‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 7 sur 138 · O1 & © ND · texte numérisé non relu

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Il voit, comme un bas-relief, une ruée de soldats à bataille : :

Tous poussant au combat le cheval qui hennit,

Le drapeau qui se gonfle et le canon qui roule, A l'immense mêlée ils se rueront en foule !.

Il modèle :

Quand la plaine est là, ressemblant A la morte, dont un drap marque L'’obseur profil sinistre et blanc ?.

Ils gisent dans le champ sinistre et solitaire. La neige les modèle avec son linceul blanc *.

Il campe superbement ces étranges statues équestres :

On voyait des clairons, à leur poste gelés, Restés debout, en selle et muets, blancs de givre, Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre .

Par un procédé inverse de celui qu'il emploie quandil

la

plaque les objets sur l'horizon, il fait saillir les formes, et

voit en relief ce qui de soi-même se présenterait plutôt

comme une peinture. C’est ainsi qu'il compare la « rondeur

échancrée » du soleil à « la coupole dorée d’un palais d’o-

rient dont on approcherait » 5. Il se plaît à évoquer, avec

un sens très vif du relief et de la distance, des architec-

tures colossales.

Quelquefois, sous les plis des nuages trompeurs, Loin dans l'air, à travers les brèches des vapeurs, Par les vents du soir remuées, Derrière les derniers brouillards, pius loin encor, Apparaissent soudain les mille étages d’or D'un édifice de nuées.

1. Voix intérieures, 1v : « A l’arc de triomphe », 8. 2. Contemplations, HI, xxx, 3.

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