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Fig. XCI. Creighton, 1878, pl. XX, fig. 8. — Légende de Creighton : Végélation de la sérotine, produite par le bourgeonnement de ses vaisseaux à épaisses parois protoplasmiques; — a, région du tissu décidual primitif; — b, intervalles, entre les bourgeons de végétation vasculaire, dans lesquels on retrouve l'hypoblaste invaginé.
ticalement vers la cavité... En examinant ces formations à un puissant grossissement (fig. 8, pl. XX; fig. XCI, ci-contre), on constate que leur tissu est d'origine purement maternelle et qu’il acquiert un développement considérable et une structure caractéristique bien avant que les vaisseaux ombilicaux soient arrivés à son contact. C'est une masse compacte de protoplasma granuleux et nucléé, creusé de nombreuses lacunes ou vacuoles arrondies, dont les plus petites ont à peu près les mêmes dimensions que les noyaux de ce tissu. Lorsque plus tard les vaisseaux fœtaux ont pénétré dans cette partie maternelle du placenta, ce protoplasma spongieux nucléé ne présente plus son aspect primitif que par places... Le tissu bourgeonnant de la fig. 8 (fig. XCD) est caractéristique de la sérotine ou
formation placentaire proprement dite, et non seulement par le fait de sa structure intime spéciale, mais encore par son mode de délimilation et par ses connexions vasculaires. Sa délimitation et la manière dont il recoit le sang maternel ne sont que deux questions se rapportant à un seul et même problème ; mais il sera bon de les examiner toutes deux à part et en commencant par la seconde.
« Le tissu bourgeonnant de la figure 8 (fig. XCI), et les bandes de tissu situées de chaque côté de l'excavation centrale de la figure 6 (fig. XC) sont évidemment un épanouissement des tiges ou épaisses trabécules qui descendent verticalement à travers la caduque. Dans la figure 8 (fig. XCT) il est facile de constater que ce sont des vaisseaux à parois épaisses et que la masse protoplasmique spongieuse et nucléée qui forme la végétation de la sérotine est la suite et l’expansion de ces parois vasculaires semées de noyaux. Par suite les lacunes arrondies qui donnent un aspect spongieux à cette formation font directement suite à la lumière de ces vaisseaux. En un mot, ce tissu spongieux représente le territoire capillaire des vaisseaux caractérisés par leurs épaisses parois protoplasmiques… C’est la formation de cette épaisse paroi protoplasmique des vaisseaux qui est le fait essentiel de l'évolution de la caduque primitive en tissu placentaire proprement dit (ou caduque sérotine). Ces éléments de la caduque sérotine sont des cellules vaso-formatives » (p. 570).
Cependant ce qu'il entend par cellules vaso-formatives a besoin d'explications. Pour les fournir, Creighton rappelle (voir ci-dessus la fig. LXXXIX) que la caduque ne contient que des capillaires, conservant le même calibre sur loute leur longueur, qui est considérable, et passant à la description de la transformation susindiquée de ces capillaires (p. 71) : « Cette transformation ne se passe pas dans la mince paroi propre des capillaires, mais dans les cellules déciduales qui les entourent; de cellules périvasculaires, ces éléments deviennent cellules vaso-formatives..……. En effet, on aperçoit dans la caduque des taches et trainées fortement colorées par l’hématoxyline, tandis que le tissu fondamental interposé entre ces taches paraît entrer en dégénérescence. Cette forte coloration indique des parties cellulaires dans un degré spécial d'activité plastique, tandis que les parties interposées sont formées de cellules déciduales qui tombent en détritus, ou bien qui, lorsqu’elles conservent leur individualité, deviennent vésiculeuses et
se transforment en sphères muqueuses. Les cellules fortement colorées sont des cellules vaso-formatives; elles se trouvent disposées par traînées le long des vaisseaux capillaires... Dans cette adaptation de la caduque à la fonction placentaire un grand nombre de ses cellules déciduales sont sacrifiées, et quelques-unes seulement persistent pour évoluer en la formation nouvelle (p. 572). Les divers degrés de cette dernière transformation sont représentés dans la figure 11, pl. XX (en A, fig. CXII, ci-contre). En a est une cellule déciduale fortement colorée qui a pris une forme allongée par l'accroissement de son protoplasma à ses deux extrémités, et dont le noyau s’est transversalement divisé. En b, chaque moitié de ce noyau est devenue un centre indépendant et il en résulte que l’ensemble forme un cylindre allongé de protoplasma nucléé. En c, le noyau d’une large cellule déciduale se divise longitudinalement, et en d et e les noyaux nouveaux qui en résultent sont chacun entourés d’une masse de protoplasma disposé selon leur axe, de manière à former deux cylindres de protoplasma nucléé, placés parallèlement et séparés par une lumière ou intervalle bien visible. En f cet intervalle est devenu plus grand, et la coupe a passé à travers ce complexus cellulaire de facon à montrer la disposition creuse ou tubulaire du cylindre ainsi formé ‘.. La production d’une cavité centrale tubulaire dans ces trainées vaso-formatives est mise en évidence sur des éléments vus dans d’autres directions : fig. 42, (en B; fig. CXII, ci-contre). Dans le premier état on voit, en 4, une large cellule contenant plusieurs noyaux, dont quelques nucléoles commencent à prendre un aspect vésiculeux ; en b, une petite cavité s'est formée dans le centre d’une cellule du même genre, cavité qui correspond au nucléus qui s’est transformé en vésicule fluide ; en c cette lumière est plus large, et circonscrite par le corps cellulaire où les noyaux, aplatis ou allongés, sont disposés en un cercle concentrique.. Ce sont là des coupes transversales de vaisseaux à épaisse paroi protoplasmique ; on ne peut y apercevoir aucune trace de revêtement endothélial ?. »
4. Tout ceci est une bonve description des tractus de plasmode (racines plasmodiales) émanés de l’ectoplacenta, tels que nous les avons représentés dans la figure 228 de notre planche XIX. En choisissant, parmi les fragments très divers de dimensions que présentent ces tractus semés dans la sérotine, en choisissant les fragments les plus petits pour passer graduellement aux plus volumineux, Creighton a cru faire
une série montrant la transformation des cellules de la caduque en cylindres de pro-
toplasma.
2. En somme ces descriptions sont remarquablement exactes et Creighton a échappé
Après ces citations, il est inutile que nous reproduisions ici les passages (p. 574 à 571) où l’auteur reprend l’ensemble de la question, et décrit les divers aspects que présentent ces vaisseaux, tantôt isolés, tantôt groupés en masses plus ou moins considérables, et comment leurs végétations refoulent la membrane de l'œuf et produisent la masse du placenta.
Jusqu'ici Creighton n’a eu en vue que le disque placentaire proprement dit, et non le toit de l'excavation ectoplacentaire (noyau du placenta de Bischoff, cotylédon d'Ercolani). Cest à cette formation qu'il consacre les dernières pages de son premier mémoire et la totalité de son second.
Fig. XCII. En A, fig. 11, pl. XX, de Creighton, 1878. — Légende de Creighton : Cellales du tissu de la caduque, en arrière du placenta, montrant les degrés successifs du processus vaso-formatif; — a, cellule dont le noyau subit la division transversale; — b, les deux noyaux nouvellement formés, entourés chacun de leur masse cellulaire, formant une longue colonne de protoplasma nucléé; — €, cellules en division longitudinale; — d, extension du corps cellalaire suivant la ligne de la division longitudinale ; — e. production d’an étroit espace entre les deux colonnes de protoplasma nucléé; — f, production d’une lumière centrale tabuliforme dans le cordon vaso-formatif. (Comparer avec la figure 223 de notre planche XIX.) — En B, fig. 12, pl. XX, ibid. — Légende de Creighton : Mode de production des vaisseaux à épaisse paroi protoplasmique, selon une coupe transversale; — a, large cellule, avec plusieurs noyaux, et de larges nueléoles devenus vésieuleux ; — b, royaux disposés vers la périphérie de manière à entourer un petit espace central; — e, l'espace central devenu plus large et représentant la lumière d'un vaisseau à épaisse paroi protoplasmique sectionné perpendiculairement à son axe. — En C, fig. 3, pl. XVI. de Creighton, 1879. — Légende de Creighton : Trois cellules des couches profondes du placenta du cochon d'Inde; — a, large cellale géante, excavée et ayant ses parties périphériques bourrées de noyaux; — b, cellule géante à prolongements excavés, formant une partie d'on canal sanguin et de ses branches; — c, stade plus avancé du processus vaso-formatif dans une cellule géante; la cavité est occupée par des globules rouges du sang.
« Cette portion additionnelle, dit-il (1° mémoire, chap. 5, intitulé : Formation d'un organe placentaire secondaire derrière le placenta discoïide), cette portion additionnelle, qui est comparable, d’après Ercolani, à un petit cotylédon de ruminant, est représentée
à l'erreur qui consiste à voir dans ces masses canaliculées de plasmode une transformation de l’endothélium vasculaire.
dans la fig. 14 (fig. XCIIE, ci-contre) telle qu’elle apparaît à l'œil nu. En e est un demi-cercle de saillies villeuses qui se détachent de la paroi utérine et se projettent dans un espace clair (f). Cet espace est occupé par un tissu gélatineux d'origine fœtale, dans lequel sont disposés des vaisseaux fœtaux. Dans la figure cet espace paraît être absolument sans connexions avec le pédicule du placenta discoïde, mais dans le dessin qu'en donne Ercolani le tissu gélatineux qui le remplit est représenté en connexions avec le tissu mésoblastique de la surface antérieure du placenta par une cloison mésodermique occupant l'axe du disque placentaire ‘. Les rapports des parties maternelles et fætales dans ce placenta secondaire sont
Fig. XCIII. Creighton, 1878, pl. XX, fig. 14. — Légende de Creighton : Coupe verticale du placenta entièrement développé; aspect à l'œil nu; — à, cordon ombilical; — b, caduque réfléchie; — e, point où les enveloppes externes de l'œuf se réfléchissent en partant de la surface antérieure du placenta; — 4, lieu de formation des cellules géantes; — e, demi-cercle de végétations en forme de villosités, formant le placenta secondaire; — #f, espace en arrière du placenta discoïde, occupé par un tissu gélatineux et des vaisseaux sanguins d'origine fœtale.
des plus simples. Le demi-cercle de saillies villeuses est une végétation du tissu de la caduque, et des vaisseaux maternels; chaque villosité a un revêtement épais de noyaux à travers lesquels est exsudé le plasma maternel. Les vaisseaux fœtaux décrivent des anses entre ces villosités maternelles; ces anses sont supportées par le tissu gélatineux mésoblastique, mais il n’y a pas ici de revétement épithélial.. D'après Ercolani cette formation serait semblable à un petit cotylédon de la vache, mais sa constitution peut être aussi bien comparée à celle d’une portion du placenta zonaire du chat. — Dire que c’est une forme distincte de placenta sura-
4. C’est que Creighton n'a pas vu l'axe mésodermique du disque placentaire. Nous savons en effet que cet axe, toujours bien visible dans toute sa continuité sur les jeunes placentas, devient tortueux sur le placenta à terme, et qu’alors il est rare de voir son trajet complet sur une seule et même coupe. (Voir, à cet égard, la figure 269 de notre planche XXII.)
Joutée au centre du placenta ordinaire des rongeurs est purement une manière de parler. En effet l’origine de cette partie n’est que la continuation du processus d'adaptation par lequel le placenta discoïde se développe aux dépens du tissu de la caduque primitive. » — Il s'attache alors à démontrer que cette partie est, comme le reste du placenta, le résultat d’une végétation de cellules vasoformatives. Mais nous trouverons plus de détails à cet égard dans son second mémoire.
Ce nouveau mémoire ‘ est spécialement consacré à justifier la proposition émise dans le travail précédent, relativement à la portion secondaire ou cotylédonaire du placenta du cochon d'Inde, à savoir que : « Dire que c'est une forme distincte de placenta surajoutée au centre du placenta ordinaire des rongeurs est purement une manière de parler, car l’origine de cette partie n’est que la continuation du processus d'adaptation par lequel le placenta discoïde se développe aux dépens du tissu de la caduque primitive. » — Pour démontrer cette manière de voir, l’auteur admet que la transformation dite vaso-formative va s’étendre jusqu’à la musculature utérine (!) : « Quoique, dit-il (p. 174), cette portion secondaire ou additionnelle du placenta soit en apparence très différente de l’autre, plus primitivement formée, elle tire cependant son origine de ce même processus vaso-formatif qui produit le disque placentaire. Il n’y a pas d'interruption dans la continuité du processus histologique, mais il y a changement dans la nature du tissu qui en est le siège... C'est quand la transformation des éléments de la caduque arrive jusqu'au niveau de la couche musculaire que le processus vaso-formatif présente un nouveau caractère... Cette couche musculaire subit elle-même la transformation vaso-formative et c’est là une des causes qui établit les différences d’aspect entre les deux portions du placenta » (p. 175).
Alors il revient sur les différences entre la couche musculaire longitudinale et circulaire, cette dernière n'étant pas bien délimitée du côté de la caduque. (Nous avons eu soin de signaler précédemment le passage relatif à cette question, tout au début de son premier mémoire.) C’est pourquoi (p. 176) : « l'hyperplasie vasoformative qui s’est montrée d’abord dans les éléments immédiatement sous-jacents à l'épithélium utérin, puis s’est étendue à toute
4. C. Creighton, Further observations on the formation of the placenta in the Guinea-Pig. (Journal of Anatomy and Physiology. Vol. XIII, 1879, p: 173.)
l'épaisseur de la caduque, finit par atteindre la couche musculaire circulaire elle-même. Au quinzième jour on trouve les cellules musculaires très grandies, et leur mince noyau en bâtonnet s’est dilaté en un gros corps ovoide ou même sphérique... » Évidemment la cause de cette singulière interprétation doit être cherchée dans les formes cellulaires que présentent les cellules de la sérotine en se transformant en pulpe du pédicule du placenta. Nous avons représenté dans la figure 249 de notre planche XXI ces transformations et cette dégénérescence des éléments de la séroline (voir notamment les éléments figurés en 2 et 3 et qui correspondent bien aux noyaux dilatés en un gros corps ovoïde tels que les décrit Creighton). Au moment où se produit cette dégénérescence, il y a bien longtemps que le corps cotylédonaire d'Ercolani est formé, et on a peine à comprendre que Creighton n’ail pas eu l’idée d'examiner ce corps dans les stades antérieurs; il aurait évité ainsi de le considérer comme une formation surajoutée, à une époque postérieure, et aurait par conséquent échappé à cette singulière hypothèse qui consiste à en chercher l’origine, vers la fin de la gestation, dans une transformation des fibres musculaires. Mais continuons l'exposé de Creighton, tantôt en le résumant, tantôt en reproduisant son texte. Il explique alors (p. 177), par des considérations dans lesquelles il serait trop long de le suivre en détail, que l'hyperplasie vaso-formative développée aux dépens des éléments musculaires diffère de celle développée aux dépens de la caduque, parce que la caduque est richement vascularisée tandis que la couche musculaire renferme surtout des vaisseaux qui ne font que la traverser. L'effet de cette différence dans lirrigation sanguine est l'abondante production, au niveau de la couche musculaire hyperplasiée, de grands blocs multinucléés connus sous le nom de cellules géantes. — A partir de ce point, ses explications deviennent si hypothétiques, si métaphysiques, dirions-nous volontiers, qu'il nous faut reproduire ses termes mêmes, de crainte de les altérer par une analyse (p. 178) : « Quelle est la signification de ces masses multinucléées dans cette région? La réponse à cetle question est donnée par l'étude de leur développement ultérieur. Ces masses n'ont pas toutes la même destinée. Il est facile de constater que quelques-unes d’entre elles se creusent de cavités, de manière à devenir des sinus sanguins, dont les parois sont formées par les noyaux devenus marginaux. Deux cellules montrant celte
transformation sont représentées dans la figure 3, en b (Voir la fig. XCIL, en C); il est vraisemblable que le protoplasma foncé et fortement granuleux se résout en une masse de globules sanguins. Mais le plus souvent la transformation vaso-formative de ces cellules géantes se fait autrement, la lumière du canal sanguin apparaissant non dans le centre de la cellule, mais dans les espaces intercellulaires limités par les noyaux serrés de deux cellules voisines. Plusieurs des masses multinucléées ont leurs noyaux accumulés seulement vers l’un des angles ou des bords, et les bords nucléés de deux cellules de ce genre forment, par leur opposilion, la paroi nucléée des conduits sanguins. Alors la partie non nucléée du protoplasma paraît tomber en dégénérescence. ».... « Ces tractus vasculaires, produits par l'association de productions de ce genre, sont caractéristiques de la partie profonde du placenta du cochon d’Inde et spécialement de sa portion secondaire ou cotylédonaire..…. Poursuivis jusqu'au niveau de la surface libre de cette portion, ces tractus forment les saillies villeuses qui sont représentées dans la figure à (figure XCIV, ci-contre), et qui sont caractéristiques de la portion secondaire ou cotylédonaire du placenta. Le bord et l'extrémité libre de ces saillies en forme de villosité renferment des noyaux étroitement serrés les uns contre les autres, mais leur intérieur n'est en somme qu’une expansion uniforme de protaplasma granuleux...…. Les vaisseaux fœtaux sont appliqués à la surface de ces villosités ou cotylédons, formant une série d’anses qui alternent avec les saillies villeuses. Cette disposition est la même, d'après Ercolani, que dans le placenta des ruminants. » — Et plus loin (p. 180) : « Le contraste entre le processus vasoformalif dans les parties profondes et les parties superficielles est facile à établir. A la surface, les larges cellules périvasculaires se fusionnent en cordons vaso-formatifs, chaque cellule conservant par places une indication de son individualité. Dans les couches profondes, au contraire, les éléments vaso-formalifs sont de grosses masses multinucléées et les parois vasculaires sont comme découpées aux dépens d’une matrice commune de protoplasma multinucléé. De cette découpure résultent des pièces linéaires qui sont plus particulièrement utilisées pour la formation de conduits vasculaires, et des blocs cubiques ou sphériques qui, placés entre les trainées linéaires vasculaires, subissent en général le processus de la nécrose.... Ces changements subséquents des masses multi-
nucléées montrent que certaines parties du tissu hyperplasié arrivent à se vasculariser, tandis que d’autres n’y parviennent pas. Il y a réellement une sorte de sélection qui amène certains éléments à l’état de tractus vasculaires, tandis que les autres tombent en dégénérescence. Les cellules géantes qui arrivent à prendre part à la formation d’un sinus sanguin ne tombent pas en dégénérescence ; mais pour les cellules géantes qui ne participent pas au processus vaso-formatif, il n’y a d'autre alternative que de subir la transformation caséeuse, ou de se résoudre en un détritus » (p. 181).
Fig. XCIV. Creighton, 1879, pl. XVI, fig. 5. — Légende de Creighton : Villosités terminales ou cotylédons du placenta secondaire du cochon d'Inde. (Comparer avec la figure 255 de notre planche XXI.)
Nous verrons dans un instant que Laulanié, par ses études sur
le placenta du cochon d'Inde, a été amené à entreprendre une étude des cellules géantes en général. Or, chose singulière, les
4. Il faut avouer qu'il n’est pas facile en effet de se reconnaître au milieu des détritus, selon l’expression fort juste de Creighlon, qui forment la pulpe de la sérotine dans le milieu du pédoncule du placenta. Nous avons vu que ces détritus sont de deux ordres, les uns provenant des cellules de la sérotine (fig. 249, pl. XXI), les autres des tractus plasmodiaux émis, sous forme de racines, dans cette sérotine (fig. 256, pl. XXI). Faute de notions sur les premières phases du développement, Creighton a confondu toutes ces formes et a voulu établir entre elles une seule et même filiation. Il est évident, par exemple, que les éléments représentés dans la fig. 3 de sa planche XVI (reproduits en € dans la fig. XCIT) sont les mêmes que nous avons représentés dans la fig. 256 de notre planche XXI. — Quoi qu'il en soit, ces explications embarrassées de Creighton sont un type des hypothèses laborieuses par lesquelles, en l'absence de préparations sériées, comprenant tous les stades d’un développement, l'observateur se croit obligé de combler ces lacunes: ces hypothèses pourraient, par hasard, rencontrer la vérité; les longues critiques historiques auxquelles nous nous livrons dans ce mémoire montrent que toujours elles se sont égarées loin de la vérité,
mêmes circonstances ont amené Creighton aux mêmes tentatives de généralisation, et son mémoire sur le placenta fut aussitôt suivi d’une étude sur les cellules géantes du tubercule. Nous ne le suivrons pas dans les théories de ce nouveau travail ‘. Mais ce mémoire débute par un résumé de ses études sur le placenta, résumé que nous avons intérêt à reproduire, car il est de nature, par sa forme plus concise et plus condensée, à jeter un peu de lumière sur les théories qu'il avait précédemment émises. « Dans un travail précédent, dit-il, j'ai décrit l’apparition de cellules géantes dans l'aire de formation du placenta du cochon d'Inde et je me suis efforcé de déterminer les circonstances qui amènent cette production. Ges éléments dérivent des cellules normales des couches profondes (musculaires) de la paroi utérine, par multiplication intra-cellulaire du noyau. La forme si spéciale d’hyperplasie utérine périodique qui aboutit à la formation des cellules géantes, se produit dans la couche musculaire circulaire serrée, dense et peu vasculaire. Le tissu sous-épithélial (cellules de la caduque hypertrophiée) qui prend la plus grande part au bourgeonnement placentaire, est d’une texture moins serrée, plus abondamment vascularisée, et il n'est point le siège de la formation de cellules géantes. Ses cellules, après être restées un certain temps à l’état d'éléments périvasculaires, se transforment en cellules vaso-formatives, et telle est aussi la destinée des cellules géantes de la région plus profonde. Dans les deux régions, l'hyperplasie du tissu est suivie de la production de nouveaux vaisseaux. Il semble que les vaisseaux antérieurement existants sont devenus insuffisants pour la nutrition du tissu fortement hyperplasié, c’est pourquoi on observe cette production abondante de nouveaux et larges vaisseaux dans toute la région qui est soumise à l’hypertrophie. Les cellules qui donnent naissance à ces nouveaux vaisseaux sont les éléments mêmes du tissu hypertrophié, et ce qui caractérise la formation placentaire, c’est qu'elle consiste purement et simplement dans la production de vaisseaux à épaisses parois protoplasmiques, et d'une substance spongieuse ou caverneuse qui représente le territoire capillaire de ces vaisseaux. Les cellules hyperplasiées deviennent des cellules vaso-formatives; et celles d’entre elles qui ne participent pas à ce processus vaso-formatif subissent une dégénéres-
4. C. Creighton, On the physiological type of the Giant-Cells of tubercles and qranulations. (Journ. of. Anat. and Physiol., vol. XIIT, 1879, p. 183.)
EN Le cence qui les liquéfie en une sorte de mucus ou les transforme en un détritus granuleux caséiforme. La dégénérescence de ces éléments, dans les intervalles placés entre les cordons vasculaires de nouvelle formation, s’observe aussi bien dans les couches superfcielles que dans les profondes; mais cette dégénérescence est bien plus considérable dans les couches profondes qui sont occupées par les cellules géantes, éléments multinucléés dans lesquels on trouve tous les stades de la nécrose et de la désintégration. Ces cellules géantes du placenta ressemblent, par leur forme et leurs autres caractères généraux, aux cellules géantes du tubercule et autres produits pathologiques ‘..…. »
Ercolani (1880). — Nous arrivons maintenant au dernier mémoire d'Ercolani, publié en 1880 *°. Quoique ce travail soit postérieur à celui de Creighton, on verra facilement qu’il est de beaucoup inférieur à celui-ci.
Dans un chapitre intitulé Du processus néoformatif de la caduque chez les rongeurs (op. cit., p. 41), Ercolani consacre au cochon d'Inde les lignes suivantes : « C’est par un processus de destruction de tous les éléments anatomiques de la muqueuse utérine non gravide que commence la formation d’une caduque vraie et complète, comme celle de l'espèce humaine, caduque qui cependant ne s'étend pas à toute la surface interne de la corne utérine, mais se limite aux segments dans lesquels se fixe un œuf fécondé, J'en ai fait antérieurement les premières observations chez le rat, et je les ai répétées plus récemment chez le Cobaye. Je n'insisterai ici que sur ces dernières observations, que j'ai pu rendre plus complètes, et j'y insisterai d'autant plus volontiers que les études de
1. Qu'il nous soit permis, au moment d'en finir avec Creighton, de faire remarquer que cet auteur n’a pas toujours été bien heureux dans ses interprétations relativement aux origines et dérivalions cellulaires. Nous en donnerons comme preuve les singulières conclusions auxquelles il arrive relativement à l’origine de la mamelle. (Charles Creighton, On the Development of the Mamma and of the Mammary Function, avec 4 planche. — The Journ. of Anat. and Phys, vol. XI, 4877, p. 1.) — C’est une notion classique depuis longtemps que la mamelle se développe aux dépens d'un bourgeon profond de l’épiderme. Creighton au contraire conclut de ses recherches que les acini de la glande se forment chacun séparément dans le tissu embryonnaire sous-épidermique (mésoderme). Les cellules aux dépens desquelles ils se développent sont de même nature que celles qui donnent naissance au tissu adipeux, et le développement des acini glandulaires est à peu près le mème que celui des lobules du tissu adipeux. Les conduits de la glande se forment dans le mème tissu que les acini, par agrégation des cellules mésodermiques embryonnaires qui se disposent en séries suivant des lignes déterminées.
2. Ercolani, Nuove ricerche sulla Placenta nei pesci carlilaginosi e nei mammiferi. Bologna, 1880.
LÉ, — Creighton sur cette même formation chez ce même animal concordent complètement avec les miennes. La muqueuse utérine du Cobaye, à l'époque du rut, se gonfle et s’épaissit, et, s’il y a conception, cette tuméfaction s'exagère dans les régions où doivent
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