‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 19 sur 107 · SES ET PT CRE · texte numérisé non relu

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France; il connaissait à merveille le terrain où se déroulait la lutte. On avait fréquemment recours à ses avis en haut lieu et, lorsque la crise approcha de son point culmi-

nant, le 8 septembre, on l’envoya sur le front muni de

pouvoirs étendus. Hentsch est mort en 1917, au cours des opérations de Roumanie.

Le triumvirat Stein-Tappen-Hentsch, qui avait la charge de préparer pour le chef les éléments de ses décisions, puis de faire exécuter celles-ci, se montra nettement inférieur à sa tâche. Il semblait croire que le plan de campagne contenait tout ce qui devait assurer la victoire et dispensait le commandement et ses aides de penser à autre chose qu’à son application littérale. Il manqua de

prévoyance et d'initiative. On ne le vit à aucun moment essayer d'améliorer son déplorable système de liaisons avec les armées. Le commandement suprême, recevant des comptes rendus aitardés raisonnait sur une situation qui n’était plus celle du moment; les directions qu’il donnait, arrivant avec un nouveau retard aux exécutants, ceux-ci se trouvaient quelquefois dans l'impossibilité de s’y conformer. Aussi prirent-ils l'habitude de ne plus leur prêter qu'une médiocre attention, d'agir à leur guise au mieux de leurs intérêts particuliers et de prendre même des dispositions absolument contraires aux ordres qu'ils recevaient. Après quelques jours de bataille le commandement suprème avait virtuellement cessé d'exister.

Au début, tout marchait à ravir; la plus sereine confiance régnait au grand quartier général; il laissait ses subordonnés faire à leur tête, Quand il constata soudain que le plan initial se trouvait en défaut et se vit en face de l’im-

prévu, il perdit son sang-froid et ne put reprendre la direction qu'il avait laissé échapper.

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