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. LEA os ÉVOLUTION DU PLAN DE CAMPAGNE ALLEMAND 43
formations de seconde ligne manquaient de toute cohésion. Il ne luirestait d'autre ressource, si une armée étrangère violait la neutralité, que de s’enfermer dans le cul-de-sac d'Anvers, où il ne faudrait pas beaucoup de monde pour Ja tenir bloquée.
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On comprend que le chef d'état-major allemand n'ait pas hésité longtemps à fixer son choix. Il opla aussitôt pour le passage par la Belgique et s’attacha à mettre au point le plan de campagne grâce auquel, en tournant par le nord notre ligne fortifiée de Lorraine, on contraindrait l'armée française à livrer bataille dans une situation sans issue et à s’y faire anéantir comme le furent jadis leslégions romaines dans la plaine de Cannes.
C’est à partir de l’année 1905 que devait jouer le nouveau
plan de Schlieffen, reposant sur la manœuvre de Belgique.
La Russie, alors en pleine guerre avec le Japon, était incapable de prendre part à un conflit européen, d'où la 7 possibilité pour l'Allemagne de faire observer simplement * ’
sa frontière de l'est par quelques unités territoriales et
d'employer toutes ses forces actives et de : réserve contre |
la France.
Les ressources du recrutement lui permettaient, à cette he
époque, de mobiliser en première ligne :
72 divisions d'infanterie (actives ou de réserve) ?.
11 divisions de cavalerie. | HAT LE
26 1/2 brigades de landwebr.
Aussitôt après la mise en route de ces ‘unités, on consti-
iuait des brigades mixtes, dites d’ersaiz mobile, du à moyen des réservistes et des hommes des ; jeunes classes
de la landwehr restant en excédant dans les dépôts.
\ 4. Voir le croquis p. 56-517.
2. Le territoire de l'empire était divisé en 22 régions de recrutement
(16 prussiennes, saxonnes, wurtembergeoises, Û bavaroises) fournissant
chacune un corps d'armée actif à 2 ou 3 divisions d'infanterie. À ces 22 corps d'armée s’ajoutait celui de la Garde, constitué par prélèvements sur les contingents de la Prusse et de l’Alsace-Lorraine. ;
A côté des 23 corps d'armée actifs se mobilisaient 42 1/2 corps d'armée
de réserve, à 1 ou 2 divisions.
: Soit au total, 35 1/2 corps d'armée, qui donnaient 72 divisions d'infanérie.
3. Il ne faut pas confondre ces unités d’ersatz mobile avec l'Ersatzreserve Se Composant d'hommes de la 2e portion du contingent qui n'étaient restés que quelques semaines sous les drapeaux au moment de l’appel de leur classe et avaient besoin d’un complément d'instruction pour devenir aptes à faire campagne. En 1914, l'Ersatzreserve n’entra en ligne qu’à la bataille de l'Yser, soit plus de deux mois après la déclara: tion de guerre,
Avec ces brigades on pouvait former 8 corps qe bee SUPplémentaires.
Telles étaient Les ressources dont disposait l'Allemagne pendant les premières semaines des hostilités pour mettre l'armée française hors de cause.
Schlieffen n'entendait pas s’en tenir à des demi-mesures. Quand il eut pris la détermination de violer la neutralité du Luxembourg et de la Belgique, il voulut en tirer tout le parti possible et donner à son offensive le maximum de rendement, quitte à consentir des sacrifices de terrain dans les parties les moins vulnérables du front de bataille pour être certain de triompher là où il voulait provoquer la décision. Il résolut donc d'adopter une attitude généralement défensive devant les barrières fortifiées de Beliort à Verdun, pour développer toute son offensive au nord de cette place et l’étendre aussi loin que possible à droite en maintenant la liaison entre les colonnes qui y prendraient part.
A l'aile gauche, où on se bornait à l’expectative, on réduirait les forces à l'extrême, de manière à les augmenter d'autant sur la partie du front où on attaquait et tout particulièrement : à l’aile droite chargée d’enfoncer le flanc de l'ennemi et d'agir sur ses derrières.
L'Alsace-Lorraine se prêtait fort bien à l'exécution de ces desseins. La défense y était facile à conduire. Si les Français envahissaient la plaine alsacienne, ils s’y trouveraient bloqués dans l'impasse enclose entre la fron- tière suisse, le cours du Rhin et le camp retranché dé Strasbourg. En Lorraine, la résistance s’appuierait à gauche au massif du Donon, à droite au système fortifié Metz-Thionville. Entre ces deux solides bastions ne subsistait que la trouée Delme-Sarrebourg, comparable à celle de Charmes du dispositif du général Séré de Rivières. Le terrain s'y prête d’ailleurs fort
nAtbé, PTE *
46 LE PLAN DE CAMPAGNE ALLEMAND DE nous as
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mal au développement d’une importante offensive | enne=
mie: il est coupé de lignes d’eau, rivières et canaux, parsemé d’étangs qu'on peut mettre à profit pour disloquer l'effort de l’assaillant.
Le plan de Schlieffen, tenant compte de ces conditions
favorables, envisageail l'évacuation complète de la Haute-Alsace. La défense était reportée d’une part sur le Rhin, de l’autre sur la ligne Strasbourg-Donon-Metz. A la garde du fleuve entre Huningue et Strasbourg on n’employait que 3 1/2 brigades de landwehr. Sur la ligne Strasbourg-Donon-Metz, en dehors des garnisons des places, s’alignaient 9 divisions d'infanterie, 3 divisions de cavalerie, 1 brigade de landwehr. : |
Ces forces avaient pour mission, en cas d'attaque ennemie, de disputer le terrain sans se laisser entraîner dans une action she e de reculer lentement d’une position à l’autre, jusqu’au moment où la grande offensive allemande du nord ferait sentir sa répercussion sur cette partie de l'immense champ de bataille. Au cas peu probable où les Français observeraient une attitude passive, 4 divisions allemandes attaqueraient Nancy, mais sans s'engager à fond et seulement afin d'empêcher l'ennemi de prélever des forces sur le front lorrain et de les diriger vers la Belgique. Schlieffen espérait même, dès que la situation se serait éclaircie dans le nord, diminuer encore le nombre des unités dans les pays annexés, en enlever
& divisions et les transporter par chemin de fer à son à aile droite.
Tandis que des forces relativement très faibles devaient mener la lutte du mieux qu’elles pourraient sur la partie défensive du front, rien, dans le plan de Schlieffen, n'était épargné pour étoffer le bloc offensif, chargé de déborder et
de prendre à revers la ligne de bataille française. Ce bloc se fractionnait en trois groupes :
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