‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 67 sur 138 · Ballades, 1 : (Une Fée · texte numérisé non relu

Ballades, 1 : (Une Fée

manière, l'opposition du blanc et du noir devient celle de l'ombre et de la lumière !. Le noir n'est plus une couleur particulière, mais la négation de la couleur. En même temps, les couleurs sont souvent atténuées, les teintes amorties, la lumière diffuse, et par une conséquence assez naturelle, il arrive que le poète se complaise dans la description de formes vagues et indécises. :

Les étoiles, points d'or, percent les branches noires. Leflot huileux et lourd décompose ses moires

Sur l'océan blémi.

Les nuages ont l'air d'oiseaux prenant la fuite 2...

Je passe; enfants, troupeaux s’effacent dans la brume. Le crépuscule étend sur les longs sillons gris Ses ailes de fantôme et de chauve-souris ?.

Dans cette plaine vaste, impénétrable et morne, Comme un serpent hésite à travers les roseaux, Un fleuve né d'hier trainait ses pâles eaux

Et découpait une île au pied du coteau sombre f.

Les constellations jetant leur lueur pâle Jusqu'au lit ténébreux de la grande eau fatale Et sous l'onde, et parmi les effrayants roseaux, Dessinant la figure obscure des vaisseaux...

Eclairaient vaguement ces squelettes difformes ?.

Alors, dans le silence horrible, un rayon blanc, Long, pâle, glissera, formidable et tremblant Sur ces haltes de nuit qu'on nomme cimetières î.

Rien ne fait mieux saisir sur le vif le changement qui s’est opéré dans l'art du poète que la comparaison des deux descriptions de l'Egypte qu’il a données dans les Orientales

1. Les Quatre Vents de l'Esprit : « Livre lyrique », xx1 ; « En marchant la nuit dans un bois ».

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