d., ibid, Victor Hugo, H
LA CONCENTRATION DE LA VISION s#* 119
sa vision, sous l'influence. des émotions qui l'agitaient et de l'impression quil voulait produire, se trouvait elle-même à un plus haut degré de tension .et d'effort.
En fait, cette tension du regard est visible dans la Légende des siècles où le pittoresque, très souvent, tient uniquement au relief et au contour On trouverait difficilement dans les premiers recueils des impressions de saillie aussi vives et aussi nettes que celles-ci :
Entre chaque créneau se dressait, formidable, Upne corne de buffle ou de rhinocéros :.
Et de brusques écueils surgissaient 2...
Une multitude de traits pittoresques où le relief et le contour sont tout attestent le progrès qui s'est fait dans la manière du poète : « les enchevêtrements de racines vivaces », les « casques brisés roulant comme des cruches vides », « les mitres figurant de plus gros fers de lance », « des viandes à des crocs comme dans un charnier » et tant d'autres *. Le poète est aussi amoureux des formes qu'il l'était autrelois des couleurs.
Par une conséquence logique, la netteté, la précision et la dureté des contours se font davantage sentir. Le dessin de la Légende est généralement très accusé, et aboutit même parfois à la simplification de l'objet :
Un Titan enterré dont on voit le talon,
Ce dur talon fendu d’une affreuse manière, Voilà l’antre .
Cette netteté du dessin aboutit quelquefois à un pitto-
resque d’une extraordinaire précision.