‹ Le plan de campagne allemand de 1914 et son exécution 1923Chapitre 57 sur 107 · BATAILLE DE GUISE ET SAINT-QUENTIN · texte numérisé non relu

BATAILLE DE GUISE ET SAINT-QUENTIN

Pendant que l'aile gauche et le centre de la masse allemande avaient combattu sur la Meuse et au sud de la Sormonne, la droite s'était aussi vue attaquée par toutes les forces françaises à portée d'intervenir. Il s'agissait pour le général Joffre d’enrayer promptement la poursuite de l'armée britannique, qui, à la suite de l'affaire du Gateau, « donnait des signes de désagrégation. Le danger n'avait d’abord pas été très pressant, parce que Kluck au lieu de Courir sus aux vaincus avec toutes ses forces par la voie la plus directe, c'est-à-dire par Saint-Quentin et la Fère, avait préféré reprendre sa manœuvre enveloppante en . s'étendant au sud-ouest vers Péronne. Les Anglais bénéficièrent, de ce chef, d’un certain répit, mais il ne fallait pas alors tenir compte seulement de leur situation matérielle. Leur moral fléchissait. Sir John French se montrait extrémement irrité de l'isolement où il prétendait qu’on l'avait laissé; il refusait de s'arrêter sur la Somme et ne voulait

même pas s'engager à à défendre la ligne de l'Oise. On

pouvait craindre qu'iln’abandonnât la lutte si on ne mettait | pas tout en œuvre, aussi vite et aussi énergiquement que possible, pour diminuer la pression que supportaient ses troupes. À la droite du corps expéditionnaire britannique, la 5° armée se trouvait en mesure de reprendre l'offensive dans la boucle de l'Oise; à sa gauche, on disposait des divisions territoriales du général d’Amade ei du corps de cavalerie Sordet, déjà fortement éprouvés, puis d’éléments nouveaux venant de Paris etde l’est pour constituer la 6° armée, mais dont le rassemblement n'était même pas

encore ébauché. On se résigna à les employer sans délai,

malgré les inconvénients que présente toujours l’engagement précipité d'unités disparates.

Le 28, le général Joffre donnait l’ordre à la 5° armée d'exécuter aussitôt une offensive vers l’ouest au delà de l'Oise sur Saint-Quentin. Cette offensive nécessitait un changement de front, car le gros de l’armée faisait face au nord ; l'attaque ne pouvait en conséquence commencer

que le lendemain. Elle présentait d'assez bonnes chances

de succès. Bülow, en effet, à la suite de rapports erronés de ses aviateurs, était persuadé que les Français continuaient leur retraite, laissant la coupure de l’Oise en amont de Guise sans autres défenseurs que quelques arrière-gardes. Aussi avait-il donné l’ordre à sa droite (VIF C. A. et X° C. À. R.) d’aller s'assurer des passages du canal Crozat, au sud de Saint-Quentin. C'était un objectif irès éloigné; en s’efforçant de l’aiteindre l’aile droite de la Il° armée créerait une large solution de continuité entre elle et l’aile gauche, qui se préparait seulement à aborder la ligne de l'Oise en amont de Guise. L’offensive que projetait le général Joffre devait donc soit prendre en flanc les colonnes allemandes en marche vers le canal Crozat, soit, si elle se produisait un peu plus tard, s’enfoncer dans le

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