‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 60 sur 138 · II, xxvi · texte numérisé non relu

II, xxvi

sition de traits pittoresques dont l’ensemble ne forme qu’un tableau confus. Mais rien ne montre mieux la subordination croissante du pittoresque au poétique que ces vers où le tableau s'élargit et se dissout dans le sentiment de l'infini, par une admirable transition du dehors au dedans et du sensible au spirituel. |

A l'heure où le soleil se couche, où l'herbe est pleine Des grands fantômes noirs des arbres de la plaine Jusqu'aux lointains coteaux rampant et grandissant, Quand le brun laboureur des collines descend

Et retourne à son toit d'où sort une fumée,

Que la soif de revoir sa femme bien-aimée

Et l'enfant qu’en ses bras hier il réchauffait,

Que ce désir, croissant à chaque pas qu’il fait, Imite dans son cœur l'allongement de l'ombre {.

Nous retrouvons donc dans les Contemplations le pittoresque des Rayons et Ombres, avec les mêmes tendances poétiques et panthéistiques, mais en même temps avec un goût nouveau pour l'ombre, le noir, le clair-obscur, avec un réalisme plus prononcé ?. Nous y trouvons en même temps des exemples d’une nouvelle manière de peindre que nous devons réserver pour la seconde partie de cet ouvrage.

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