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AD — comme une éponge, dont les travées sont formées de vaisseaux irrégulièrement dilatés de tous côtés et communiquant par d'innombrables anastomoses.
« On peut donc regarder le système vasculaire comme formant à lui seul la portion du placenta dérivée des tissus maternels, car ces vaisseaux ne sont séparés des villosités fœtales par aucun revêtement, si ce n'est par une couche de cellules très aplaties et très larges, pourvues d’an noyau volumineux, lequel est d'ordinaire placé vers les points de réunion de deux vaisseaux :. Ces cellales rappellent les larges cellules endothéliales qui s’enroulent sur les trabécules du tissu conjonctif réticulé. Pour le cas présent, il faut se représenter un ensemble de vaisseaux, très inégaux dans leur diamètre, s’unissant entre eux de manière à former, comme dans le tissu cytogène, un réseau à mailles très étroites, et si nous supposons que dans ce réseau pénètrent les villosités fætales, je crois que nous arriverons à une juste idée de la disposition compliquée sous laquelle se présente la portion maternelle du placenta du Mus decumanus. Ainsi les villosités choriales sont disposées dans un tissu vasculaire spongieux, et dans celui-ci le sang fœtal se trouve séparé du sang maternel simplement par une couche cellulaire à éléments aplatis. Par suite nous trouvons chez le rat une condition singulièrement favorable aux échanges qui doivent avoir lieu entre la mère et le fœtus.
« Le placenta du rat, ainsi constitué dans la plus grande partie de son étendue, présente encore à considérer d’une part cette espèce de bourrelet qui en occupe toute la circonférence, et d'autre part la portion de la paroi utérine sur laquelle il repose. Commencant par cette dernière, je dirai qu’elle représente ce qui est connu chez les autres animaux sous le nom de sérotine, et qu'elle ne renferme que deux espèces d'éléments anatomiques, à savoir de grandes cellules et des vaisseaux maternels. Cetie sérotine du rat forme comme le pédoncule du placenta et le sépare de la couche musculaire de l'utérus. Elle est formée de cellules énormes * pourvues d'un
41. Cerï, et les liones qui suivent, est une description des parois plasmodiales des eanalicales sancuimaternels, avec leurs noyaux, alors que ces parois sont devenues misces et vont bientôt disparaitre par places, comme sur nos figures 171 et 174 (pl. XV), 479 et 484 (pl. XVI).
2. lei commence une deseriplion assez exacie de la couche plasmodiale endovasculaire elle qu'elle se présente, après avoir envahi la plus grande partie de la sérotine, dans les derniers jours de la gestation, et alors que sa zone la plus externe (en contact
noyau colossal, disposées de manière à constituer un tissu tout à fait spécial, parcouru par de nombreuses cavités contenant les vaisseaux qui rapportent le sang maternel du placenta. Ces cellules, pour former un tissu ainsi creusé de larges espaces pleins de globules rouges, s'unissent entre elles, et se soudent en général par leurs extrémités. Elles sont plus ou moins volumineuses, selon les régions où on les examine : elles ont une épaisseur en rapport avec leur longueur dans les couches les plus profondes, tandis qu'elles s’aplatissent, demeurant toujours très longues, à mesure qu’elles sont plus voisines du tissu vasculaire du placenta. Ces cellules de la sérotine sont tout à fait spéciales chez le rat, comme chez les autres rongeurs. Elles ont des caractères tout à fait particuliers, car on ne trouve pas chez ces animaux d’autres éléments qui soient si volumineux et qui possèdent en même temps des noyaux si colossaux. Leur corps cellulaire se montre composé d’un réticule protoplasmique très délicat, qui doit contenir dans ses mailles une grande abondance de liquide, et qui devient plus évident dans les cellules éloignées que dans celles qui sont proches du tissu vrai ou propre du placenta ‘. Les cellules de la sérotine immédiatement voisines du placenta sont aplaties et on voit que leur protoplasma et leurs noyaux sont profondément modifiés. Les noyaux des plus volumineuses ont absolument l'aspect d’un ovule : ils possèdent une paroi ou membrane propre de la surface interne de laquelle partent des filaments irréguliers, contournés et anastomosés comme ceux des noyaux quiescents. Ils se colorent cependant d’une manière intense par les réactifs de la nucléine et présentent, en rapport avec leurs filaments, deux ou trois véritables corps nucléolaires très volumineux. Mais de celte constitution typique s’éloignent peu à peu les noyaux des cellules qui, à mesure qu’elles sont plus voisines du tissu propre du placenta, deviennent minces et plates; ici les noyaux s’atrophient et, ne présentant plus aucun des détails de structure sus-indiqués, semblent n'être plus qu'un amas de substance chromatique un peu modifiée quant à ses caractères ordinaires *, car si ces noyaux se colorent bien en rouge,
avec la véritable sérotine) présente l'individualisation en cellules géantes distinctes autour des noyaux les plus volumineux. Voir nos figures 168, 170 (pl. XV), 180 (pl. XVI).
4. Voir particulièrement nos figures d'après l’ectoplacenta du Meriones (fig. 186 et 187, pl. XVID.
2. Tous ces détails sont exacts, seulement l’évolution supposée par Tafani est précisément l’inverse de ce qui a lieu en réalité : ce ne sont pas les noyaux des parties
après l’action du réactif de Flemming, ils sont cependant un peu colorés par l'acide osmique, comme si à leur substance protéique était mêlée une petite quantité de matière grasse. Au milieu de ces cellules, d'une constitution si singulière, passent irrégulièrement les racines des veines utérines. Il semble même que le sang circule entre les cellules sans être contenu dans des canaux à parois propres, mais simplement dans les lacunes entre les corps cellulaires !. »
« Les éléments de la sérotine, traités d’abord par l'acide osmique, puis par une solution iodurée d'iode, montrent la présence de substance glycogène, non sous la forme de corpuscules distincts, mais à l’état diffus dans les mailles du réseau protoplasmique.
« Ces caractères de la sérotine sont en grande partie ceux qu’on retrouve dans le tissu de ce bourrelet de substance d’un blanc jaunâtre qui forme tout le bord du placenta ?. Et en effet ce bourrelet se montre tout entier formé de cellules qui ont les caractères de celles que nous venons de décrire. Cependant entre elles ne s’observent pas les lacunes formant l’origine du système veineux maternel; ces lacunes cessent exactement là où le tissu de la sérotine se continue avec celui du bourrelet en question. En effet, dans les coupes faites perpendiculairement au gâteau placentaire comme dans celle représentée dans la figure 2 de la planche V (figure LXX VII, ci-contre), on voit à chaque extrémité latérale du placenta une aire triangulaire dépourvue de vaisseaux. Cette aire est constituée par des cellules identiques à celles de la sérotine : les unes ont encore bien conservé tous leurs caractères; mais la plupart sont flétries, atrophiées, et leurs noyaux ont perdu toute trace de texture.
profondes qui résultent de l’atrophie des gros noyaux des couches superficielles, mais bien au contraire les noyaux profonds, relativement peu volumineux, qui grossissent graduellement vers la périphérie et deviennent les noyaux colossaux de Tafani.
1. Nous avons vu que ce n'est pas là une simple apparence : le sang maternel circule bien réellement dans les espaces intercellulaires dits lacunes sanguimalernelles.
2. Ce bourrelet blanc jaunâtre de Tafani est représenté dans notre figure 175 (pl. XV), et déjà au onzième jour (fig. 163, pl. XIV). Nous avons vu comment il résullait de la transformation en cellules bien individualisées du plasmode endovasculaire, Ce bord du placenta est creusé de lacunes sanguimaternelles, quoi qu'en dise Tafani, et ces lacunes sont toujours, sur les pièces durcies, remplies par des globules rouges materuels étroitement pressés les uns contre les autres; il est probable que, dans les injections arlificielles, le sang maternel reflue dans ces parties périphériques, les remplit et empêche l’arrivée de la matière injectée; on peut penser alors qu’à ce niveau il n'y a pas de canaux servant à la circulation du sang, erreur à laquelle on n’est pas exposé en étudiant des pièces non injectées, ou, pour mieux dire, injeclées naturellement par le sang coagulé qu’elles contiennent.