‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 53 sur 107 · LES OPÉRATIONS JUSQU'AU 28 AOUT · texte numérisé non relu

LES OPÉRATIONS JUSQU'AU 28 AOUT

Il nous faut maintenant revenir de quelques jours en

| arrière et examiner les opérations à partir du 25 août. Les commandants d’armée n'avaient pas attendu d’ordres : Lie Molike pour continuer leur action offensive à la poursuite û de l'ennemi. Faute d'instructions chacun s’y employa sui- L vant son tempérament et en s'inspirant de la situation

particulière où il se trouvait.

… À gauche, la V° armée, sous l'impression du coup de boutoir que nous lui donnions en Woëvre, arrêta d’abord tout mouvement en avant. Le contact fut perdu avec la - 3° armée française, à tel point que celle-ci put se replier le 25 août en plein jour vers la Meuse sans être aucunement inquiétée. Presque en même temps nos divisions de réserve pui attaquaient en Woëvre reçurent l’ordre de rompre le

combat. Le Déni Maunoury!, à qui Jes command. | devait constituer dans le plus bref délai sur la Somme une nouvelle armée, la 6°: deux de ces divisions, les 55° et ; 56° D. R., désignées pour en faire partie, avaient l’ordre de se diriger aussitôt sur leurs gares d'embarquement.

Quoique voyant ainsi son front entièrement dégagé, la

V° armée n’avança qu'avec la plus grande lenteur, laissant : à nos troupes le temps de s'installer derrière la Meuse, où certaines d’entre elles restèrent jusqu’au 29 août avant À de recevoir le premier projectile allemand. | 1

La IV° armée agit plus vigoureusement. Dès le 26, elle abordait la Meuse en aval de Stenay, jusqu'au delà de. Sedan et forçait le passage d’abord à Donchery, puis sur plusieurs autres points. Elle se vit contre-aitaquée sur la. rive gauche par notre’4*° armée; pendant plusieurs jours son aile droite fut immobilisée et son aïle gauche dut même être ramenée en arrière.

La IIT° armée, marchant versle sud, ne rencontra d’abord aucune résistance; le 26, ses avant-gardes étaient au sud de Rocroi et trouvaient devant elles les avant-postes du 9% C. A., porté dans la vailée de la Sormonne par la. 4° armée, dont il devait couvrir le flanc gauche?. La division de marche constituée par Hausen le 24 août au matin pour. couper la retraite de l'armée Lanrezac en débouchant par. Fumay, était partie sans équipage de pont; elle érra long: temps dans les bois de la rive droite de la Meuse sans trouver de passage et dut attendre que le XIX:° C. A. lui

envoyât les moyens de franchir le fleuve. Elle ne rallia le.

1. Le général Maunoury venait de recevoir le commandement de plu sieurs divisions de réserve dans la région de Verdun, groupées sous len nom d’Armée de Lorraine. Le groupe du général Pol Durand en faisait. partie. l

2. Le 9° C. À. qui avait laissé deux brigades en Lorraine avait constitué

une division provisoire avec les deux autres; la division du Maroc 14 complétait, Si

reste de r armée sur la rive gauche que le 27, ayant com- ( plètement échoué dans sa mission. D'autre part, le 26 août, On détacha une division entière du XIE C. A. R. pour nvestir la vieille place de Givet. Le 28 août, la IIT° armée, réduite à deux corps d'armée et demi, après avoir refoulé les avant-postes du 9° CO. À. au delà de la Sormonne, était en marche dans la direction générale de Launois, lorsqu'elle se vit violemment attaquée par le gros de notre 9° C. A. dans la région de Signy-l’'Abbaye.

À l'aile droite, Bülow s'était enfin aperçu de l’erreur qu'il avait commise en attirant vers le sud la Ir armée, grâce à quoi la gauche alliée prise à partie de front seule- . ment s'était dégagée à temps. Il espérait pouvoir la gagner . encore de vitesse en obliquant vers le sud-ouest, non seu- Jement avec la 1" armée, mais encore avec la Il. Il porta n conséquence le 25 août le I C. C. et le VIT C. A. vers Aulnoye par le sud de Maubeuge; le reste de la Il armée ppuyait dans la même direction, sa gauche marchant sur hain. C'était bien tard.

Kluck, de son côté, ne songeait naturellement qu'à rattraer les Anglais, mais la journée du 95 allait lui apporter ncore une déconvenue. Dans la soirée du 24, il venait envoyer l'ordre de reprendre l'attaque le lendemain matin en enveloppant la gauche britannique par la forèt de Raismes, quand des renseignements d'aviation lui apporèrent la nouvelle que des colonnes ennemies avaient été perçues à la fin de l'après-midi en retraite sur Maubeuge. donna immédiatement contre-ordre, redressant l’axe du ouvement du sud-ouest vers le sud. Le 25, à 10 heures, s informations des reconnaissances aériennes indiquèrent toutes qu’ons ‘était mépris la veille, que l'adversaire n'avait ucunement obliqué sur Maubeuge, mais qu'il se repliait vers le sud-ouest en évitant au contrairele camp retranché. A fallut changer encore les: FAROEES prises dans la nuit

Er

et déjà en voie d'exécution. On parvint non sans peine et avec une perte de temps sensible à ramener les unités de la l” armée dans la direction initiale. On ne put rejoindre l'ennemi au cours de la journée. Le soir, les avant-gardes du IV° et du Ill: C. À. trouvaient Solesmes et Landrecies encore occupées et de vifs combats s'y engagèrent. A Solesmes on réussit à retarder quelque peu une brigade anglaise, mais à Landrecies les Allemands surpris en formations denses par des mitrailleuses subirent de grosses pertes sans aucun profit’. : | Le 26, la 1° armée persévéra dans sa tentative d’accrocher et de détruire le corps expéditionnaire britannique, n'épargnant aucun effort, aucune fatigue pour arriver à . ses fins; le dernier élément réservé, le IV° C. À. R. fut. | amené en première ligne, entre les 1° et IV° C. A., par une marche forcée, puis toute la masse s’ébranla vers le front Cambrai-le-Cateau, précédée par la cavalerie de Mar- : witz. 4 Le maréchal French avait donné à son armée l’ordre de ( continuer son repli sur Saint-Quentin. Le 1° GC. A. l’exé- 1 cuta, mais le général Smith Dorrien, commandant le 9° C. À.,estima que ses troupes étaient trop épuisées pour ; se remettre en marche et préféra es sur place les 1 événements. Ils ne tardèrent pas à se présenter sous la À forme de la cavalerie allemande, bientôt suivie du IV° C. A. À L'affaire prit aussitôt une fâcheuse tournure pour les trou- { pes britanniques, malgré l’action, près de Cambrai, d'une È de nos divisions territoriales et du, corps de cavalerie * Sordet, passé la veille à travers la zone de marche des colonnes anglaises pour se porter à leur gauche. Ces faibles éléments français attirèrent sur eux le corps Mar- 4 witz et le I! C. À. en entier. Cependant la pression sur la !

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