NS PU
A gauche, un groupe formé des IV° et V’ armées se . trouvait ou était sur le point de se trouver aux prises avec . l'ennemi sur la Meuse. À droite, un autre groupe composé des F et Il° armées marchait depuis trois jours vers le sudouest, presque vers l’ouest, et progressait rapidement: ce faisant, il avait devancé les intentions de Molike. Entre ces deux groupes, la III armée se voyait fort embarrassée ; 4 elle ne savait comment rester en liaison avec ses voisins et paraissait incliner à se rapprocher tantôt de l’un, tantôt de l’autre. Si elle marchait vers le sud-ouest, comme le prescrivait la première partie de l'instruction générale du 27, elle s’écartait de la IV° armée et ne pouvait se conformer à la deuxième partie de la même instruction, où il était recommandé aux armées de soutenir leurs voisines engagées au combat.
Dès le 27, de pressanis appels lui parvenaient de la IV° armée, qui prétendait que sa gauche était accablée par l'artillerie française en position au sud de Mézières. . Or la LIϰ armée ne pouvait aider la IV° qu’en avançant vers le sud-est, c’est-à-dire dans une direction formant un angle droit avec celle que lui prescrivait Moltke. De son côté, Bülow, alarmé de sentir sa gauche en l’air, avait demandé à Hausen, le même jour, d'appuyer vers lui. Attiré à droite par l’ordre ambigu de Moltke et les sollici- tations de Bülow, à gauche par les supplications du due de Wurtemberg, Hausen, se voyant aux prises lui-même ayec un parti peu nombreux, mais très mordant, ne savait | trop à quel saint se vouer. Il changea plusieurs fois d'avis * et finit par appliquer le vieux principe des guerres pas- sées: marcher au canon. Îl aiguilla la majeure partie de ses | forces vers le sud-est, en direction générale de Vendresse. . En prenant cette détermination, le commandant de la | LII° armée n'était peut-être pas poussé par un mobile tout … à fait désintéressé. Certain passage de ses mémoires laisse
penser qu'il craignait, au cas où la IV: at eüt L'été
rejetée sur la rive droite de la Meuse, d’être pris en flanc par les forces françaises. Tant il est vrai que les chefs les plus consciencieux, s'ils ne sont pas guidés avec fermeté, se laissant toujours entraîner par leur propre intérêt.
Le 29 août, la IIl° armée, après avoir refoulé le 9° C. A. français, Courait au secours de la IV’, lorsque vers 16 heures, Bülow lui faisait savoir que, engagé contre des
forces supérieures, 1l avait besoin d’être soutenu sur sa
gauche, à Vervins; Hausen venait de répondre à cette
demande par une fin de non-recevoir, lorsque la IV° armée
lui annonça que l’ennemi se repliait devant elle dans la direction de l'Aisne. La IV° armée libérée, il semblait que rien ne s’opposât plus à l'exécution des ordres de Moltke, à la marche prescrite sur Laon et Guignicourt; mais quand un subordonné a commencé à en prendre à l’aise avec les instructions de son chef, l'habitude s’en implante vite. Le 29 au soir, la II[° armée n'était plus qu’à une vingtaine de kilomètres de l’Aisne. Hausen se souvenait de la difficulté qu'il avait éprouvée six Jours auparavant à passer la Meuse; il ne résista pas à la tentation de mettre la main sur les passages de la rivière avant que l'ennemi n’eût trouvé le temps de les mettre en état de défense. Il porta ses corps d'armée droit au sud sur Château-Porcien, Rethel et Attigny. Le mouvement s’exécuta le 30 août, mais seulement après de durs combats contre la 9° D. C. et la gauche de la # armée française, qui exécutèrent une brillante contre-offensive et infligèrent des pertes sérieuses aux Saxons avant d'évacuer la rive droite de l'Aisne.
Hausen s'est plaint amèrement du duc de Wurtemberg,
qui refusa de le soutenir, malgré l’aide qu'on lui avait donnée les jours précédents.
Le commandement suprême, auquel il avait été rendu compte des opérations de la IIl° armée et de sa marche
un a
AS LE PL } he, VC de
vers le sud, répondit dans la nuit du 30 au 31 : « Suis d'accord avec intention de [Il armée de poursuivre en direction du sud. IV° armée devra conformer ses mouvements à ceux de III. Aïle gauche de Il° armée prend direction générale de Reims. » Molike continuait done à laisser faire ses lieutenants, à sanctionner leurs infractions - a sesordres, leur prescrivant de s’entendre pour la continuation de leurs mouvements, sans prendre aucune mesure afin d'assigner à chacun une mission nettement définie, une orientation précise.