‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 49 sur 107 · EN · texte numérisé non relu

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Je longeai ensuite l'artillerie. Elle révélait un état d’esprit différent, déception, colère même de n'avoir pas trouvé d'objectifs, de s'être vue prise sous le tir des obusiers à grande portée avant d'avoir pu ouvrir le feu. Les servants de la batterie perdue, à pied, devançaient le régiment, sé relayänt pour portér les culasses et les appareils dé pointage enlevés aux pièces. Chez eux, comme chez les fantassins, auéun signe de découragement.

Quel Contraste entre les deux scènés qui vénaient de se

dérouler succéssivement sous mes yéux! Après lés vues de mort, de destruction, quel réconfort apporté par cette puissance vivante et moralement intacte! Ma pensée se réportait vers l’énnemi. Lui ne verrait que le premier tableau. Il allait être convaincu, me disais-je, de notre déroute complète, de notre incapacité à remonter le courant.

Ce spectacle qui s’offrit aux vainqueurs de Longwy dans la matinée du 23 août, leurs camarades des autres armées allemandés lé goûtèrent au moins autant qu'eux dans les Ardennés et jusqu'à l'Escaut, ce jour-là ou les jours suivants. Sur l'immense front de combat cé fut un enthousiasme délirant, qui trouva aussitôt son expression dans les comptes rendus adressés à Coblence. On n’y fournissait,

il est vrai, aucun renseignement précis, sauf la Il° armée,

qui seule énuméra le total de ses prises : 4.000 hommes, 35 canons, 57 mitrailleuses, 50 voitures. C’est én somme fort peu de chose quand on vise l’anéantissement de l’ennemi. Au lieu de considérer froidement ces chiffres et d’en | tirer la conclusion qu’ils comportaient, lé grand quartier “général se laissa entraîner par le ton triomphant des mes- Sages qui lui arrivaient de toutes parts. Le chef de la sec- “tion des opérations, Tappen, en a fait la confession : « Les « nouvelles extrêmement satisfaisantes qui nous parvinrent « quotidiennément jusqu’au 26 août, dit-il, s’ajoutant à la

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