HISTORIQUE
Le mot Pityriasis fut employé dès la plus haute antiquité.
Les premiers médecins s’en servaient fréquemment pour désigner des affections variées. GALIEN applique cette expression aux individus porteurs de pellicules dans les cheveux ærvoov=son de blé). MEercurraris décrivant le prurigo considère celte expression comme identique à celle de Pityriasis lorsqu'il différencie l’eczéma du Pityriasis.
Ce n’est qu'avec Wiczan et BaATEmAN (16) en 1799 que la notion nosologique du Pityriasis prend corps et que se restreint le sens du terme Pilyriasis, qui vient prendre place dans l’ordre des squames à côté du Pityriasis et de l’ichthyose.
WiLLan (337) distinguait 4 variétés dans le genre Pity-
riasis.
ice
Le Pityriasis capilis, rubra, versicolor et nigra. Dans celte classification on ne trouve pas de descripiion correspondant au Pityriasis rosé de GIBERT.
Bierr (36) et CAZENAvE en 1820 äadmettent le Pitvriasis de WiLLax et, comme lui, en font une véritable maladie.
Raver décrit un Pitvriasis sans aucun rapport avec celui de GIBERT.
ALIBERT (7) place le Pityriasis dans le groupe des dermaoses dartreuses el, sous le nom d'Herpès furfureux volatil, le range dans le genre Herpès.
Enfin c’est en 1860 que Bazin (17) et GirExT (124), trouvèrent la première description de l'affection qui nous occupe.
En effet, contrairement à l'opinion classique ainsi que le siognale si justement PAPoxNET (253), c'est à Baz:\ el non à GiserT que semble revenir le mérite d'avoir pour la première lois signalé cette affection confondue jusqu'alors avec les autres variétés du genre Pitvriasis et de l’eczéma.
Dans ses leçons professées à l'Hôpital St-Louis Bazix (18) lait la description d’une affection qui correspond à notre Pityriasis rosé et à laquelle il donne le nom de « Pitvrias’s aigu disséminé », le considère comme un pseudo-exanthème lébrile et dont la résolution se fait au bout de deux à quatre semaines. Suivant l'aspect de l’éruption, il en distingue
2 variétés : macula et circinata.
Il reprendra plus tard l'étude de l'affection sous le nom de Pilyriasis rubra aigu, dont il distingue encore deux formes : Pityriasis rubra circinata et Pilyriasis rubra maculata, el, considérant cette dermatose comme un pseudo-ervihème de cause interne, il la place dans le groupe des arthritides.
La même année GIBERT (124), décrit pour la première fois à côté des 4 variétés de Pitvriasis de WiLLAN, un nouveau type de Pityriasis rosé, le range entre le Pilyriasis simplex et le Pityriasis rubra.
La magistrale description clinique qu'il en donne est demeurée classique :
« De petiles taches furfuracées très légèrement coloriées, irrégulières el d’une étendue qui ne dépasse guère celle de l’ongle, nombreuses et rapprochées quoique séparées toujours par un intervalle de peau saine, prurigineuses, qui se répandent sur les parties supérieures du corps, de préférence sur le cou, le haut de la poitrine, le haut des bras, mais peuvent successivement se propager de haut en bas, jusque sur les cuisses, de sorte que la durée totale de l'éruption qui s’efface peu à peu dans les parties qu’elle avait occupée en premier lieu, à mesure qu'elle descend plus bas, se prolonge assez ordinairement pendant 6 semaines à 2? mois.
Cette éruption plus commune chez la femme que chez l’homme, s'observe assez fréquemment durant la saison chaude de l’année.
Elle ne se montre guère que dans la jeunesse et sur les individus dont la peau est blanche, fine et délicate. »
Désormais le Pityriasis rosé est individualisé. Pourtant on le trouve mentionné dans les ouvrages de cette époque, sous les appellations les plus diverses et il faudra attendre quelques années avant de voir admettre définitivement par les dermatologistes l'affection décrite par GiIBERT, connue désormais sous le nom de Pityriasis rosé de GIBERT.
Harnpy (145) le décrit sous 2 variétés d’après la topographie de l’éruption :
« Pilyriasis circiné » lorsque les éléments éruptifs sont circonscrits et bien délimités.
« Pityriasis disséminé » lorsque l’éruption est étendue et envahissante.
pie
Il n’admet pas le Pityriasis comme une affection bien individualisée (146) :
« Une époque n'est pas très éloignée où le Pityriasis, du moins dans quelques-unes de ses formes, disparaîtra du cadre nosologique comme entité morbide. »
C'est également l’avis de Vinaz qui semble réserver le nom de Pityriasis à l'affection décrite par GiBerT (124). « Si l’on conserve ce nom, il ne devra plus servir qu'à désigner un mode de desquamation par petites écailles furfuracées et nullement une espèce pathologique. »
Son élève Merrox 1223) montre que les différents aspects maculeux et circinés ne sont que des aspects divers de la même affection, celle-ci étant examinée à divers moments de son évolution.
Pourtant c'est VinaL (325) qui en 1882 sépare du Pityriasis rosé une affection qu'il décrit sous le nom de « Pilyriasis circiné el marginé » provoquée d’après lui par un championon «le microsporon 4nomæon où dispar » introduisant pour la première fois une notion parasitaire crvptogamique.
Précédemment Honanp (158) avail décrit une affection qu'il croyait nouvelle : le Pilyriasis circiné; d'après ses observations il s’agit vraisemblablement du Pitvriasis rosé de GIBERT.
Vers la même époque Nicocas (241) consacre sa thèse à l'étude de cette affection sous le nom de « Roséole squameuse ». Il l’étudie sans en expliquer la nature, remettant seulement l'hypothèse du rôle primordial joué par le système nerveux.
Laissant de côté les descriptions de ses devanciers CHaA- PARD (69) propose également le terme de « Roséole squameuse » que lui avait si judicieusement donné Fournier. Mais cette expression, basée sur l'aspect clinique de l'affection, n'eut pas la fortune méritée. Comme son maître FOURNIER, il en fait un « pseudo-exanthème ».
lot —
Dans leur traité, HiLarer et Gaucrer (154), décrivent 4 variétés de Pityriasis, simplex, rubra, pilaris et rosé de GiserT, dont ils envisagent 2 formes : maculata et circinata.
Piexor (271) la même année, donnait une description netle du Pitvriasis rosé, le considérait comme une entité morbide bien individualisée et, comme Vipaz, il en séparait le Pityriasis circiné dont l’étiologie mycosique ne fait aucun doute pour lui.
Dès lors, le terme de Pityriasis rosé de GiBerr étant définilivement admis, les auteurs vont désormais s’efforcer de rechercher la nature de l’affection et étudier l’anatomie pathologique des lésions.
JACQUET (162) insistait, après Boucnarn (44), sur la fréquence de la dilatation de l’estomac pour considérer le Pityriasis rosé comme le résultat d’une auto-intoxication d’origine gastrique.
MoinGEARD (233), dans sa thèse, résumait la question telle qu'elle se présentait en 1889; il insistait particulièrement sur la non récidive de l'affection ainsi que l’avait signalée avant lui TaiBierGE et sur son évolution cyclique, il concluait que le Pityriasis rosé est un exanthème vrai.
Broca (48), signalait le mode de début particulier et habituel de l'éruption, par un élément unique, persistant seul pendant quelques jours, auquel il donnait le nom de « plaque primitive » du Pityriasis rosé, L'évolution si spéciale de Paffection en deux temps bien distincts avec la plaque primitive d'une part, l’éruption secondaire d’autre part, le conduisait à considérer l'affection, par analogie avec la svphilis avec son chancre et sa roséole secondaire, comme le résultat d’une infection générale de l'organisme.
Poursuivant l'étude du Pityriasis rosé BrocQ (51) est amené à décrire de nombreux faits de passage, reliant celte affection aux dermatoses qu'il groupe sous le nom de « sébor-
rhéides psoriasiformes » d'abord, puis, plus tard, sous le nom de « parakénatoses psoriasiformes el qui correspondent à l’eczéma séborrhéique de Unna. Il est ainsi amené à considérer l'existence de parakératoses psoriasiformes à type de Pityriasis rosé de Gisert. Le Pityriasis rosé typique est pour lui une éruption par infection générale de l’organisme, « une sorte sorte de pseudo-exanthème infectueux ».
En 1922 (53) se basant sur l’observation de 3 cas dans lesquels le Pityriasis rosé s’élait produit à la suite de nombreuses piqüres de puces, BRocQ à exprimé l'hypothèse que l’inoculation de l'agent se faisait par l'intermédiaire de la puce.
Taisierce (308) signalait le premier l'absence de récidive du Pityriasis rosé et, insistant sur le polymorphisme ordinaire de l’éruption qui lui paraît un des caractères morphologiques les plus remarquables de l'affection, concluait à une infection générale. La non récidive, le développement saisonnier en série de l'affection, la systémalisaton des lésions se rapportent ordinairement à une affection de cet ordre.
SABOURAUD (287), fait une bonne étude analomo-pathologique des éléments éruptifs et décrit la vésiculelle primordiale qu'il croit particulière au Pityriasis rosé.
L'absence de microbes, la présence de leucocytes mononucléaires, dépourvus de tout pouvoir phagocvlaire, dans le liquide des vésicules histologiques, le conduit à faire de cette affection « un érythème vésiculeux de cause interne à déterminer, qui serait placé à côté des érythèmes polvymorphes ».
C’est en 1912 que pu Bois (42), de Genève, signale un fait d’une importance capitale, qui semble montrer l’orivine mycosique de l'affection. Il rapporte 3 cas : un Pilvriasis typique et deux éruptions érythémato-squameuses se rapportant, l’une aux parakératoses disséminées à type de Pitvriasis rosé, l’autre au Pilyriasis circiné et marginé de VipaL.
\ l'examen microscopique des squames, il a rencontré un parasite cryptogamique spécial auquel il donne le nom