‹ Le Pittoresque: Dans le Lyrisme et dans l'ÉpopéeChapitre 77 sur 138 · xv : « Eviradnus · texte numérisé non relu

xv : « Eviradnus

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4 La Légende des siècles, xxxt : « le Régiment du baron Madruce ».

Il est intéressant, à ce point de vue, de comparer le pittoresque des Orientales et celui de la Légende. Dans le premier de ces recueils, la couleur l'emporte sur le dessin qui demeure généralement moins précis, n'aboutit en aucun cas à la simplification de l'objet. L'image, pour vive qu'elle soit, ne revêt jamais ce caractère presque hallucinatoire qu elle prend couramment dans la Légende. Il arrive très souvent dans les Orientales que les traits successifs du tableau élargissent la description sans la préciser davantage :

La voyez-vous passer la nuée au flanc noir, Tantôt rouge, tantôt pâle, et splendide à voir, etc.

La peinture dans son ensemble est plus libre, parce que le poète passe aisément d'une forme ou d’une couleur à une autre !, se laisse conduire par la beauté des apparences et la grâce des formes. Dans la poésie épique, le dessin est plus serré. Les traits successifs constitutifs d un même tableau se complètent et se précisent : au lieu de se juxtaposer, ils se pénètrent. D'où l'énergie concentrée de l'ensemble.

Le lion étreignit la chair sous la cuirasse, Et fauve, et sous sa grifle ardente pétrissant Ce fer et cet acier, il fit jaillir le sang

Du sombre écrasement de toute cette armure Comme un enfant rougit ses doigts dans une mûre ?.

Victor Hugo écrit, par exemple, dans les Orientales :

Voilà l’infortuné gisant, nu, misérable, Tout tacheté de sang, plus rouge que l'érable Dans la saison des fleurs *.

Il écrira dans la Légende :

1. Il emploie en effet très volontiers le pittoresque successif ou alternatif dont on trouve des exemples dans Grenade : {soit que... soit que... » et dans Dicté en présence du glacier du Rhône : « Tantôt... tantôt... ».

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