‹ Le placenta des rongeursChapitre 11 sur 88 · PRE A · texte numérisé non relu

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ne peut se faire qu'en repoussant vers l'hémisphère inférieur de l'œuf tout l'hémisphère supérieur de la vésicule ombilicale. L'intelligence de ce phénomène sera facile par l'inspection des séries de figures d'ensemble (fig. 26, pl. LT; figures 34, 36, 38, pl. IV) que nous avons multipliées à cet effet.

La figure 26 nous montre que, des deux parois du cœlome (PP), l’une, la supérieure, formée par l’ensemble des deux ectoplacentas (éléments ectodermiques et feuillet fibro-cutané) et par suite adhérente aux cotylédons, est fixée et ne peut se déplacer; l’inférieure au contraire (HS), formée par le feuillet fibro-intestinal et l’entoderme de l'hémisphère supérieur de la vésicule ombilicale, n’a de fixé que sa périphérie, au niveau du sinus terminal (ST), et rien ne l'empéchera par exemple de se déprimer vers l’intérieur, vers le centre de la vésicule ombilicale (de haut en bas dans les figures), d'autant que le contenu de la vésicule ombilicale est graduellement résorbé par les progrès du développement. Or comme le corps de l'embryon augmente rapidement de volume, que le cælome se dilate en conséquence, ce déplacement de la paroi inférieure du cœlome (hémisphère supérieur de la vésicule ombilicale) se produit nécessairement. Dans la figure 34 (13 jours), cet hémisphère supérieur de la vésicule ombilicale n’est plus convexe vers le haut (comparer avec la fig. 26, pl. TT), mais s’étend horizontalement, comme un diaphragme, allant, sur la coupe, du sinus terminal figuré à gauche (ST), au sinus terminal figuré à droite (voy. dans la figure 35 une portion de ce diaphragme (HS), celle qui est attenante au sinus terminal ST). Dans la figure 36 (13 jours 1/2), ce diaphragme devient convexe vers le bas, c’est-à-dire que l'hémisphère supérieur de la vésicule ombilicale commence à s'invaginer dans celte vésicule, tout à fait selon le processus de la comparaison classique du bonnet de coton dont on refoule une moitié dans l’autre. La figure 37 donne les détails de structure de cette partie refoulée (feuillet fibro-intestinal, entoderme, nombreux et larges vaisseaux de la circulation omphalomésentérique). Enfin la figure 38 (14 jours) nous montre l'invagination très avancée et presque achevée.

A ce moment, la vésicule ombilicale n’est plus représentée par une vésicule sphérique, mais bien par une poche en forme de cloche; sur une coupe, cette cavité est semilunaire (fig. 38) : la paroi convexe de cette cloche est tournée vers la partie non mésométrique de l'utérus (HI, fig. 38) et est formée par les restes atrophiés de l’en-

DU HE toderme et de lectoderme de l'hémisphère inférieur de la vésicule ombilicale; c'est une paroi actuellement morcelée en lambeaux et qui va disparaitre. La paroi concave (HS) de cette cloche tourne sa concavité vers l'embryon qu'elle coiffe et vers le cœlome qu’elle limite; elle est, contrairement à la paroi opposée, formée d'éléments anatomiques en pleine vie, en plein fonctionnement. Ces éléments sont représentés dans ia figure 39 (partie inférieure, de B en IN); ce sont en allant de la cavité de la vésicule ombilicale vers le cœlome : — 4° l’entoderme, ou épithélium de la vésicule ombilicale (IN) formé ici de grandes et longues cellules cylindriques (comparer avec les cellules entodermiques de la paroi opposée en in, fig. 39); — 2° les vaisseaux omphalo-mésentériques disposés dans le tissu mésodermique du feuillet fibro-intestinal de la vésicule ombilicale. Parmi les vaisseaux ici figurés, il en est un (ST), plus large, qui n’est autre chose que le sinus terminal. On voit donc, sans qu'il soit nécessaire d’y insister, car cela résulte des diverses descriptions antérieures, que des deux hémisphères de la vésicule ombiliale, un seul est vasculaire, le supérieur, celui qui s’invagine dans l’autre en voie d’atrophie. A propos du sinus terminal (ST), faisons remarquer que dans son voisinage (en VA) se trouve ici figuré un vaisseau qui n’appartient pas à la vésicule ombilicale ; il appartient à la zone dite interombilico-placentaire, c'est-à-dire à la circulation allantoïdienne : en un mot il représente, ainsi que nous l'avons exposé précédemment, les anastomoses entre la circulation de la vésicule ombilicale et celle du placenta.

Pour en revenir aux vaisseaux propres de l'hémisphère invaginé de la vésicule ombilicale, notons qu’ils sont nombreux et dilatés; ils sont le siège d’une circulation active; si de ce fait on rapproche cet autre, à savoir que l'épithélium ombilical correspondant est formé de hautes cellules turgescentes, on en peut conclure qu'à ce moment il y a dans ces parties un travail actif d'absorption, par laquelle l'embryon épuise ce qui reste du contenu de la vésicule ombilicale.

Ceci doit nous amener à dire un mot du cordon ombilical. Avec nos notions classiques, si étroitement schématiques, il peut être difficile, a priori, de comprendre comment un cordon ombilical peut mettre l'embryon en rapport à la fois avec le placenta, qui est situé en haut (nous prenons ici, pour la commodité de la description, des désignations empruntées à l'orientation des parties sur nos

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