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ectoplacentaire. Ainsi, à cet égard, l'évolution des parties latérales de l’ectoplacenta est moins avancée que celle de ses parties centrales, ce qui confirme bien cette conclusion, énoncée ci-dessus à plusieurs reprises, que c'est la partie centrale de l'ectoplacenta qui est surtout le siège, à ce moment, d’un développement exubérant. En effet la couche plasmodiale (fig. 132) est moins épaisse dans ces parties latérales que dans les régions centrales (4, fig. 133).
Par contre le reploiement de la circonférence de l'ectoplacenta vers son centre s’accentue ici de plus en plus, comme le montre la comparaison de la fig. 132 avec la figure 128. La lame d’entoderme ectoplacentaire (IC) est ici très étendue ; elle arrive (voyez en a, fig. 132, le sinus entodermique) jusqu'au contact de la masse allantoïdienne. Cette masse allantoïdienne est elle-même (en b) fortement enclavée dans le reploiement de l’ectoplacenta. Ce sont des détails qu'il était facile de prévoir d'après la vue d'ensemble donnée par la figure 130, détails qui préludent à une pénétration plus intime encore de l'entoderme ectoplacentaire dans le placenta.
2° Extension de la couche plasmodiale réticulée. — La formation plasmodiale réliculée, qui au treizième jour était limitée à une couche intermédiaire de l’ectoplacenta, tend, au quatorzième jour, à se généraliser dans toute l'épaisseur de la formation ectoplacentaire, d’abord vers les couches supérieures, puis vers les couches inférieures. C'est ce que montre la figure 135 de la planche XVI, représentant à un grossissement de 120 fois la constitution de l’ectoplacenta dans une bande semblable à la bande blanche où, sur la figure 136, sont placés les chiffres de renvoi 1, 3, 5, ete. L'étude de celte figure 135 doit être faite en la comparant à propos de chaque détail avec la figure 133 de la planche précédente.
Nous examinerons cette figure 135 en passant en revue ses diverses parties de haut en bas.
Sans s'arrêter à la caduque sérotine (en 6) dont la constitution ne nous donnerait qu'à répêter ce qui a été dit à propos de la figure 133, et en arrivant de suite à l'ectoplacenta, nous constatons l'absence de toute trace de lacouche cellulaire supérieure (6, fig. 133); à sa place, une formation plasmodiale réticulée est en contact immédiat avec la sérotine et communique par ses lacunes sangui-maternelles avec les sinus de celle-ci (S et L, fig. 135). Comment a disparu cette couche cellulaire? Le processus est si rapide que nous ne saurions, quoique possédant plusieurs séries de préparations de cette
MES date, trancher la question avec cette assurance que donne la certitude du fait observé dans tous ses détails successifs. Est-elle disloquée et résorbée comme cela a eu lieu pour le cône ectoplacentaire ? Aucun détail de l'étude des pièces ne nous porte à le croire. Nous pensons plutôt qu'elle se transforme purement et simplement ellemême en formation réticulée. Ainsi, précédemment, elle évoluait, par sa superficie, vers le type des cellules vésiculeuses du cône ectoplacentaire; puis une délimitation absolue s’est faite entre elle et ce cône auquel elle à cessé de fournir des éléments; devenue indépendante de ce côté, c’est par sa face profonde, en connexion avec la couche plasmodiale réticulée, qu’elle a commencé à son tour à voir ses travées se ramilier, s’'anastomoser par de plus fins prolongements, et qu’elle a pris ainsi, ses cellules n'ayant plus une individualisation distincte autour de chaque noyau, les caractères d’une formation plasmodiale réticulée. Cette manière de concevoir le processus concorde bien avec les détails que nous présente la figure 138, d'ane préparation empruntée à un autre placenta du même âge et où nous voyons confiner à la sérotine une couche plasmodiale épaisse se continuant en bas avec les trabécules de la formation réticulée, comme si partout l'état plasmodial compact, ou à travées épaisses, devait être la forme de transition d'une formation cellulaire (cytoblastique) vers une formation plasmodiale réticulée.
Sur la figure 435, toute la moitié supérieure de l'épaisseur de l'ectoplacenta est ainsi à l'état de plasmode réticulé (en 4 et en 5); mais la zone inférieure de cette formation réticulée (4) diffère de la supérieure (5) en ce que les vaisseaux fœtaux allantoïdiens ont pénétré jusqu’en elle. Les mailles du réseau sont alors de deux espèces différentes : les unes sont des lacunes sangui-maternelles, les autres des canaux vaseulo-fætaux; ces derniers sont moins nombreux que les premières.
Enfin la partie inférieure de l'épaisseur de l’ectoplacenta mérite encore le nom de couche plasmodiale compacte (en 3, fig. 135), ais ce nom est déjà moins justifié qu'au treizième jour. En effet les larges travées plasmodiales de la figure 133 sont, sur la figure 135, pénétrées de plus en plus par les lacunes sangui-maternelles et par les canaux vasculo-fœtaux, et ces travées tendent ainsi à se diviser en trabécules plus minces, c'est-à-dire que, en définitive, toute l'épaisseur de l'ectoplacenta tend à prendre l'aspect plasmodial réticulé. À ce moment, la véritable division qui s’im-
US — pose à l'aspect d'une coupe de toute l’épaisseur de l'organe, c’est la distinction d’une couche inférieure sillonnée de vaisseaux fœtaux et de lacunes sangui-maternelles, et d'une couche supérieure où ne sont pas encore arrivés les capillaires allantoïdiens.
Telle est en effet la distinction de couches qui se montre à un faible grossissement sur une coupe d’ensemble (fig. 136). Dans les parties centrales ou médianes de l'ectoplacenta, on distingue successivement, en allant de bas en haut : la masse mésodermique allantoïdienne (en 1), les couches ectoplacentaires pénétrées de capillaires fœtaux (en 3), et la couche plasmodiale réticulée sans vaisseaux fœtaux (en 5); au-dessus est la caduque sérotine (6). Ainsi la constitution de l'ectoplacenta commence à être ici plus simple ; mais sur les côtés elle est encore très complexe, parce que les couches préexistantes (couche cellulaire supérieure et restes du cône ecloplacentaire) n’ont pas encore disparu. La couche cellulaire supérieure transitoire est ici représentée (en 8, fig. 136) par une petite masse triangulaire sur la coupe; les restes du cône ectoplacentaire par un amas de cellules géantes ectodermiques (G, fig. 136) se continuant avec la couche des cellules semblables qui doublent la caduque réfléchie (voir la fig. 134). Ainsi, comme précédemment, les transformations marchent moins vite sur les parties latérales de l’ectoplacenta que dans ses parties centrales, et ici, au quatorzième jour, les choses sont encore disposées comme elles l’étaient au treizième dans le centre du placenta (fig. 133). Mais le reploiement des bords de l’ectoplacenta a néanmoins progressé. S'il ne parait guère plus prononcé sur la figure 136 que sur la figure 130, on s’en rendra compte en remarquant que la figure 136 est seulement à un grossissement de 16 fois, tandis que la figure 130 était à un grossissement de 20 fois. On voit du reste que l'entoderme ectoplacentaire s’est de plus en plus porté vers la masse allantoïdienne, et que le sinus entodermique (a, fig. 136) est maintenant arrivé dans cette masse, c'est-à-dire dans ce qu'on peut appeler le hile du placenta. C’est un acheminement vers la disposition singulière qui nous montrera bientôt l'entoderme entraîné par les vaisseaux de ce hile jusque dans l'intimité de l'ectoplacenta.
Dans cette région latérale de l’ectoplacenta il est surtout essentiel de bien étudier les rapports de contiguité des diverses couches et de constater celles qui, en ces lieux de contact, présentent des
formes de transition entre leurs cellules constituantes. C’est pourquoi nous allons faire cette étude sur la figure 137, d’après un placenta du quatorzième jour, présentant en apparence quelques légères différences avec ce que nous venons de décrire. A la partie supérieure de la figure 137, en allant de gauche à droite, on trouve les mêmes parties qu'en suivant de bas en haut les couches ectoplacentaires de la figure 135. Vers la partie inférieure, qui est le bord même de l’ectoplacenta, on voit (en 1) la couche plasmodiale compacte, sillonnée de lacunes sangui-maternelles et de canaux vasculofœtaux, et (en 3) une couche plasmodiale à grosses travées qui n'a pas de capillaires fœtaux. Ici cette couche représente à elle seule la couche plasmodiale réticulée et la couche cellulaire transitoire devenue plasmodiale; en un mot, elle est le premier stade de transformation de la couche cellulaire en plasmode réticulé, ainsi que nous l'avons expliqué à propos de la figure 138. Puis vient plus en dehors (en 8) une couche de cellules géantes ectodermiques, restes du cône ectoplacentaire, et enfin la base de la caduque réfléchie. Ce que nous devons étudier, à propos de cette préparation, ce sont les régions de contact entre le plasmode (3) et les cellules géantes (8) d'une part, d'autre part entre les cellules géantes (8) et les éléments de la caduque réfléchie (6).
La figure 140 représente le contact du plasmode ectoplacentaire (3) avec les cellules géantes, restes des bords du cône ectoplacentaire. Nous avons représenté une région semblable, au treizième jour, dans la figure 132; là nous avions trouvé toutes les séries de formes de transition entre les cellules géantes et la couche cellulaire transitoire. Ici ces formes de transition ont disparu; la couche cellulaire transitoire, devenue une couche plasmodiale à grosses travées, a cessé de fournir des éléments au cône ectoplacentaire qui disparaît, et, tandis qu'elle se transforme par ses parties profondes en plasmode reticulé comme dans la figure 138, pour une autre région, elle s’est, du côté externe, complètement différenciée d’avec les cellules géantes, auxquelles elle confine, mais sans que rien puisse actuellement faire deviner les rapports de parenté, de filiation, qui précédemment unissaient ces éléments actuellement si différents. Évidemment l'observateur qui n'aurait pas suivi tous ces processus avec la sériation minutieuse que nous avons employée, et qui se trouverait d'emblée en présence de dispositions semblables à celles de la figure 140, se refuserait à admettre toute espèce de filiation
entre les cellules géantes des parties latérales de l’ectoplacenta et les éléments de cet ectoplacenta; réduit à des hypothèses, il chercherait à faire dériver ces cellules géantes des éléments de la caduque, du chorion utérin. Nous verrons en effet que cette interprétation a été celle de divers auteurs. Pour la juger, il suffit et de toutes nos études antérieures, et de l'examen de la figure 141, où sont représentés les rapports des cellules géantes avec les éiéments de la caduque. Mais avant de passer à ce nouveau détail, faisons encore remarquer que la figure 140 doit être comparée à la figure 131 de la planche XV. Sur l’une comme sur l’autre nous assistons à la dislocation du cône ectoplacentaire par les éléments sous-jacents, car les travées plasmodiales (3, 3) de la figure 140 sont en train, au quatorzième jour, pour la périphérie du placenta, comme les travées cellulaires de la figure 131, au treizième jour, pour la partie centrale du placenta, étaient en train de refouler les cellules géantes, de les disloquer et d'amener leur résorption; seulement le processus destructif était plus caractérisé sur la figure 431 qu'il ne l'est sur la figure 140. Nous voyons du reste, en D, fig. 140, une cellule géante à l’état de débri circonscrit par le plasmode et en voie de disparition.
La figure 141 représente les rapports des cellules géantes, restes du cône ectoplacentaire, avec les éléments de la caduque, c’est-à-dire les rapports des couches 8 el6 de la partie inférieure de la figure 137. Cette figure est assez explicite par elle-même, et montre qu'il n'y a, etil ne pouvait y avoir en effet aucune forme de transition entre les cellules géantes et les éléments de la caduque. Mais si ce fait, trop évident pour que nous nous arrêtions à sa description, n’est signalé ici que pour compléter les indications précédentes, un autre détail mérite notre attention : c’est la forme allongée que prennent par places, dans les parties profondes de la caduque, les éléments de cette formation; ces cellules allongées, à noyau .ovoïde, se trouvent d'ordinaire former plus spécialement les petites bandes de tissus qui circonscrivent les ouvertures des sinus utérins au niveau de leur continuité à plein canal avec les lacunes sangui-maternelles de l’ectoplacenta (les espaces entre les cellules vésicules sont des lacunes sangui-maternelles). Nous signalons le fait parce que ces cellules de la caduque ont été considérées à tort comme des fibres musculaires lisses.
Pour terminer l'étude du présent stade, il ne nous reste plus qu'à
étudier la caduque réfléchie et les productions fœtales qui la doublent. Du onzième jour (fig. 129) au quatorzième jour, ces parties ont subi des modifications graduelles qui aboutissent à l’état représenté par la figure 134, dont l'étude doit être faite en comparant tous ses détails avec ceux de la figure 129. — Rien à dire de la muqueuse utérine, ni de son épithélium (EP), si ce n'est que les cellules de ce dernier ne sont plus hautes et cylindriques, mais basses et cubiques, ce changement de forme nous paraissant en rapport avec la dilatation de l'utérus, c’est-à-dire étant une conséquence mécanique de l’étirement que subit cet épithélium dans le sens de sa surface. D'autre part, nous n'avons plus que peu à dire des membranes fœtales (7, 6, à, fig. 134), composées de l’entoderme proximal (ip), dont les cellules cylindriques sont très développées, de l’entoderme distal, dont les cellules (id) tendent de plus en plus à n’être représentées que par leurs noyaux disséminés sur la cuticule ectodermique (ct), et enfin de la couche des cellules géantes qui présentent toujours les mêmes caractères déjà si souvent décrits, si ce n’est que les filaments et gros réseaux chromatiques de leurs noyaux commencent à être moins nettement dessinés. Reste donc à parler des éléments de la caduque réfléchie (1-4, fig. 134). Celle-ci est considérablement modifiée. D'abord elle s'est considérablement amincie, comme on le voit à un faible grossissement, en comparant les vues d'ensemble représentées par les figures 125 (11° jour) et 436 (14° jour). A un fort grossissement, cet amincissement se traduit d’une facon bien frappante, puisque, tandis que dans la figure 129 toute l'épaisseur de la caduque sérotine n'avait pu trouver place, ici au contraire l'épaisseur de cette caduque ne forme qu'une faible partie (1-4) de la figure 134. Cet amincissement est sans doute, en grande partie, une chose purement mécanique. Les éléments de cette caduque ne prolifèrent plus, car ils sont destinés à dégénérer, à être résorbés et à disparaitre bientôt complètement. Or l’enveloppe caduque réfléchie devant se dilater en même temps qu'’augmente de volume l'œuf qu'elle renferme, cette dilatation ou augmentalion en surface ne peut se faire qu'aux dépens de son épaisseur.
Les éléments de cette caduque sont donc étirés, glissent les uns sur les autres, se disposent en trainées allongées et étroitement tassées. Par suite disparaissent par oblitération les sinus sanguins dont a été creusée cette caduque, et les espaces lacunaires disposés
entre les cellules précédemment étoilées (fig. 129). Ainsi sont produits les aspects représentés dans la fig. 134 (en 1-4). La caduque n'est plus, dans son ensemble, qu'une membrane dont l'épaisseur n'égale pas celle de la couche adjacente des cellules géantes ectodermiques. Les éléments se présentent comme des corps protoplasmatiques allongés, renfermant deux, trois noyaux et même plus, en séries longitudinales. Tout porte à croire que ces éléments polynucléés sont des complexus cellulaires, c’est-à-dire résultent de la fusion ou accollement de cellules primitivement distinctes. Dans les couches les plus externes (en 1), cetle fusion ou accollement est telle, qu'ici on ne voit par places qu'une masse striée parsemée de noyaux. Aux conditions mécaniques précédemment invoquées s'ajoute sans doute un travail intime qui aboutit au flétrissement de ces cellules, dont la substance est graduellement résorbée. Nous verrons en effet que dans les stades ultérieurs la caduque réfléchie est destinée à disparaitre complètement.
Nous pouvons résumer les processus essentiels du stade dont nous venons d'achever l'étude, en disant que :
4° Dans l’ectoplacenta il se forme une couche plasmodiale ‘réticulée aux dépens de la limite supérieure de la couche plasmodiale compacte. L'ectoplacenta végète ainsi de ses parties profondes vers le cône ectoplacentaire; celui-ci est disloqué, en partie rejeté sur les côtés, en partie résorbé. Pendant ce temps la formation plasmodiale réticulée prend de plus en plus d'étendue et arrive jusqu'au contact de la caduque sérotine. Les vaisseaux fœtaux allantoïdiens pénètrent dans l'ectoplacenta, envahissant d’abord la couche plasmodiale compacte, puis la moitié inférieure de la couche plasmodiale réticulée.
2° Dans les diverses régions de la caduque, on trouve les formes les plus diverses affectées par les cellules : tassées, étirées, et accolées les unes aux autres dans la caduque réfléchie, ces cellules s'y fusionnent en masses allongées, semées de noyaux et destinées à être résorbées. Dans les parties latérales de la caduque sérotine elles restent bien distinctes, avec les caractères étudiés dans les stades précédents, depuis le début de l'hypertrophie du chorion de la muqueuse utérine. Enfin dans les parties centrales de la sérotine, une abondante substance intercellulaire se dépose entre les cellules qui sont écartées les unes des autres et deviennent étoilées.
Ces formes si variables des cellules de la caduque selon les régions sont importantes à noter au point de vue de l'étude critique des
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