses. Pour cette raison même. elle devait surtout se manifester lorsque l'esprit du poète entrait en contact avec le réel, puisque la vision du monde extérieur est la condition et le signal de l'action que nous exerçons sur lui. Aussi voyons-nous le sens du relief devenir plus aigu chez Hugo au moment même où l'observation du réel se substitue chez lui au rêve pittoresque, soit que son attention s'applique aux vieilles architectures qu'il étudiait de si près, comme dans Notre-Dame de Paris, soit qu'elle commence à dépouiller la nature entière, comme dans les Voix intérieures. Dans les Voix inté:ieures, en effet, apparaissent tout à la fois un sens plus vigoureux du relief et un sens plus vigoureux du réel. C’est là, en effet, qu'on trouve pour la première fois des visions de sculpteur et d'orfèvre :

Cellini sourirait à votre grâce pure, Et dans un vase grec sculptant votre figure,

Il vous ferait sortir d'un beau calice d or, D'un lys qui devient femme en restant lys encor t.

On peut rapprocher de ces vers la description de la statue du Faune dans les Rayons et les Ombres :

A le voir là sinistre et sortant à moitié

De son fourreau noirei par l’humide feuillée,

On eût dit la poignée en torse ciselée,

D'un vieux glaive rouillé qu on laisse dans l’étui ?.

Il serait facile de multiplier les exemples Nous ne nous attarderons pas à reprendre ici ceux que nous avons eu déjà l'occasion de citer #. Notons seulement que la préoccupation croissante du dessin et du relief n abolit nullement le sens de la couleur. Le poème intitulé Passé offre précisément une al-

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