Dieu, 1, 2 : « les Voix
.… Devant un grand feu de fagots, vif et clair, Ta broche plie, offrant lés lièvres et les cailles A la bûche qui rit, monstre aux rouges écailles !.
Les soupiraux d'en bas teignent de leurs rougeurs Le mur sinistre auquel s’adosse Jérémie ?.
Ainsi rougit dans l’ombre une face farouche Qui vient sur un tison souffler à pleine bouche .
Et l’on eût dit l'épée effrayante du ciel Rouge, et tombée à terre après une bataille #.
Rougeur de la flamme, reflet du feu, flamboiement, offrent au poète un autre avantage. Ils se prêtent à des effets saisissants, bien autrement puissants que le simple contraste des nuances. Comme certaines oppositions de blanc et de noir, et mieux encore qu'elles, ils répondent aux exigences de l'art romantique.
$ 2. — L'accentuation du relief, la précision du dessin et la concentration du pittoresque.
La poésie des Méditations estessentiellement fluide. Lamartine atténue la couleur et le contour aussi bien que le son. Il emploie des rimes et des sonorités douces comme Hugo les rimes et les sonorités éclatantes. Sa poésie se déroule ainsi qu’un fleuve avec la mobile fluidité et la claire transparence qu'on retrouve dans Î Oiseau et l'Insecle de Michelet et dans l'Evolation créatrice d'Henri Bergson. « Chez Lamartine, écrit justement M. Mabilleau, l'image n'évoque jamais la résistance de la saillie, la solidité du contour, le relief coloré ou la cavité sombre d’une nature immobile. » Il atténue les données sensorielles : il fait le plus grand usage du mouvement et