LES OPÉRATIONS JUSQU'AU 20 AOÛT
L'ordre du commandement suprème arriva dans l'aprèsmidi du 17 août à Liége. Le quartier général de la [T° armée venait de s’y établir ; celui de la 1°, en déplacement d'Aïxla-Chapelle à Glons, passait par la ville et put en prendre connaissance.
Kluck éprouva quelque mauvaise humeur à se trouver privé de son indépendance et entrevit aussitôt les difficultés auxquelles cette mesure inopportune serait de nature à donner naissance *. Il profita cependant de l'occasion qui se présentait — la dernière peut-être — d’un échange
4. Cf, A. von Kluck : Der Marsch auf Paris und die Marneschlacht 1914; p. 20.
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de: vues verbal entre les deux états- -majors au sujet des opérations des jours suivants. Dès le commencement de l'entretien des divergences d'opinion radicales se manifesièrent. La [[° armée, dont la première ligne se trouvait en arrière d’une étape par rapport à celle de la [*, désirait se remettre à sa hauteur. Se fondant sur les instructions de Moltke tendant à coupér les Belges d'Anvers, elle voulait » prescrire à la [* armée de ne faire avancer le lendemain que . son corps de droite, le IT°, ainsi que la Il° D. C., qu'elle lui prêtait, ces deux unités se portant vers le nord-ouest par Pael et Beeringen pour être en position, le 19, d’agir contre le flanc gauche de l’ennemi, qui s’appuyait à Diest. Le reste du front de la ["° armée devait rester en place, le 48, sur la ligne Stevoort-Brusthem, tandis que celui de la Il° armée viendrait le prolonger à gauche.
Kluck exprimait un tout autre avis. Ce qui importait . avant tout d’après lui, c’était de ne pas ralentir d’un ins- . tant le mouvement de la [°° armée, de la rapidité duquel dépendait le succès du plan de campagne. Avec quelques divisions belges, point n’était besoin de faire tant de façons, d’échafauder une savante manœuvre; peu importait qu'on les attaquât de front ou de flanc. D'ailleurs elles se déroberaient plus que probablement et n’attendraient pas que le . [1° C. A. eüt achevé de déborder leur position. Quant au - retard de la IL° armée, elle le rattraperait facilement puis- ; qu'elle avait beaucoup moins de chemin à parcourir que Dal.
… On finit par adopter un compromis. Il fut décidé que la « droite de la °° armée s’ébranlerait, le 48, au point du jour … par l'itinéraire indiqué et que le reste de la ligne ne se “ mettrait en marche qu’à 8 heures. On esquissait ainsi l’en- . veloppement de la gauche belge sans grandes chances de la voir aboutir.
L'événement justifia les prévisions de Kluck. La petite
armée belge se ain dorvière la Dyle sous té DrOtidion de deux arrières-gardes postées à Diest et à Tirlemont. Le 49, elle changea de direction vers le nord ei entama en toute tranquillité sa retraite sur Anvers. La marche des armées allemandes, du 18 au 20, ne rencontra pas d'autre résistance. À la droite il y eut quelques escarmouches dans la région d’Aerschot; à la gauche, les IV® et IX° D. C. du général von der Marwitz rencontrèrent entre Bruxelles et Namur une partie de la 5° D.C. française, an rompit après une courte canonnade.
Dans la soirée du 20 août, la situation générale des armées allemandes du groupe offensif se présentait de la manière suivante, de la droite à la gauche:
A la Ir armée, la IEe D. C. avait atteint Wolverthem, à 10 kilomètres au nord de Bruxelles. Le Il° C. AÀ., obligé de prendre pendant sa marche des précautions sur sa droite, n'avait pu parvenir, avec sa tête, qu'à Vilvorde. Le reste de la première ligne, dépassant par sa droite la capitale belge, s’étendait depuis la lisière de ses faubourgs occidentaux jusqu’au champ de bataille de Waterloo. En seconde position; le IIT° C. À. R., orienté dans la direction d'Anvers, qu'il était destiné à masquer, se trouvait en avant d'Aerschot, le IV® C. À. R. en avant de Tirlemont.
Devant la [1° armée, les IV® et IX° D. C. étaient à Marbais. Le front de l’armée se reliait non loin de Waterloo à celui de la [re et se prolongeait jusqu’à Gembloux. Le C. A. R. de la Garde venait de passer, avec le. XI° C. A. (de la IIIe armée) et l'artillerie de siège sous les ordres du général von Gallwitz; ces forces constituaient un détachement
provisoire ayant pour mission de réduire Namur. Pendant |
la journée du 20, Bülow donna une nouvelle preuve de son penchant à exploiter les autres armées au profit de la sienne. Il alla voir Gallwitz et l’invita à faire passer la
majorité de ses moyens d'action sur la rive gauche de la …
… DÉPLOIENENT DE LA MASSE DE MANOŒUVRE ! 111
oui el de porter le centre de gravité de l'attaque contre |
ble secteur nord de la place. Ces dispositions facilitaient la
tâche de la IT° armée en étayant sa gauche, mais compliquaient d'autant celle de la ITF. On ne peut, en ce cas là,
. faire aucun reproche à Bülow, puisque, dans la conception
de la manœuvre d'ensemble, la TI° armée devait servir la | I, mais à condition que la Il° à son tour servit la [°.
. . Au sud de la Meuse, le I C. G. était toujours devant : … Dinant. La IIT° armée avait dirigé le XI° C. A. sur Namur.
… [l ne lui restait que deux corps d'armée en première ligne,
le XII° à droite, le XIX° à gauche; leurs avant-gardes
lenaient Spontin et Ciergnon, à une dizaine de kilomètres | en moyenne de la Meuse. Le XII: C. A. R., qui suivait à hi of forte journée de marche, cantonnait sur l’Ourthe.
. Plus au sud, le front de la IV° armée n’avait pas conservé .à sa droite la liaison avec celui de la IT. Il n’était arrivé de ce côté que jusqu'au cours supérieur de l'Ourthe, à Amberloup; de là, il s'infléchissait vers le sud-est pour à appuyer sa gauche à la haute Semoy vers Etalle.
La Ve armée n'avait d’abord pu utiliser, pour déboucher
de sa zone de concentration, que l’espace très étroit resserré
entre Thionville et Luxembourg ; elle s'était donc vue dans 5 la nécessité de s’échelonner en profondeur. Le 20, elle se
. déployait enire les abords d’Etalle et Fontoy, avec, comme . premier objectif, la vieille place de Longwy, qu’elle tenait déjà sous le feu de son artillerie.
: En résumé, à la date du 20 août, l'aile marchante de la . masse offensive avait pris Liége, procédé ensuite à son … déploiement, obligé l’armée belge à chercher refuge dans n Anvers; elle laissait Bruxelles derrière elle, mettant ainsi " fin: à la période critique que Schlieffen redoutait tant. Le à . vieux stratège avait fixé celte échéance au vingt-deuxième ; » jour de la mobilisation: l’armée allemande de 4914 réali- . sait son désir dès le dix-neuvième. Moltke pouvait donc à
112 LE PLAN DE CAMPAGNE ALLEMAND DE CITE in k .
bon droit se montrer satisfait de ce premier résultal qu ‘obtenait sa droite au moment où, de l'exirême-gauche, parvenait la nouvelle de la victoire du prince de Bavière en Lorraine. | x