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Fig. XCVW. Ercolani, 1880, pl. VILL, fs. 3. — Légende d'Ercolani : Tuméfaction déciduale ou formation de la caduque avec destruction de tous les éléments primitifs de la muqueuse ulérine; — “, musculature utérine: — ©, restes des glandes utricalaires; — d, vaisseaux et masses de cellules périvasculaires qui comblent presque complètement le segment utérin avant que l'œuf y arrive; — a, petite cavité où se fxera l'œuf: — à, autre cavité, plus petite encore, où se formera la portion maternelle du placenta.
s'arrêter les œufs fécondés (p. 78)... La figure 3, pl. VIII (fig. XCV, ci-contre), représente à un grossissement de 50 fois la moitié d'un segment utérin préparé à recevoir l'œuf fécondé, mais alors que
celui-ci n'y est pas encore arrivé !. On voit combien la cavité utérine est rétrécie par la muqueuse tuméfiée; celte cavité est en effet remplie d’un tissu d'une nouvelle formation, constitué d'éléments cellulo-vasculaires (en d), au milieu desquels on ne voit plus de glandes utriculaires, si ce n’est en quelques régions particulières (en o), ces glandes étant soumises au processus destructif. Dans le centre de cette masse cellulo-vasculaire on voit deux cavités : l’une plus grande (en a), de forme elliptique, et sans revêtement épithélial, est destinée à recevoir l'œuf; l’autre petite (en b), de forme irrégulière, est destinée à former cette portion du placenta à laquelle, dans un précédent mémoire, j'ai donné le nom de portion cotylédonaire, et jusqu'à laquelle les vaisseaux fœtaux arriveront, mais sans s’y distribuer ?.
« La fig. 4 (fig. XCVI, ci-contre) représente à ce même grossissement de 50 diamètres la partie centrale de la néoformation cellulovasculaire qui forme la caduque déciduale vraie. Ici l'œuf est déjà arrivé dans lutérus, c'est-à-dire dans la cavité indiquée par la lettre a dans la figure précédente, et dans cet œuf on reconnait les feuillets embryonnaires (e) déjà formés, les lames amniotiques (a) étant déjà soudées entre elles. Au pôle opposé de l’œuf, dans la caduque qui est en contact avec la paroi externe de l’œuf, les éléments vasculaires prédominent sur les éléments cellulaires (en p), et adhèrent à la membrane externe de l'œuf. Ce fait, sur lequel j'aurai à revenir en parlant du processus formatif et de l'état achevé du placenta du Cobaye, ce fait ne s’observe que dans cette partie de la néoformation déciduale qui deviendra placenta maternel parcouru par les vaisseaux fœlaux, et on dirait que cette partie représente exactement la caduque sérotine de la femme, si, comme je l’ai indiqué, il ne se formait une autre portion de placenta au niveau de la cavité désignée par la lettre b dans la présente figure (figure XCVD) et dans la figure précédente (figure XCV), portion avec
1. Dans une coupe telle que celle figurée ici, l'œuf est déjà arrivé, fixé et encapsulé dans la capsule réfléchie; il y est à l’état d’ovo-cylindre, comme le représente la fig. 206 de notre planche XVIII. Cette figure 206 permettra également de se rendre compte de la vérilable signification des deux cavités qu'Ercolani décrit ici, cavilés dont il n’a pu voir les connexions sur une unique coupe transversale.
2. Nous n’aurions pas autre chose à faire iei que de reproduire les critiques déià formulées à propos des figures analogues que donne Ercolani pour le rat. Nous renvoyons donc le lecteur à l'explication des figures LXXIV et LXXV (ci-dessus, dans le texte) et aux observations dont nous avons accompagné l'interprétation d’Ercolani relativement à ces figures, il
laquelle les vaisseaux allantoïdiens n’affecteront que des rapports de contiguité.
« Avec les progrès de la gestation, les éléments cellulo-vasculaires néoformés (en p) et ceux qui entourent la cavité b subiront seuls les
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Fig. XCVI. Ercolani, 1880, pl. VIII, fig. 4. — Légende d'Ercolani : Les deux cavités de l'utérus et les éléments qui les entourent, alors que l'œuf y est en voie de développement. (Grossiss. de 50 diam.); — e, feuillets embryonnaires; — a, amnios déjà fermé; — », vésicule ombilicale; — €, la membrane la plus externe de l'œuf correspondant au vrai chorion des autres mammifères, si toutefois ce n'est pas précisément le chorion, comme le prétendent quelques auteurs; — p, portion de caduque très vascularisée, qui adhère intimement à la membrane externe de l’œuf et qui se transformera en portion fœtale du placenta; — b, cavité encore persistante dans laquelle se développera ultérieurement la portion maternelle du placenta (portion cotylédonaire au contact de laquelle les vaisseaux fœlaux arrivent sans la pénétrer); — d, désagrégation des éléments vasculo-cellulaires de la caduque dans la région où celle-ci se transformera en caduque déciduale vraie.
phases progressives de développement pour constituer le placenta, et tous les autres éléments anatomiques qui entourent l’œuf seront
d'abord frappés d’un arrêt de développement, puis subiront un processus régressif et se détacheront finalement de l'utérus pour former une sorte de grosse membrane qui correspond entièrement à la caduque déciduale vraie de la femme (en d, fig. XGVI). »
On voit qu'Ercolani mêle à la description de la caduque celle du placenta, et c’est, nous l'avons dit, ce qui nous a empêché de le faire figurer dans la partie de notre historique consacrée spécialement à la caduque réfléchie. Il est du reste facile de reconnaître que sa figure 4 (fig. XCVI) est d’une coupe d’une pièce altérée, déformée, où l'œuf est ratatiné et plissé dans tous les sens. C'est un stade de développement intermédiaire à ceux représentés dans les deux figures 219 et 233 de nos planches XVII et XIX. De même ce qu'il dit de la formation du placenta serait entièrement incompréhensible sans sa figure, et devient facile à interpréter en comparant son dessin avec les deux figures 219 et 233 de nos planches.
Mais, vers la fin de cette étude sur le processus néoformatif de la caduque, Ercolani fait une remarque qui est pour nous de la plus haute importance; elle est relative à ce que nous avons signalé, dans le tout dernier paragraphe de notre étude sur le cochon d'Inde, et dont nous avons remis l'étude complète à une autre série de recherches, à savoir une desquamation complète de l'utérus après la parturition, c’est-à-dire quelque chose qui ferait penser à une caduque vraie, analogue à la caduque vraie de la femme : « Dans ces derniers jours, dit-il (p. 80), recherchant comment la muqueuse tuméfiée pendant la gestation dans les régions vides de la corne utérine revenait à son état normal, je demeurai fort étonné, je l'avoue, en constatant que cette muqueuse elle-même se détruit et devient caduque post partum. Je n’ai pu avoir les matériaux nécessaires pour suivre minutieusement ce processus destructif et la formation consécutive d’une nouvelle muqueuse utérine. Mais d’après ce que j'ai pu observer, je puis dire que ce processus destructeur commence rapidement après qu'a eu lieu la parturition et d’une manière ni uniforme, ni simultanée sur tous les nombreux plis de la muqueuse, puisque sur les préparations on voit de ces plis qui sont en partie détachés et en partie unis encore, par les couches profondes de leur tissu conjonctif, avec les strates musculaires internes; et ce qu'il y a de remarquable, c’est que les parties qui restent dénudées par le détachement partiel des plis de la muqueuse, se montrent déjà recouvertes d’une nouvelle couche épithéliale
appliquée sur le tissu conjonctif que la muqueuse primitive a abandonné. Il me semble que cette néoformation d'éléments épithéliaux mérite l'attention des histologistes. Mais, quoi qu'il en soit, il en résulte que le cobaye présenterait une caduque semblable à celle de la femme non seulement dans les segments utérins où se développe un œuf, mais qu'il présenterait encore une caduque post partum, se détachant des segments utérins demeurés vides pendant la gestation, en un mot toute la muqueuse utérine serait ici caduque, partie pendant la parturition dans les régions profondément modifiées par la gestation, partie après la parturition dans les régions où la muqueuse se détache. »
Passons au chapitre (p. 180 et suivantes) où Ercolani s'occupe plus spécialement du disque placentaire et du prétendu cotylédon surajouté. Après avoir rappelé les descriptions données dans ses précédents mémoires, et que, dit-il, Creighton a confirmées, il annonce qu'il va donner une démonstration du processus évolutif des parties en question, démonstration qu’il recule sans cesse, et que finalement il ne fournit pas, ainsi qu’on va le voir, autrement que par quelques hypothèses incessamment répétées sur la néoformation de la caduque et l’origine de ses cellules déciduales.
« Pour arriver maintenant, dit-il (p. 181 et suivantes), à donner une idée exacte non tant de la structure de ces deux portions du placenta, que de leur processus évolutif, il me semble indispensable de donner ici (planche VIIE, fig. 1; fig. XCVIL, ci-contre) une figure reproduisant sans détails l’ensemble de ce que j’ai fait minutieusement représenter dans mon précédent mémoire. En a est la paroi musculaire utérine revêtue à sa surface interne d’une simple couche épithéliale qui s'est reformée après la séparation de la caduque déciduale ou caduque vraie; cette caduque vraie, figurée en d, se continue avec la portion de caduque qui entoure le pédoncule du placenta et qui peut être considérée comme représentant la caduque réfléchie (en r), laquelle, chez le Cobaye, revêt la portion fœtale du placenta (en r') ‘. Le chorion, adhérent à toute la surface fœtale du placenta, est figuré en c. Dans le placenta, on voit en f la portion fœtale, et en »#” la portion maternelle, et enfin en o un faisceau de
4. Nous avons déjà fait remarquer, à propos des précédents mémoires d'Ercolani, que cette prétendue caduque revètant le placenta était l’entoderme vitellin. Comment Ercolani n’a-t-il pas remarqué que Schäfer et Creighton avaient fort bien reconnu cette couche d’Aypoblaste à la face supérieure du placenta?
vaisseaux provenant du cordon ombilical el passant par le milieu de la portion fœtale pour arriver jusqu’à la portion maternelle sans la pénétrer. Maintenant, pour établir les rapports entre les dispositions de ce placenta achevé et celles qu'on observe dans les premiers stades de son développement, telles que les représentent très exactement les figures 3 et 4 (figures XCV et XCVI, ci-dessus), il me suffira d'indiquer que c’est cette portion de caduque adhérente avec parois inférieures de l'œuf (en p, fig. 4; fig. XCVI) qui se transforme en portion fœtale du placenta (f, fig. XCVIT) : au contraire la cavité de ces mêmes figures (XCV et XCVI) et les cellules déciduales qui l'entourent se transforment en portion maternelle du placenta (m,
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Fig. XCVII. Ercolani, 1880, pl. VIL, fig. 1. — Légende d'Ercolani : Vue d'ensemble et sans détails d’une coupe verticale de l'utérus et du placenta, à complet développement, du Cavia Cobaja; — a, musculature utérine revèlue d'une simple couche épithéliale dans les parties autres que celle où se forme le placenta; — €, chorion avec de courtes villosités entourant le placenta; — d, caduque vraie; — r, caduque réfléchie revétant le pédoncule du placenta; — 7’, caduque réfléchie revêtant le corps même du placenta et se continuant avec le chorion; — f, portion fœtale du placenta, dans laquelle les vaisseaux fœtaux viennent au contact direct des éléments périvasculaires des vaisseaux maternels; — m, portion maternelle du placenta formant une sorte de calice à fond ondulé ; c'est la portion cotylédonaire, dans laquelle ne se distribuent pas les vaisseaux fœtaux ; — 0, faisceau de vaisseaux fœtaux qui arrivent simplement au contact de la portion précédente.
fig. XCVID); enfin les éléments cellulo-vasculaires indiqués en d (sur la fig. XCVT) sont ceux qui, frappés d’un processus régressif, se transforment en caduque vraie et caduque réfléchie, selon la région qu'ils occupent primitivement. Mais avant d'analyser un peu plus minutieusement ces transformations, je dois dire quelques mots de la disposition anatomique de ces deux portions du placenta, lorsque celui-ci est arrivé au terme de son développement, Quant à sa forme extérieure, elle est pédonculée. D'autre part il est, excepté à sa surface fœtale adhérente au chorion, il est revêtu d'une couche de
caduque réfléchie (en r, r’, figure XCVIT), qui présente des caractères différents sur le pédoncule et sur le corps même du placenta. Autour du pédoncule cette caduque apparaît comme une large bande frangée revêtue d'une couche épithéliale, et ressemble à une plicature de muqueuse utérine hypertrophiée, mais dans laquelle tous les éléments primitifs ont disparu, de sorte qu'elle est actuellement formée d'éléments cellulaires jeunes, identiques à ceux qui consliluent la portion centrale du pédoncule, éléments bien différents des corpuscules ordinaires du tissu conjonctif; les glandes utriculaires y sont totalement absentes et les vaisseaux qu'on y observe ont tous la structure de capillaires dilatés. La néoformation de cette caduque réfléchie est plus évidente encore dans la région qui confine à la musculature utérine, car ici les nombreux vaisseaux qui la parcourent sont entourés d’une épaisse couche de cellules périvasculaires qui rendent évident le fait d’une néoformation et non d’une simple transformation des éléments préexistants. La caduque réfléchie qui revêt le corps même du placenta, caduque que je n’ai observée si clairement que chez le cobaye et le Dasyprocta aguti, est en continuité avec les éléments cellulaires que je viens de décrire autour du pédoncule, et, d’autre part, au niveau du bord de la face fœtale du placenta, ses éléments se fondent avec ceux du chorion qui revêt celte face et lui adhère. Toute la surface de cette caduque réfléchie est revêtue d’une couche épithéliale d'épaisseur irrégulière, et présentant de place en place des accumulations épithéliales qui figurent de courtes villosités ‘. La partie centrale du pédoncule, en continuité avec la portion maternelle du placenta (en m, fig. XCVITI), est formée d'un tissu cellulovasculaire mou et délicat, dans lequel les éléments cellulaires affectent les formes les plus variées, depuis celle de petits noyaux arrondis entourés de protoplasma gélatineux, jusqu’à celle de cellules géantes à nombreux noyaux, toutes ces formes étant irrégulièrement mélangées. Au milieu de ces éléments cellulaires est un réseau de capillaires irrégulièrement dilatés, qui représentent une forme rudimentaire des dilatalions vasculaires formant les lacunes du placenta des singes et de l'espèce humaine. La portion mater-
4. Nous avons vu en effet que l'enfoderme ectoplacentaire (car c'est bien de lui qu'il est ici question sous le nom de caduque revêtant le placenta et se continuant avec le chorion) présente de courtes villosités formées uniquement de cellules épithéliales,
puisqu’ici il n’y a pas trace d'éléments mésodermiques. (Voir, par exemple, la fig. 271 de la planche XXII.)