x1x : « À un riche
4. Les Quatre Vents de l'Esprit : « En plantant le chêne des Etats-Unis d'Europe ».
Comme on sent qu'il y croit ! Comme la vie réelle et idéale tout ensemble qu'il incorpore au chène sert puissamment à en accuser et à en modeler la forme‘ !
Mais la vie qu'il met ainsi dans les choses n’a pas seulement pour effet de renforcer la vision plastique. Elle engendre aussi un genre de pittoresque dont le poète, dans ses premières œuvres, ne nous avait point donné d'exemples. La force interne dont il animait les objets, déforme ceux-ci par son excès même. Et lorsque le goût du clair-obscur d'une part et d'autre part le sentiment de l'étrange, du surnaturel et du mystérieux se seront éveillés en lui, il nous donnera des compositions singulièrement originales et saisissantes.
Le premier germe de cet art apparaît dans les Voix intérieures, où déjà nous avons vu l'arbre tordre « ses bras douloureux ».
A relever encore cette strophe des Rayons et Ombres, unique dans tout ce recueil :
Il va ! La brume est sur la plaine; Le vent tord l’arbre convulsif ;
Les choses qu'il distingue à peine Ont un air sinistre et pensif ?.
Ce pittoresque spécial, où apparaît une déformation de la vision dont certains dessins de Hugo nous offrent l'exemple ?, se retrouvera par la suite fréquemment dans son œuvre.
Le soir vient ; l’horizon s’emplit d'inquiétude ; L'herbe tremble et bruit comme une multitude ; Le fleuve blanc reluit ;
1. I] disait dans les Voixintérieures : « L'antre.. qui semble une bouche avec terreur ouverte » (xxt). [l dira dans la Légende des siècles : « Les antres froids ouvrant la bouche avec stupeur » (xxu, 2).