Ce prétendu chorion est l’entoderme proximal
2. Il s'agit ici certainement de la cuficule ectodermique, dont l'épaisseur, vers la fin de la gestation, a dû certainement attirer l'attention d'Ercolani, mais sans qu'il ait pu en observer l’origine ni en constater la signification.
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Non seulement il y a des erreurs d'interprétation, inévitables pour un auteur qui n'avait pas suivi le développement du placenta depuis les premières phases, mais encore les parties, prises en elles-mêmes, et en dehors de leurs significations, sont mal décrites et mal figurées : telle est la prétendue portion glandulaire du placenta maternel; tel encore et surtout son réseau cellulo-vasculaire, qui n’est autre chose que les couches de cellules ectodermiques géantes avec leurs lacunes sanguimaternelles.
C'est ce qui deviendra évident par l'analyse des descriptions d'un autre auteur, qui a été également malheureux quant à l’interprétation des parties, mais qui du moins a décrit avec une grande exactitude les formations placentaires et les parties voisines, exactitude telle que ses descriptions pourraient être suivies sur nos figures. Il s’agit de Tafani, dont nous allons reproduire les principaux passages, en les accompagnant de remarques placées en notes, au bas de la page, afin de couper le moins possible le texte de l’auteur !.
« Le Mus decumanus et le Mus musculus, dit Tafani (op. cit., p. 71), ont été spécialement l’objet de mes recherches... Comme les différences sont presque insensibles entre les placentas de ces rongeurs, je les comprendrai en une seule et même description.
« Le placenta du Mus decumanus n’a pas encore été, à mon avis, exactement décrit, parce qu'on n’a pas assez tenu compte des particularités anatomiques qu'on rencontre sur la surface interne de l'utérus. Comme j'ai étudié des pièces sur lesquelles je faisais tout d’abord l'injection des vaisseaux maternels, et en m'’efforçant de conserver intact le faux chorion, je suis en mesure d'assurer que les dispositions réelles diffèrent de celles admises par Ercolani et par quelques autres.
« Lorsque la gestation est près de son terme, on trouve un placenta discoïde, adhérent par une faible étendue à l'utérus, et présentant sur son bord une sorte de bourrelet d’un blanc jaunâtre, dans le voisinage duquel le chorion est muni de grandes villosités irriguées par les vaisseaux omphalo-mésentériques. On voit de plus que la surface fœtale du placenta ne donne insertion à ce chorion que selon un cercle très étroit, autour de l'insertion du cordon ombilical.
4. Alexandro Tafani, Sulle condizioni ulero-placentari della vita felale. Firenze, 1886.
« Ges dispositions ne sont guère intelligibles si on ne considère d'abord les formations primitives qui, du côté de l'utérus, accompagnent le développement de l'œuf, J'en donnerai donc une courte description.
«.Chez le rat, dans la période préparatoire de la gestation, la muqueuse utérine se tuméfie, surtout dans les régions où s'arrêtent les œufs fécondés. Dans ces points la tuméfaction arrive à emprisonner l'œuf en voie de développement dans une cavité étroite allongée, dont le grand diamètre se dirige du bord adhérent vers le bord libre de l’utérus. Get espace, renfermant l'œuf, communique avec une autre cavité, plus étroite encore, placée dans le voisinage du bord mésométrique et qui est destinée à donner en partie naissance au placenta. Au contraire, dans les régions où l'utérus ne contient pas d’ovule, l'hypertrophie de la muqueuse s'arrête bientôt et par suite la lumière du canal n’est pas oblitérée.
« À mesure que progresse le développement de l'embryon, on voit la cavité qui le contient se dilater en repoussant de tous côtés le tissu néo-formé qui l'entoure et qui n’a pas cessé de croître. A mesure que se forment les enveloppes fœtales, une de leurs portions s'insinue dès le début dans la petite cavité voisine du bord mésométrique, et c'est précisément dans cette portion que viendront se rendre les vaisseaux de l’allantoïde ‘. D’autre part le reste de la superficie de l’œuf s’adosse d’une facon de plus en plus intime à la néoplasie utérine et recoit les vaisseaux de la vésicule ombilicale avec laquelle se soude et se fusionne l’enveloppe la plus extérieure de l'œuf. La portion de néoplasme utérin qui correspond au fond et aux parties latérales de la petite cavité mésométrique devient la sérotine, tandis que l’autre portion, qui forme les parois de la cavité plus grande contenant le fœtus, forme la caduque vraie ?, On appelle faux chorion cette région des enveloppes fœtales où se
4. Ces deux lignes renferment tout ce que dit cet auteur des origines embryonnaires du placenta : le cône ectoplacentaire, toute l’épaisse formation ectodermique qui surmonte l'œuf et sert à l'attacher à l’utérus, non dans la petite cavité en question (laquelle disparaît), mais au-dessous de cette cavilé; en un mot tout ce que Selenka a désigné sous le nom de suspenseur, a échappé à l’auteur italien.
2. N'oublions pas, comme il a été dit à propos d’Ercolani, que celte caduque vraie est la portion qui doit réellement recevoir le nom de caduque réfléchie. Nous avons expliqué précédemment par suite de quelle erreur Ercolani était arrivé à en faire la caduque vraie, et nous avons dit à diverses reprises qu'il n’y a, chez aucun rongeur, rien qui corresponde à ce qu'on nomme classifiquement caduque vraie. Nous verrons plus loin que Tafani décrit assez exactement l’atrophie graduelle et finalement Ja résorption complète de la capsule formée autour de l'œuf par cette caduque réfléchie,
distribuent les vaisseaux omphalo-mésentériques, et vrai chorion, l’autre région, qui recoit les vaisseaux allantoïdiens.
« Après ces indications sur les stades primitifs, il est temps d'étudier les conditions utéro-placentaires de la vie fœtale chez le rat, en commençant par l'étude du placenta vers le milieu de la gestation.
« Il est impossible de distinguer, au premier abord, dans le placenta du rat, une portion maternelle et une portion fœtale, parce que ces deux formations sont accolées d'une façon si intime qu'il est impossible de les séparer; il est donc nécessaire de recourir aux injections pour distinguer ces parlies, car la différence entre le sang fœtal et le sang maternel ne suffirait pas pour préciser les rapports entre la mère et le fœtus.
« Dans les placentas injectés, on reconnaît de suite que les villosités fœtales qui le pénètrent occupent toute sa partie centrale, laissant à sa périphérie une petite zone où elles ne pénètrent pas. Le chorion donne au placenta un petit nombre de villosités ‘, qui se détachent d’une aire circulaire assez étroite entourant l'insertion du cordon ombilical : ces villosités pénètrent dans le placenta en suivant d'abord une direction presque rectiligne, mais d'autant plus divergente qu'il s’agit de villosités plus périphériques; puis elles se contournent et se subdivisent. Ces villosités sont formées d'une faible quantité de tissu conjonctif embryonnaire accompagnant les vaisseaux; elles ne paraissent pas avoir de revêtement épithélial dans aucune de leurs parties ?, et elles pénètrent dans un système de cavités qui les reçoivent exactement, sans laisser aucun interstice libre entre le tissu maternel et le tissu fœtal.
« Du côté de la mère on trouve, au contraire, un tissu très compliqué, difficile à décrire, mais dont on saisit facilement la constitution en examinant une préparation injectée. On y voit un système d'espaces irrégulièrement dilatés dans lesquels a pénétré l’injection, espaces circonscrits par de fines membranes présentant de place en place des noyaux assez volumineux ; je ne saurais mieux exprimer cet aspect qu'en disant que la portion maternelle est
4. A partir de ce point la description de Tafani est d’une exactitude parfaite; il n’y a d'erreur que dans les interprétations qui consistent à considérer comme d'origine maternelle des éléments qui proviennent en réalité de l’œuf, ainsi que nous le préciserons dans les notes suivantes.
2. Ainsi l’auteur n’a rien vu de la singulière formation dite enfoderme ecloplacentaire.