‹ Le Pityriasis Rosé de GibertChapitre 23 sur 69 · III. — ORIGINE EXTERNE · texte numérisé non relu

III. — ORIGINE EXTERNE

Dans ce groupe, nous décrirons les théories microbiennes et les théories mycosiques.

À. — Théories microbiennes

a) Origine staphylococcique. — Le rôle pathogène du staphylocoque dans le Pitvriaris rosé fut soutenu par deux auteurs allemands, GoErz (126 et Vorcr (328).

Ceux-ci examinèrent deux cas de Pityriaris rosé qui avaient élé précédé, l’un d’impétigo, l’autre d'herpès tonsurans.

Ils ont pu démontrer la présence du staphvlocoque dans les squames qu'ils avaient soumises à des cultures. Ils conclüaient au rôle pathogène du staphylocoque.

Toutefois, ils admettaient qu'il fallait une certaine disposilion individuelle.

b) Origine streptococcique. — L'origine streptococcique est soutenue par M. Mrrrax (226) et ses collaborateurs.

En 1927 M. Périx (259) rapporta à la Société de dermatologie le cas d’une fillette de Gas, ayant présenté un impétigo bulleux streplococcique suivi d’un Pitvriaris rosé de GIBERT typique.

Il plaide en faveur de l’origine microbienne de l'affection el appuie son hypothèse sur

l° des arguments cliniques

— Début par des phénomènes généraux.

— Présence d’une ou plusieurs plaques initiales. — Absence de récidives.

— Evolution cyclique.

nt

2° des arguments biologiques

— Intradermo-réaction positive.

— Présence effective du streptocoque dans les lésions. Les squames prélevées et cultivées révèlent en effet la présence du streptocoque.

Dernièrement, M°”° Leconte (197), élève de Mirraw, a présenté une thèse où elle rapporte 34 observations de malades chez lesquels l’intradermo-réaction au streptocoque avait été positive.

L'auteur insiste sur cette réaction; elle emploie un filtrat de bouillon de culture préparé avec 35 souches de streptocoques humains d'origines différentes.

Quelques goultes sont injectées de manière à produire une élevure blanchâtre de la grandeur d’une pièce de 50 centimes.

Considérée comme sub positive lorsqu'après 24 à 48 heures apparaît une zone lécèrement rouge ou rose, uniformément teintée non infiltrée et ne dépassant pas la taille d’une pièce de 5 francs.

La réaction est regardée comme positive lorsqu'après Île même délai on constate une zone franchement inflammatoire, bicolore avec un centre rouge ou rouge vif de 0,50 à 1, entourée d’une surface rosée ou violacée plus pâle qui peut avoir la dimension d’une paume de main.

C’est également l'avis de Gourviren (126 bis). Dans un mémoire très documenté, il rapporte 85 observations de PtYriasis rosé. Chez 55 de ses malades il a recherché leurs réaclions aux vaccins streptococcique et staphylococcique en leur injection à l’avant-bras intradesmiquement 0 ”, 1 de chaque, parallèlement à une introduction de solution physiologique. Sur ces 55 épreuves intradesmiques, 51 furent positives au streptocoque contre 5 seulement au staphylocoque.

De plus, il a traité 26 de ses malades par des injections sous-cutanées de vaccin sireptpococcique aux doses de : 0,5,

TG

0,8 et 1 ec. à trois ou quatre jours d'intervalle. Sous l'influence de cette médication, l’éruption se serait estompée et la durée de l'affection aurait été raccourcie.

c) Origine mixte. — Oro et Mosca (249), en examinant les squames de malades atteints de Pityriaris rosé, constatèrent la présence, soit de bacillus subtilis, soit du staphylocoque doré ou du streptocoque pyogène. Ils signalèrent le fait sans prendre position.

Jacquer (163) avait signalé au cours de différents examens de squames traitées au violet de gentiane, la présence de quelques rares bâtonnets et surtout de diplocoques.

BLascuko (37) a constaté une série de cocci en forme de colonnes nettes à l'examen de squames, même constatation dans l’infundibulum des glandes.

Ces faits sont signalés sans y attacher d'importance.

Dans le même ordre d'idées, nous mentionnerons les recherches de M. E. LerTAT-JaAcor (211) qui, pour étudier les parakératoses et les différencier d’affections similaires telle que le pityriasis, se servit d’une technique ingénieuse dite de la « bulle provoquée ».

Il a trouvé dans le liquide, issu de cette phlystène, des colonies microbiennes. Les réponses, il est vrai, n’ont pas toujours été semblables.

Dans deux cas d'éruption à tvpe de Pityriasis rosé, il a trouvé une fois des staphylocoques, une autre fois des streptocoques.

Il a toujours trouvé parité microbienne entre le foyer porte d'entrée et les lésions érythémato-squameuses consécutives ou contemporaines des lésions initiales.

D'après lui, l’éruption pityriasique serait secondaire à un petit fover d'infection qui serait la porte d’entrée du microbe ayant occasionné l'accident initial.

B. — Théories mycosiques

Celles-ci feront l’objet du chapitre suivant.

ETIOLOGIE MYCOSIQUE

Elle fut une des première en date, mais à cause de la confusion qu'elle occasionnait avec les trichophyties elle fut vivement combattue.

Les Dermatologistes viennois pensaient en effet que le Trichophyton tonsurans élait responsable de l’herpès tonsurans maculosus, notre Pityriasis rosé d'aujourd'hui.

Page 1