I, xxiv : ÇA Granville en
2. IT, xx1 : « Ecrit sur la plinthe d’un bas-relief antique ».
3. Hugo s'était déjà orienté dans ce sens avec « le Géant » (Ballades, v). 4. II, 11 : «le Rouet d'Omphale ».
C'est le romantisme de la mythologie grecque qui revit ici.
Après la mythologie, le paysage nous donne de nouveaux indices d'une transformation prochaine. Le procédé de notation dont use si volontiers Hugo dans ses carnets de voyage, et en particulier dans le Rhin, apparaît dans un poème fort curieux :
À droite, vers le nord de bizarres terrains, Pleins d'angles qu'on dirait façonnés à la pelle, Voilà les premiers plans ; une antique chapelle Y mêle son aiguille et range à ses côtés Quelques ormes tortus aux profils irrités,
Qui semblent, fatigués du zéphyr qui s'en joue, Faire une remontrance au vent qui les secoue. Une grosse charrette au coin de la maison
Se rouille, et devant moi j'ai le vaste horizon, Dont la mer bleue emplit toutes les échancrures. Des poules et des coqs étalant leurs dorures Causent sous ma fenêtre.
Et plus loin :
Je vois en pleine mer passer superbement Au-dessus des pignons du tranquille village Quelque navire ailé qui fait un long voyage !.
Avec la prédominance du relief sur la couleur, apparaît la tendance du poète à prêter aux choses des attitudes ou une physionomie humaines « le profil irrité des ormes » et à préférer par conséquent l'expression au dessin. Cette tendance qui s'affirme à chaque instant dans le Rhin, et dont nous avons également trouvé des exemples dans Notre. Dame de Paris, n'implique encore ici aucune déformation
de la vision ?.
1. II, vi: « Lettre ». Cf. Dernière Gerbe, 1 : € Fragments de lettre », pale
2. Voyez en particulier ce qu'il dit des ormes auxquels il reconnaît tan. de formes fantastiques. (Le Rhin, n : & Lettre », Montmirail, Montfort, Epernay.) Cf. infra Introduction.
Mais ce qui domine dans les Contemplations, c'est la peinture de l'être humain reproduit soit pour sa physionomie,
soit pour son attitude :
Elle était déchaussée, elle était décoiffée, Assise, les pieds nus parmi les jones penchants..
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts, La belle jeune fille effarée et sauvage, Ses cheveux dans ses yeux et riant au travers !.
Dans les recueils antérieurs, le poète ne nous avait pas
encore représenté le visage humain avec cette netteté. La
peinture des attitudes est également plus précise, plus réa-
liste :
Rose droite sur ses hanches Leva son beau bras tremblant Pour prendre une mûre aux branches ?.
Dans mon allée habite un cordier patriarche Vieux qui fait bruyamment tourner sa roue et marche A reculons, son chanvre autour des reins tordu à.
Rappelons encore la Fête chez Thérése, citée plus haut,
et dont nous avons signalé la ressemblance avec l’art du
siècle et arrètons-nous sur ce portrait si net et si
énergique
Le
Un soir, dans un chemin, Je vis passer un homme Vêtu d'un grand manteau comme un consul de Rome, Et qui me semblait noir sur la clarté des cieux.
Ce passant s'arrêta, fixant sur moi ses yeux Brillants et si profonds qu'ils en étaient sauvages {,
poème, daté de 1843, appartient nettement à la
deuxième manière du poète par la couleur générale et par l'accent. C'est déjà la représentation du visionnaire. Ce fait
Lea 2.1 3. TT, 4.]
I, 1: CEcrit sur un exemplaire de la Divina Commedia ».
xx : € Vieille chanson du jeune temps ».
vi: « Lettre IT ».
n'a d'ailleurs rien qui nous puisse surprendre, car on trouve déjà dans le Rhin publié en 1842 des pressentiments de sa future manière !. Le poète affectionne déjà les tons noirs dont il fera plus tard un si grand usage. On les retrouve dans cette esquisse datée de l'exil, où revit dans une certaine mesure le pittoresque antérieur :
.… J'y rencontre parfois, sur la roche hideuse,
Un doux être, quinze ans, yeux bleus, pieds nus, gardeuse De dindons, habitant au fond d’un vallon noir
Un vieux chaume croulant qui s'étoile le soir 2.
C'est à la fois le procédé de notation un peu brusque de ses récits de voyages, le souci d'observation exacte des recueils précédents, et le goût du noir et de l’étoilé, si visible dans les Contemplations. Quelles que soient les dates exactes des poèmes (et nous avons vu qu'il était vain de prétendre les déterminer exactement), le mélange des divers procédés et des inspirations diverses, les analogies multiples qu'on y peut relever avec la manière antérieure et la manière ultérieure de Hugo suffisent à mettre en relief le caractère éminemment transitoire du recueil. Un court poème, entièrement descriptif, et sur la date duquel nous ne pouvons guère hésiter, puisque le ton, le sujet, l'inspiration, la prouvent antérieure à la mort de Léopoldine Hugo, survenue le 4 septembre 1843, nous apparaît également comme intermédiaire entre le pittoresque des Rayons et Ombres et celui qui domine dans le deuxième volume des Contemplations :
Dans.le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe, L'une pareille au cygne et l’autre à la colombe,
Belles, et toutes deux joyeuses, Ô douceur !
Voyez, la grande sœur et la petite sœur
1. Voyez la lettre XVIII : « Bacharach », description d’un incendie qui nous a valu peut être l'incendie de la Tourgue dans Quatre-vingt-treize et la lettre XX : « de Lorch à Bingen », excursion à la Maüsethurm.