DÉPLOIENENT DE LA MASSE DE MANŒUVRE
ligne de la Gette et des toupes françaises sur celle de la Meuse en amont de Namur.
L’aile droite allemande avait donc rempli sa mission. Au moment fixé, celui de la fin de la période de concentration, elle était alignée sur la rive gauche de la Meuse, prête à mettre en branle le mouvement général de conversion sur lequel le commandement suprême comptait pour atteindre son but. La phase préparatoire de la campagne, qui semblait si hérissée de difficultés, s’achevait par un succès complet. Pas un jour, pas une heure n'avaient élé perdus. La légende s’est établie un peu partout, notamment en France, que la résistance de Liége a retardé la marche des Allemands et pesé par là d’un grand poids sur le sort de la campagne. Rien n’est moins exact. Le dévouement magnifique des troupes belges, comme cela ressort de l'exposé qu on vient de lire, n'a pas arrêté un instant le mouvement général de la masse ennemie. La l'° armée, dont le déploiement devait donner le signal du départ des quatre autres, ne pouvait quitter plus tôt qu’elle ne l’a fait sa base de concentration. Elle ne pouvait davantage marcher plus vite ; son défilé sur trois colonnes à travers les rues d’Aixla-Chapelle constitue même, à cet égard, un véritable tour de force. Que Liège ait capitulé à la première somma- … tion, l’arrivée des corps d'armée de Kluck sur la rive di gauche de la Meuse n'en aurait pas été avancée d’une
Ces constatations ne diminuent en rien le mérite de lä garnison. 5e sachant abandonnée à elle-même, sans
1. Un des résultats de l'affaire de Dinant fut d'induire le commandement allemand en erreur au sujet de l’ordre de bataille français. Le 1 C. C. ayant fait quelques prisonniers du 1448° R, [., on en conclut que le 2e C. A. francais se trouvait dans la région de Dinant, parce que ce régiment en fait partie en temps de paix. En réalité, le 148° était alors détaché en soutien du C. GC. Sordet tandis que le 2° C. A. était en couverture au nord de Verdun, à près de 100 kilomètres de là.
LE PLAN DE CAMPAGNE ALLEMAND DECTE vu
secours possible, elle a subi stoïquement les effets de
engins de destruction les plus formes qu'on eût jamais vus. Mais les combats qu’elle a livrés n'ont eu ‘d’autres résultais que de causer de sérieuses pertes à l'adversaire et d'amener quelque confusion dans les unités de la IF armée, confusion qui avait disparu dès le 17 août etne put donc nuire en aucune façon à l’exécution du plan de l'état-major allemand. Toute l'admiration qui est due aux défenseurs des forts de Liége ne saurait prévaloir contre la vérité historique.