‹ Le placenta des rongeursChapitre 34 sur 88 · UE · texte numérisé non relu

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tique, mais un amnios provisoire, car, telles que les choses sont disposées ici, elles ne permettraient pas à l’allantoïde, pas plus ici que chez les rongeurs au stade de cavité ectodermique, d'aller atteindre la surface de la partie correspondante de l'œuf. Il faut donc que la cavité amniotique définitive s’isole de cette cavité ectodermique primitive. Or, et c’est là le point que nous avons en vue, cet isolement se fait d’une manière imprévue, qui est comme une nouvelle variation du thème dont nous avons vu déjà diverses réalisations chez les rongeurs. Voici comment l’auteur décrit ce processus, qu'on pourra suivre sur la figure LXXITI. « Les bords de l’épiblaste embryonnaire (plancher de la cavité ectodermique) sont

Fig. LXXII. — Suite de la formation de l'amnios chez le hérisson d'après Hubrecht.

D, les bords du disque épiblastique embryonnaire sont encore soudés à l'épiblaste périphérique; — E, ils s'en détachent et se replient en dedans, en même temps que le feuillet somatique du mésoderme; — F, ils sont près de se rejoindre (voir les flèches) et de délimiter ainsi la cavité amniotique définitive.

attachés à l’épiblaste périphérique (en x, schéma D, de la fig. LXXID et se continuent avec lui, par suite du clivage sus-indiqué. Pour la formation de l’amnios cette continuité disparait et les bords du disque épiblastique deviennent libres en x, schéma E. Or en même temps est apparu le feuillet moyen, et lorsque sa lame externe ou somatique est devenue bien distincte, elle s'applique à la face inférieure des bords de ce disque épiblastique, et Le repousse en haut eten dedans. Ainsi se produit un pli amniotique qui n’est pas double, comme dans le type classique de la formation de l’amnios, mais formé par une simple lame épiblastique qui marche de dehors en dedans, accompagnée par la lame mésodermique somatique, qui, elle, est double comme d'ordinaire (fig. LXXII, schémas E et F). Finalement il se forme un ombilic amniotique, et lorsque la sou-

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aure est complète (nous n'avons pas jugé nécessaire de figurer ce dernier stade qui se comprend par son simple énoncé) et que J’amnios est devenu un sac fermé de toules parts, ces parties reproduisent les dispositions classiques connues pour les autres amniotes. » (Op. cit., pages 289-290.) Ce processus, en apparence étrange, est une reproduction de celui qui, chez l’amphioxus, amène la formation du canal médullaire, lequel s'isole de l’ectoderme sous forme de lames, qui, d'abord étalées à la face profonde de l'ectoderme, se recourbent ensuite en gouttière et se ferment finalement en canal.

Nous avons dit que nous ne donnerions que de très brèves indications sur les autres théories proposées pour expliquer le mécanisme de l'inversion. Ces autres théories sont celles de Heape et de Selenka.

Heape ! aurait constaté que dans l’œuf de la taupe il se détache de l’ectoderme des cellules amœboïdes, qui, accumulées au niveau de la région germinative, entre la couche de recouvrement (couche de Rauber) et l’ectoderme définitif ou formatif, repousseraient ce dernier en l’invaginant vers l’intérieur de l'œuf; mais bientôt cet ectoderme s'étalerait de nouveau et le développement des feuillets se poursuivrait sans présenter plus rien d'anormal. Cette invagination bientôt effacée, Heape l'appelle inversion temporaire, et la considère comme une forme de transition reliant le type classique au type à inversion. Selenka attribue l'inversion à un développement exagéré des cellules ectodermiques de la région germinative de l'œuf. « Si, dit-il (op. cit., 1884), on tient compte de ce que l’œufde ces rongeurs est encore très petit et très peu avancé dans son développement quand il se fixe à l'utérus, de ce que à ce moment l'hypergastrulation n'est pas encore achevée, c'est-à-dire que la base de l'œuf est encore constituée par des cellules ectodermiques formalives, ou, en d'autres termes, le blastopore (au sens d'Ed. V. Beneden) n’est pas encore recouvert par la couche de Rauber, il est très naturel de supposer que ces cellules ectodermiques, abondamment nourries par le produit des glandes utérines accumulé dans la lumière du canal utérin, présenteront un développement rapide et repousseront les autres cellules ectodermiques formatives

1. Heape, The development of the mole (balpa curopæa); the formation of the germinal layers, medullary groove and notochord (Quarterly Journal of microscopica! Science, 1883, vol. XXXII).

vers l'intérieur de l'œuf, produisant ainsi l'inversion des feuillets. » Dans tout le reste de sa théorie, dont ce passage n'est qu'un fragment, il ne se préoccupe pas de comparer l'œuf du lapin avec celui des rongeurs à inversion, et ses figures, où celle comparaison pourrait être indiquée, font ressortir plutôt des différences que des similitudes. Ainsi il ne représente pas les lames ectoplacentaires, que du reste il ne connaissait pas chez le lapin, et par suite ne peut établir leur homologie avec son suspenseur. Comme Kupffer, il fait jouer le principal rôle à la production et à l'accroissement de ce suspenseur ; et cependant Hensen avait bien fait remarquer que « l'inversion ne saurait être attribuée à un accroissement exagéré des cellules de Rauber, puisque cet accroissement ne se manifeste qu'à une époque où déjà l'inversion est produite, et qu'alors il ne porte pas cetle inversion plus loin qu'elle n'est déjà arrivée ‘ ». Mais ce sont là des détails qui ne peuvent être précisés qu'après que nous aurons achevé nos études sur le suspenseur, c'est-à-dire sur l’ectoplacenta des rongeurs.

1. V. Hensen, Bemerkung. betreff. die Mittheilung von Selenka, 1883, p. 72.

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