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« grande victoire remportée par les VI et VII: armées en « Lorraine du 20 au 23 août, firent naître au grand quar- « tier général la conviction que la grande bataille décisive 1 « d'Occident était terminée en notre faveur ». 4
Ces succès arrivèrent à propos, ear la situation sur le 4 front russe causait de vives inquiétudes. La VIE armée | allemande, opérant en Prusse Orientale sous les ordres du général von Prittwitz, avait devant elle l’armée russe du Niémen (général Rennenkampf) et sur son flanc droit celle 4 de la Narew (général Samsonof). Une première affaire, | . dans la région de Gumbinnen, avait Lourné au désavantage des Allemands, qui durent rétrograder en laissant, quelques canons sur le terrain. Prittwitz, perdant la tête, . l ne parlait de rien moins que de se replier sans combattre ‘ derrière la Vistule. Le 22 août, on le remplaça par Hinden-
burg..
En recevant, en 4906, le plan de campagne des mains de | Schlieffen, Moltke n'avait pu se résoudre, comme lui, à. 4 abandonner les pays annexés, mais il paraissait alors ni résigné à sacrifier la Prusse orientale. Se croyant mainte-. nant vainqueur sur Île front occidental, il ne put sup-, porter l'idée de laisser les provinces de l’est insuffisamment défendues. Il se prépara à y envoyer six Corps | d'armée et une division de cavalerie, prélevés sur les armées opérant en France, en prenant deux corps d’armé F à l'aile gauche, deux au centre, deux à l'aile droite. Ces. derniers étaient les plus faciles à dégager, le CHAR € À la Garde et le XI C. À. venaient\en effet, le 25 août d'achever à peu de frais la conquête de Namur et se trou=. vaient très en arrière du front; ils pouvaient ainsi faire. demi-tour sans apporter la moindre perturbation dans la marche des armées auxquelles ils appartenaient. +10
Le 26 août, un peuaprès 3 heures, les Il° et III: armées recevaient l'ordre de faire rebrousser chemin à ces deux.
| MESURES PRISES sons LA BATAILLE DE BELGIQUE 449
corps et de les diriger par étapes respectivement sur Aix- 5 D Chapelle et Saint-Vith, où ils devaient s’embarquer. L Des instructions analogues étaient destinées aux armées | du centre et de l’aile gauche.
Entre temps, on recevait au grand quartier général des : pou de Lorraine, faites pour ou des doutes sur la déconfiture totale de l'ennemi, telle Ju on se la repré- sentait depuis deux jours.
Du 21 au 24 août, les V[ et VIF armées avaient marché
vers le sud sans trouver d'autre résistance que celle Opposée momentanément par les arrière-gardes françaises. Le 21, les Allemands avaient franchi la frontière ; le lendemain leur XX[° C. A. s'était emparé de Lunéville, puis avait passé la Meurthe. Le Donon était tombé; on prenait l’un après l’autre les cols des Vosges. Le 24, le centre allemand poussait jusqu’au delà de la Mortagne, s avançant en pointe vers la trouée de Charmes.
Dans l'après-midi du 24, une attaque française débouche . brusquement du Grand Couronné; les flanc-gardes bava- roises se voient délogées d'Erbéviller, de Réméréville, de Courbessaux par la 70° D. R. et les deux brigades du 9° C. A. restées en Lorraine. Plus au sud, notre 20° C. A. reprend pied sur les hauteurs de Flainval. Le lendemain, | 25 août, tout le IT° C. À. Bavarois fait face à droite pour . s'opposer à cette agression inattendue. réussit à l’enrayer . après des combats acharnés et à reconquérir la plus grande . partie du terrain perdu. Mais sur la rive gauche de la Mortagne, après un premier avantage remporté sur notre 8° C. A., la situation ne tarde pas à se gâter pour le centre allemand, qui se trouve très en flèche. Contenu en tête . par la cavalerie française et le 8° C. A. qui fait front de nouveau, attaqué sur sa droite par les 46° et .15 CAS entre le ruisseau de l'Euron et la Meurthe, il s'arrête, puis commence à plier. |
Le 26, l'échec allemand s ’accentue devant tout le fiout
de notre 2° armée. La droite évacue de nouveau Rémé-
réville et Courbessaux. Maiïixe et la forêt de Vitrimont à
tombent entre nos mains. Toute la rive gauche de la Mortagne est évacuée. L’élan de la V[° armée est brisé. La trouée de Charmes, menacée le 24, setrouve complètement dégagée. Peu importe que la VIF armée continue à progresser dans les Vosges; il est désormais évident qu’elle sera incapable, livrée à ses seules forces, de rompre notre résistance, étayée par le camp retranché d Epinal.
Ainsi l'espérance que le grand quartier général avait ;
placée dans son groupe de gauche ne se réalise pas. Toutes les ressources des armées de Lorraine leur sont nécessaires pour continuer la lutte et ne pas perdre pied. Molike
en est avisé au moment où il reçoit un message rassurant
d'Hindenburg. Dès le 26, celui-ci lui annonce qu’il eroit tenir à sa merci l’armée de Samsonof et le lendemain qu’il a déjà culbuté la gauche russe et que sa manœuvre se développe dans les meilleures conditions.
C'est sous cette impression que Moltke décide, le 27 août, de réduire les prélèvements sur le front occidental.
En outre de la division de cavalerie saxonne, seuls le
C. À. R. de la Garde, le XI° €. À. — déjà revenus à hauteur de Huy — et le V° C. À. (de la V° armée), dirigé sur
le point d'embarquement de Thionville, doivenl continuer |
leurs mouvements vers l’est :.
1. Peu après, lorsqu'on apprit toute l'étendue de l'écrasante victoire de Tannenberg, le Ve C. A. recut contre-ordre et fut rendu à la Ve armée.