Feuilles d'automne, xxxvur : « Pan
Et l'œil épouvanté par delà tous les cieux, Sur une île de l’air au vol audacieux Dans l’éther libre aventurée, L'œil croit voir jusqu'au ciel monter, monter toujours Avec ses escaliers, ses ponts, ses grandes tours, Quelque Babel démesurée !,
Le relief, grâce au puissant mouvement d’ascension créé par la pensée et soutenu par le rythme, est magistralement évoqué malgré l'imprécision voulue du dessin. Avec la même tendance à modeler les formes par l'action, Victor Hugo nous donne volontiers des architectures d’un dessin plus net :
Avec les toits brûlants, les villes enflammées, Le noir temple du deuil par les vents est construit.
On voit d'ici monter ces énormes fumées, Colonnes torses de la nuit ?.
Il imagine en architecte la masse et l'équilibre puissant des nuages :
Je voyais comme on dresse au lieu d’une victoire Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil, A l'endroit où s'était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées *.
La vision architecturale est parfois singulièrement originale et précise. Le sculpteur de bas-reliefs impose sa forme à la réalité, suivant les exigences de son art.
«Le régiment tourne en spirale à l’entour d’une montagne qui ressemble alors à ces colonnes triomphales autour desquelles montent des bataillons de bronze #. »
On peut rappeler à ce propos le goût très vif qu'il a pour l'architecture, source d'innombrables métaphores empruntées